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Pneumologie

CBNPC: mieux évaluer le risque chirurgical pour les personnes âgées

Les stades précoces du cancer bronchique non à petites cellules chez les personnes de plus de 80 ans peuvent être accessibles à la chirurgie, après une évaluation fiable du risque. Quelques éléments prédictifs à disposition. D’après un entretien avec Pascal-Alexandre THOMAS.

  • Par le Dr Anne-Christine DELLAVALLE
  • 25 Fév 2021
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    Une étude française, réalisée à Marseille, et dont les résultats ont été publiés en janvier 2021, dans Lung Cancer, a cherché à évaluer une méthode d’appréciation du risque opératoire chez des sujets de plus de 80 ans, présentant un cancer bronchique non à petite cellules localisé, au stade précoce. Pour cela, les auteurs ont inclus une population de 100 octogénaires, suivis entre 2015 et 2020, qui ont été opérés à un stade précoce de CBNPC. Ces patients sont issus d’une base de données marseillaise. Les co-morbidités de ces patients et leur état de fragilité ont été évalués à l’aide scores.

    Est-on vraiment malade avec une lésion asymptomatique ?

    Le professeur Pascal-Alexandre THOMAS, chirurgien thoracique à l’Hôpital Nord de Marseille, et auteur de ce travail, souligne que les personnes âgées de plus de 80 ayant un diagnostic de stade précoce de CBNPC accessible à la chirurgie représentent un profil quotidien fréquent. Ces lésions localisées asymptomatiques sont régulièrement découvertes fortuitement. L’appréciation de l’indication et du risque opératoire relèvent  d’une question éthique et philosophique, puisque ces sujets ont déjà dépassé leur espérance de vie. Doit-on les considérer comme malades avec une lésion asymptomatique ? Pascal-Alexandre THOMAS insiste également sur le fait que l’âge physiologique n’est pas égal à l’âge civil, ce qui constitue un biais de vision. De plus, il rappelle que les premières publications sur ce sujet remontent aux années 1990 et les sujets inclus à ce moment là étaient alors âgés de plus de 70 ans seulement.

    Un outil pour évaluer les co-morbidités

    Pascal-Alexandre THOMAS rappelle que l’on a observé un virage en 2015, lorsqu’un parcours de soin pour les personnes âgées a été créé, comportant une évaluation des co-morbidités et de la fragilité des personnes âgées lors d’une hospitalisation de jour. Un screening a donc été possible avec la création du score ONCODAGE, qui permet d’identifier les personnes à moindre risque, pour qui la chirurgie peut apporter un bénéfice sur la survie. Ainsi, un sous-groupe de population bénéficiant de méthodes alternatives à la chirurgie a pu être identifié, en fonction du rapport bénéfice/risque. Pascal-Alexandre THOMAS insiste également sur le rôle des co-morbidités, notamment le diabète qui constitue un facteur de risque indépendant considérable. Un outil permettant d’évaluer les co-morbidités ayant un impact sur la prise en charge serait un index utile pour juger du risque opératoire. Ainsi, une méthode statistique a permis d’élaborer un  algorithme avec des données cliniques simples comme la présence de diabète, la capacité de diffusion prédictive et un index des co-morbidités.

    En conclusion, la sélection s’affine avec le temps et l’évolution des techniques chirurgicales. L’arrivée, en 2010, des techniques mini-invasives de thoracoscopie et de robotique a également modifié la survie de patients âgés, éligibles à la chirurgie.

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    JDF