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Fièvre de l’enfant : à traiter avant 3 mois ou en cas de mauvaise tolérance

Publié le 19.10.2016
Mise à jour 21.03.2020
Mots-clés :
Fièvre de l’enfant : à traiter avant 3 mois ou en cas de mauvaise tolérance
©123RF-Kirill Ryzhov

La fièvre est une élévation de la température du corps au-delà de 38°C. C'est une réaction normale de l'organisme pour l'aider à lutter contre une infection. Le plus souvent sans gravité, la fièvre ne nécessite un traitement que lorsqu'elle dépasse 38°5 C chez le nourrisson ou qu'elle est mal supportée.

Fièvre de l’enfant : à traiter avant 3 mois ou en cas de mauvaise tolérance : COMPRENDRE

Des mots pour les maux
Un « fébricule » est une petite fièvre.
Une « fièvre aiguë » évolue depuis moins de 5 jours chez le nourrisson, et moins de 1 semaine chez l’enfant plus âgé.
Une « fièvre prolongée » évolue depuis plus de 5 jours chez le nourrisson, et plus de 1 semaine chez l’enfant plus âgé.

Qu'est-ce que la fièvre chez l’enfant ?

La fièvre n’est pas une maladie en soi, mais un signe clinique témoignant d’une réaction de l’organisme, le plus souvent face à une infection.
La température normale du corps est voisine de 37°C. Un bébé ou un enfant en bas âge a de la fièvre si sa température rectale dépasse 38°C, lorsqu'elle est prise chez un enfant normalement couvert, non exposé à une atmosphère chaude et n'ayant pas fait d’activité physique intense avant la prise de température.
La fièvre n’est pas qu’un signe d’alerte car l’augmentation de la température de notre corps est le premier mécanisme de réponse à l’agression virale. Les virus n’aiment pas le chaud et, en réaction à une infection virale, un centre de contrôle de la température, situé dans le cerveau, déclenche une augmentation de la température du corps : la chaleur est produite par les cellules qui sont de véritables centrales chimiques.
Une fièvre est dite « aiguë » lorsqu’elle évolue depuis moins de 5 jours chez le nourrisson, et moins de 1 semaine chez l’enfant plus âgé. Au-delà, on parle de « fièvre prolongée ».
La fièvre pose plusieurs problèmes : son origine, sa tolérance et sa prise en charge. Si dans l'immense majorité des cas elle n’est que l’un des signes d’une maladie infectieuse bénigne (le plus souvent virale), elle peut être le signe d’alarme d’une pathologie plus sévère ou rapidement évolutive qu’il est impératif de prendre en charge en urgence.
L’âge est un facteur essentiel à prendre en compte dans la prise en charge des enfants présentant une fièvre isolée.

Fièvre de l’enfant : à traiter avant 3 mois ou en cas de mauvaise tolérance : CAUSES

A quoi est due la fièvre aiguë chez l’enfant ?

La fièvre est le plus souvent un signal qui indique que l'organisme de l’enfant se défend contre un événement particulier : infection, inflammation, vaccination, poussée des dents...
Elle est fréquente dans beaucoup de maladies infectieuses banales de l'enfant (rhinopharyngite, otite aiguë, varicelle, roséole...). Elle y est très utile car elle aide l'organisme à lutter contre les infections.
Plus rarement, la fièvre, parfois associée à d’autres signes, peut témoigner d’une maladie grave ou évolutive, à prendre en charge en urgence (par exemple une méningite).

Maladies

Littérature

Viroses dont :
• Rhinopharyngées
• Bronchiques
• Digestives
• Maladies éruptives

40 à 60 %

Pneumopathies

4 à 15 %

Pyélonéphrites

6 à 10 %

Otites moyennes aiguës

10 à 40 %

Adénite aiguë

1 à 4 %

Ostéo-arthrite

1 à 3 %

Méningite

Inférieur à 1 %

Septicémie

Inférieur à 1 %

Fièvre isolée (ou « nue »)

6 à 25 %

En cas de retour d’un voyage en pays d’endémie, il faut toujours évoquer un paludisme qui peut se révéler comme une simple gastroentérite fébrile.

A quoi est due la fièvre prolongée chez l’enfant ?

La fièvre est considérée comme prolongée quand elle dure plus de 5 jours chez le nourrisson et 7 à 10 jours chez l’enfant : il s’agit d’une fièvre quotidienne, sans « intervalle libre », elle est différente des fièvres à répétition qui sont séparées par des périodes sans fièvres (« intervalles libres »).
Certaines infections localisées peuvent donner une fièvre persistante :
• Infections ORL : otites, abcès rétropharyngés et adénoïdites chez le nourrisson, sinusite et amygdalite chez le grand enfant.
• Infections urinaires.
• Infections pulmonaires : corps étranger, tuberculose, pneumopathie atypique.
• Infections neurologiques : méningite décapitée, abcès cérébral, méningite tuberculeuse.
• Infections cardiaques : endocardite.
• Infections osseuses : ostéomyélite.
Abcès profond : hépatique, rénal, sous-phrénique…
Des infections généralisées peuvent aussi causer des fièvres persistantes :
• Infections bactériennes : maladie des griffes du chat, Lyme, tuberculose, typhoïde, brucellose, fièvre Q, rickettsiose…
• Infections virales : entérovirus, Epstein-Barr virus, hépatite virale B, CMV, herpès virus…
Parasitoses : paludisme, toxoplasmose, Kala Azar, Larva migrans, amibiase hépatique…
Mycoses profondes : candidose, aspergillose chez l’enfant immunodéprimé…

Fièvre de l’enfant : à traiter avant 3 mois ou en cas de mauvaise tolérance : CONSULTATION

Quels sont les signes évocateurs de la fièvre chez l’enfant ?

Les parents peuvent s’apercevoir que l’enfant a de la fièvre avant même de la mesurer : les signes caractéristiques sont la fatigue et un abattement, des yeux brillants, une peau sèche et chaude surtout sur le visage et le dos la peau est plutôt humide et légèrement froide sur les jambes et les bras), une respiration accélérée et une soif intense.

Comment bien prendre la température chez un enfant ?

La meilleure façon de mesurer la température d’un enfant est d’utiliser un thermomètre électronique par voie rectale (par l’anus). L’utilisation d’un thermomètre électronique dans la bouche demande plus de temps et la température mesurée doit être corrigée, la bouche étant moins chaude que le corps.
Les thermomètres infrarouges à utiliser dans l’oreille sont rapides (une seconde) mais exigent une bonne technique pour viser le tympan avec l’appareil.
Les bandelettes à poser sur le front sont réservées à certaines circonstances.

Quels sont les risques de la fièvre ?

La fièvre peut avoir des effets délétères chez le nourrisson et chez le jeune enfant. Ce sont essentiellement les « convulsions hyperthermiques » et la déshydratation, mais aussi de façon très exceptionnelle (mais très grave), le « syndrome fièvre-hyperthermie » ou « hyperthermie majeure du nourrisson ».
• Les « convulsions hyperthermiques » sont fréquentes (environ 3 % des enfants de moins de 5 ans). Ce sont des crises convulsives occasionnelles survenant à l’occasion d'une élévation thermique et ne s'accompagnant pas de signes d’infection du système nerveux central. Elles peuvent avoir un caractère de prédisposition familiale.
Les convulsions fébriles dites « simples » sont les plus fréquentes et leur pronostic est bon. Elles surviennent chez les enfants entre 9 mois et 5 ans (maximum dans la 2ème année) et sont généralisées : le corps de l’enfant se raidit brusquement, il roule des yeux et a des spasmes des bras et des jambes, parfois du corps tout entier. Ces convulsions ne durent guère plus de quelques minutes (moins de 15 minutes), mais elles nécessitent la consultation d’un médecin. L’examen neurologique au décours de la crise est normal.
• Chez les bébés qui ne boivent pas suffisamment, une forte fièvre peut entraîner une déshydratation du fait de l’augmentation des pertes d'eau par sudation et perspiration si ces pertes ne sont pas compensées. Le risque de déshydratation est particulièrement important si l'enfant a en plus des troubles digestifs (diarrhée, vomissements).
• Le « syndrome fièvre hyperthermie » ou « hyperthermie majeure » se voit surtout avant un an et sa cause est inconnue. Il associe une fièvre très élevée, une chute de la pression artérielle (« collapsus »), une atteinte de plusieurs organes (« multiviscérale »), notamment du cerveau avec coma et convulsions, et un trouble de la coagulation (« coagulation intravasculaire disséminée »). Le décès touche un enfant sur deux et, chez les survivants, il existe très fréquemment des séquelles neurologiques.

Quand faut-il faire baisser la fièvre ?

Dans de nombreux cas, les poussées de fièvre sont bénignes et disparaissent en moins de trois jours.
En cas de fièvre modérée et si l’enfant la supporte bien, (il joue, mange et boit), il n'est pas en danger, il est donc inutile de traiter la fièvre.
À l'inverse, il faut traiter la fièvre :
• Si elle persiste plus de deux jours,
• Si elle dépasse 38°5 C,
• Si l’enfant a moins de trois mois,
• Si l’enfant supporte mal la fièvre : il est irritable, il mange moins, il ne joue plus...,
• S’il souffre également d'un problème de santé associé.

Quand faut-il consulter en urgence lorsqu’un enfant a de la fièvre ?

La fièvre aiguë justifie une consultation en urgence quel que soit l’âge de l’enfant en cas de :
• Convulsions.
• Somnolence ou agitation anormale.
• Perte de connaissance (l’enfant ne se réveille pas ou ne répond pas aux questions).
• Maux de tête ou douleurs de la nuque.
• Difficultés à respirer, coloration bleue des lèvres ou de la peau.
• Taches rouges sur le corps.
• Toux rauque.
• Pleurs incontrôlables.
• Enfant qui souffre d’une maladie chronique (drépanocytose, déficit immunitaire, malnutrition…).
Chez les nourrissons de moins de deux ans, une consultation en urgence est également nécessaire en cas de :
Baisse du tonus musculaire (l’enfant est « tout mou »).
Température supérieure à 38°9 C chez un enfant de moins de six mois.
Température supérieure à 40°5 C chez un enfant de plus de deux ans.
De plus, une consultation dans la journée est nécessaire :
• Pour les enfants de moins de trois mois, quels que soient les signes associés.
• Si l’enfant pleure en urinant ou présente du sang dans les urines.
• Si l’enfant refuse de manger, vomit, souffre de diarrhée ou de maux de ventre.
• Si l’enfant revient d’un voyage dans un pays exotique.
• Si l’enfant boite.

Quels sont les signes d’infection potentiellement sévère ?

Un seul signe parmi les suivants suffit pour évoquer un haut risque « d’infection potentiellement sévère » (ou « IPS »).
• Troubles de la vigilance et/ou du tonus.
• Anomalies de l’hémodynamique.
• Anomalies de la coloration.
• Signes de détresse respiratoire.
• Signes de déshydratation.
• Signes en faveur d’une infection des parties molles ou du squelette.
• Purpura.
• Troubles du comportement.
• Anomalies du cri.
• Anomalies de la réactivité (à la parole de l’entourage familier ou au sourire, irritabilité ou pleurs inconsolables).
• Difficultés d’alimentation.

Comment faire le diagnostic des fièvres aiguës chez l’enfant ?

Dans le cadre d’une fièvre aiguë (survenue dans les 48 heures le plus souvent, en tout cas depuis moins de 5 jours), l’interrogatoire du médecin précisera :
• Le type de fièvre :
- Circonstances d’apparition : antécédents de griffure de chat, notion d’infection familiale, voyage à l’étranger, état des vaccinations.
- Intensité de la fièvre (au-delà de 39°C, il semble exister un risque de passage dans le sang de la bactérie (« bactériémie »).
• Les signes d’accompagnement : ORL, respiratoires, digestifs, neurologiques, cutanés, autres...
• D'éventuelles modifications du comportement : modification du cri, de la réactivité à la parole, au sourire de l’entourage familier, pleurs incontrôlables, l'enfant « n’est pas comme d’habitude ».
• Le ou les traitements déjà administrés : nature, posologie et voie, réponse au médicament antipyrétique, évolution de la fièvre.
Le médecin réalisera un examen clinique complet, chez un enfant entièrement nu et l’impression d’ensemble, même si elle est subjective, est fondamentale : il faut tenir compte des signes en faveur d’une infection potentiellement grave (teint grisâtre, enfant paraissant fatigué, douloureux, économisant ses mouvements).
Pour les enfants de moins d’un mois, la fréquence des infections bactériennes et leurs risques dans cette tranche d’âge imposent d’hospitaliser ces nouveau-nés en observation jusqu’au résultat des examens obligatoires (cultures du sang, des urines et éventuellement du LCR).
Une antibiothérapie sera débutée dès les prélèvements fait chaque fois qu’il existe un signe de haut risque « d’infection potentiellement sévère » (ou « IPS ») ou en cas d’anomalie biologique.
Chez les enfants de 1 à 3 mois, la fièvre ne doit jamais être considérée comme un signe banal et le risque d’infection bactérienne invasive est plus important que chez l’enfant plus âgé. Les difficultés diagnostiques à cet âge tiennent au caractère non spécifique et souvent peu symptomatique à leur début, des infections potentiellement sévères (IPS). Les signes sont d’autant moins spécifiques que l’enfant est plus jeune.
• Plus des 2/3 de ces enfants ont une infection virale.
Dans 20 à 25 % des cas, les infections sont d’origine bactérienne.
Dans 5 à 10 %, ces nourrissons fébriles ont une bactériémie avec ses risques de complications.
L’infection bactérienne la plus fréquente dans cette tranche d'âge est la pyélonéphrite aiguë.
Chez les enfants de 3 mois à 3 ans, la fièvre est un signe très fréquent et les virus sont les premiers responsables (virus respiratoire en saison froide, entérovirus en été), mais le risque d’infections bactériennes sévères n’est pas négligeable.
Depuis la généralisation du vaccin anti-Haemophilus B, Streptococcus pneumoniae est de loin la bactérie le plus fréquemment en cause. Neisseria Meningitidis est celle qui comporte le plus grand risque de méningite.

Fièvre de l’enfant : à traiter avant 3 mois ou en cas de mauvaise tolérance : QUE FAIRE ?

Que faire en cas de fièvre aiguë chez un enfant ?

Sauf prédisposition connue de l’enfant aux convulsions ou température très élevée, il ne faut pas chercher systématiquement à soulager la fièvre aiguë chez l’enfant, sauf si ce dernier est manifestement gêné.
Il n’est donc pas nécessaire de traiter une fièvre lorsqu’elle reste inférieure à 38°5 C. De plus, un enfant qui présente une température de 39°C, mais continue à jouer et à manger n’a pas forcément besoin de médicament contre la fièvre.
• Il faut surveiller régulièrement la température de l’enfant et la noter, ainsi que l’heure de la mesure.
• Il ne faut pas trop couvrir l’enfant et il faut l’habiller de vêtements légers et amples.
• Il faut aérer la pièce ou y placer un petit ventilateur pour brasser l’atmosphère s’il fait chaud. De nombreux logements sont surchauffés en hiver alors qu’une température de 19°C suffit.
• La prise de bains tièdes n’est plus systématiquement recommandée, car elle est désagréable pour l’enfant et le bénéfice est incertain. La température de l’eau ne doit pas être inférieure à 2°C de celle de l’enfant et ce bain ne doit pas durer plus de 10 minutes. Il est possible de laisser l’enfant sécher sur une serviette sans le frictionner.
• Il faut donner souvent à boire à l’enfant, en lui proposant des boissons qu’il aime.
• Il est possible d’alléger son alimentation s’il n’a pas faim.

Quels médicaments contre la fièvre de l’enfant ?

Il est conseillé de n’utiliser qu'un seul médicament contre la fièvre (« antipyrétique ») : le paracétamol est le médicament le plus couramment utilisé et aucune étude scientifique ne prouve que l'alternance ou l’association de deux médicaments est plus efficace qu’un seul. Soulager la fièvre par un médicament n’empêchera pas le médecin de faire son diagnostic.
L'aspirine ne doit pas être administrée chez l'enfant et l’adolescent, en raison du risque de survenue d'une maladie rare, mais grave, le « syndrome de Reye ».
Pour un usage en automédication familiale, seul le paracétamol est recommandé, à la dose de 60 mg par kilo de poids et par jour, en quatre ou six prises (ne surtout pas dépasser 80 mg par kilo et par jour).
Par exemple, pour un enfant de 10 kg, la dose habituelle est de 600 mg par jour (150 mg toutes les six heures ou 100 mg toutes les quatre heures). Chez le nourrisson, les solutions buvables avec une pipette doseuse permettent un dosage précis.
Attention, certains médicaments contre les rhinopharyngites contiennent également du paracétamol et il ne faut pas donner à l’enfant simultanément plusieurs médicaments contenant du paracétamol, car un surdosage en paracétamol peut être toxique pour le foie.
Si l’enfant a plus de trois mois, il est possible de lui donner du paracétamol ou de l'ibuprofène. La dose doit être adaptée à son poids :
Paracétamol : maximum de 60 mg par kilo et par jour, à répartir en quatre ou six prises, soit environ 15 mg/kg toutes les six heures ou 10 mg/kg toutes les quatre heures ;
Ibuprofène : maximum de 20 à 30 mg par kilo et par jour, à répartir en trois ou quatre prises, soit un maximum de 10 mg/kg toutes les huit heures ou 7,5 mg/kg toutes les six heures.
Attention, si l’enfant a la varicelle ou s'il est déshydraté (diarrhées et vomissements importants), il ne faut pas lui donner d’ibuprofène (risque d’insuffisance rénale).
Si l’enfant a moins de trois mois, il ne faut lui donner que du paracétamol : maximum 60 mg par kilo et par jour, à répartir en quatre ou six prises, soit environ 15 mg/kg toutes les six heures ou 10 mg/kg toutes les quatre heures.

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