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Troubles de l’érection : une dysfonction érectile peut annoncer un problème vasculaire

Publié le 17.02.2016
Mise à jour 17.02.2016
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Troubles de l’érection : une dysfonction érectile peut annoncer un problème vasculaire
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La dysfonction érectile est définie comme l’incapacité persistante, ou récurrente, à obtenir ou maintenir une érection permettant un rapport sexuel satisfaisant. Elle peut être liée à une maladie ou être d’origine psychique ou mixte.

Troubles de l’érection : COMPRENDRE

Des mots pour les maux
Le terme de « dysfonction érectile » remplace le terme « d’impuissance » qui sous-entendait un trouble sévère rendant impossible un rapport avec pénétration.
• Dans le pénis, les « corps caverneux » sont une éponge vasculaire active constituée de cellules musculaires lisses qui entourent des espaces contenant du sang, les « espaces sinusoïdes ».
• Autour des corps caverneux, « l'albuginée » est une membrane fibreuse, peu extensible et résistante, qui permet la rigidité du pénis lorsqu’elle est tendue par le remplissage des corps caverneux.
• Les « artères caverneuses » s’ouvrent et remplissent les corps caverneux tandis que les veines de drainage se ferment.
• L'innervation pro-érectile est issue de différents systèmes nerveux non volontaires (« autonomes »), qui sont véhiculés par les racines nerveuses sacrée (S2-24) et dont la molécule effectrice est « l’oxyde nitreux ou NO ».

Qu'est-ce qu’une dysfonction érectile ?

A tout âge, de très nombreux hommes connaissent parfois des « pannes sexuelles ». Celles-ci sont le plus souvent liées à la fatigue, au stress, à diverses préoccupations, à la prise d’alcool ou à des problèmes avec leur partenaire. Ces troubles occasionnels ne constituent pas des troubles de l’érection (ou « dysfonctions érectiles ») proprement dits.
Pour que la dysfonction érectile soit avérée, il faut que l’incapacité à obtenir ou à maintenir un rapport sexuel satisfaisant soit persistante ou récurrente, pendant une durée d’au moins 3 mois.
L’initiation d’une érection est provoqué au niveau d’une zone très spécifique du cerveau (« hypothalamus ») par une stimulation érotique, qui peut être visuelle, tactile, olfactive ou par des pensées érotiques. Des influx nerveux parviennent alors aux organes génitaux où un processus biologique et biochimique (libération d’oxyde nitreux ou NO) provoque le gonflement et la rigidité du pénis.
Libéré par le système nerveux pro-érectile, le NO déclenche l’ouverture des artères péniennes et la relaxation des cellules musculaires lisses des corps caverneux qui permettent l'ouverture des espaces sinusoïdes et leur remplissage de sang artériel. Lorsque les espaces sont remplis, la compression des veines va s'opposer à la sortie du sang et permettre d'obtenir la rigidité du pénis (« mécanisme veino-occlusif » ou « mécanisme de la cocotte minute »).
Les cellules qui tapissent la surface des espaces sinusoïdes sont étirées par ce remplissage et secrètent elles-aussi du NO qui participe au maintien de l'érection.
Une diminution de la stimulation sexuelle, ou l’éjaculation (qui s’accompagne d’une libération importante d’adrénaline), entraîne une contraction des cellules musculaires et une décompression des veines : le sang va pouvoir s’évacuer normalement, les corps caverneux vont se vider et le pénis va retrouver sa taille normale.
Les corps caverneux sont donc les véritables moteurs de l’érection et sont décrits comme des éponges actives, ayant à leur service des artères et des veines, et sous la commande d’un système nerveux non-volontaire. Le dysfonctionnement d’une de ces structures (artères, corps caverneux, veines et système nerveux) peut aboutir à une dysfonction érectile.

Quels sont les signes de la dysfonction érectile ?

Il peut s’agir de l’incapacité à obtenir une érection, mais le plus souvent les troubles se limitent à une incapacité à maintenir une érection jusqu’à l’orgasme ou jusqu’à la pénétration de sa partenaire : perte de l’érection ou baisse de la rigidité lors de la pénétration.
Parfois, il s’agit simplement d’une rigidité insuffisante qui gêne la pénétration et ne produit pas un rapport satisfaisant.

Quelles sont les causes de la dysfonction érectile ?

La dysfonction érectile peut être liée à une maladie ou à une cause psychique ou elle peut être mixte. Parmi les causes les plus fréquentes de la dysfonction érectile, on trouve le vieillissement, le diabète, l'athérosclérose et les médicaments.
• Les médicaments sont à envisager en premier car il sont nombreux à pouvoir provoquer ce trouble et le remède est assez simple : discuter avec son médecin pour son remplacement. Pour en déterminer la responsabilité dans le trouble (« imputabilité »), il faut s’appuyer à la fois sur la notice du produit et sur la chronologie de l’apparition des troubles par rapport à l’initiation du traitement.
En cas de traitement antihypertenseur, les deux classes le plus souvent incriminées sont les bêtabloquants non sélectifs et les diurétiques thiazidiques. Si le patient est coronarien ou diabétique, il faut toujours demander un avis cardiologique avant toute modification du traitement. Au cours du syndrome dépressif, un traitement antidépresseur sérotoninergique (IRS ou IRSNA) peut être à l’origine d’une dysfonction érectile, sachant que le trouble dépressif lui-même peut aussi provoquer ce trouble. D’autres médicaments peuvent être à l'origine d’une dysfonction érectile : neuroleptiques, autres antihypertenseurs (antialdostérone), inhibiteurs de la 5-α réductase et antiandrogènes.
• En cas de dysfonction érectile survenant au cours d’un diabète, il faut rechercher des complications macro- et/ou micro-angiopathiques et neuropathiques associées qui peuvent expliquer ce trouble (cause mixte à la fois vasculaire et neurologique).
• Les autres facteurs de risque cardiovasculaire (tabagisme, hypertension artérielle, dyslipidémie) ou une maladie cardiovasculaire athéromateuse avérée (cardiopathie ischémique, artérite oblitérante des membres inférieurs, anévrisme de l'aorte abdominale ou antécédent d'accident vasculaire cérébral), peuvent être responsables d’une dysfonction érectile en raison du rétrécissement du calibre interne des artères, du fait des dépôts de cholestérol (comme du calcaire dans un tuyau).
• En cas d’atteinte associée de la paroi interne des artères (« dysfonction endothéliale »), comme dans le diabète, l’HTA, une dyslipidémie, le tabagisme), c'est le NO sécrété par l’endothélium qui fait défaut et cela altère la qualité de l'érection.
• Certaines affections neurologiques peuvent s’associer à ce trouble (maladie de Parkinson, sclérose en plaques, épilepsie, démence ou séquelles de traumatisme médullaire) en raison d’atteintes des connexions nerveuses au sein des circuits neurologiques de l’érection.
• Le même mécanisme peut être incriminé au cours d’une chirurgie abdomino-pelvienne (adénome ou cancer de la prostate), d’une irradiation abdomino-pelvienne (cancer de la prostate, de la vessie ou du rectum) ou d’un traumatisme du petit bassin.
• Une maladie ou une insuffisance des glandes hormonales (« endocrinopathie ») peut parfois être mise en cause comme : un déficit en testostérone lié à l'âge, un dysfonctionnement de la thyroïde ou une insuffisance surrénalienne (« maladie d'Addison »).
Le rôle de la testostérone sur le désir est désormais bien connu. Le déficit en testostérone, ou insuffisance androgénique, affecte en premier lieu la survenue des érections nocturnes dont la commande cérébrale est « androgéno-dépendante ». Les érections nocturnes pourraient jouer un rôle sur la bonne qualité (« trophicité ») du tissu érectile. Par ce biais, un déficit en testostérone pourrait retentir sur la fonction érectile en particulier chez le sujet âgé.
• Une maladie du sang peut entraîner une dysfonction érectile par lésion des corps caverneux comme la drépanocytose, la thalassémie et l'hémochromatose.
• Il en est de même pour les malformations de la verge (maladie de Lapeyronie, hypospadias…).
• Des troubles du sommeil peuvent contribuer à la dysfonction érectile comme le syndrome d'apnée du sommeil ou simplement une insomnie.
• Une addiction à l'alcool ou à la drogue peut occasionner une dysfonction érectile.
• Il faut toujours penser en dernier à une anxiété de performance sexuelle mais cela peut être simplement des événements de vie négatifs (chômage, décès, infertilité, divorce) ou positifs (naissance, promotion, nouvelle rencontre) dans les 6 mois avant l'apparition des troubles.

Quelles sont les complications de la dysfonction érectile ?

Plusieurs études ont confirmé que l'insuffisance érectile était à l'origine d'une importante souffrance chez l'individu qui en est atteint ainsi que chez sa partenaire et ont démontré l'importance du bénéfice apporté par la correction des troubles érectiles.
La dysfonction érectile est un « symptôme sentinelle », c’est-à-dire qu’elle peut témoigner d’une maladie sous-jacente plus grave, comme une athérosclérose artérielle, un diabète ou une dépression. Le risque de mourir d'un événement cardiovasculaire est deux fois supérieur chez un diabétique ou un hypertendu souffrant de dysfonction érectile.

Troubles de l’érection : DIAGNOSTIC

Quand faut-il évoquer une dysfonction érectile ?

Au bout de 3 mois de rapports sexuels insatisfaisants en rapport avec des troubles de l’érection, il est possible d’évoquer une dysfonction érectile

Avec quoi peut-on confondre une dysfonction érectile ?

Des troubles du désir et de la libido, qui sont les starters de l’érection, empêchent une érection avec la partenaire, mais il persiste des érections nocturnes qui sont automatiques.
Des troubles de l'éjaculation, ne sont pas forcément des troubles de l’érection (résection endoscopique de prostate avec éjaculation rétrograde secondaire). Lorsqu’il existe réellement une absence d’éjaculation (« anéjaculation ») primaire ou secondaire, alors que l’érection se maintient, il faut rechercher d’autres causes
Des troubles de l'orgasme se définissent comme une difficulté, une absence ou un retard persistant ou répété de l’orgasme après une phase de stimulation et d’excitation sexuelle normale, qui cause une souffrance personnelle. La prise en charge ne recouvre que partiellement celle des troubles de l’érection : médicaments, troubles psychiques, maladies neurologiques.
Des douleurs lors des rapports sexuels sont un motif fréquent de consultation, bien qu'ils soient le plus souvent bénins. La douleur peut concerner la verge lorsqu'elle est en érection (malformation de la verge ou phimosis = rétrécissement de l’urètre) ou l'éjaculation (infection de l’urètre ou du sperme).

Quand faut-il consulter un médecin ?

Peu de patients consultent leur médecin et seulement une faible partie d'entre eux bénéficie d'une prise en charge thérapeutique. Par ailleurs, peu de médecins prennent l'initiative de questionner leurs patients sur leur sexualité.
La mise en évidence de troubles érectiles est pourtant une excellente opportunité pour effectuer un bilan de santé, dans la mesure où la dysfonction érectile est souvent le premier signe d’une maladie cardio-vasculaire, d'un diabète ou d'une dépression : les médecins parlent de « symptôme sentinelle ». Ainsi, les prendre en charge s'inscrirait dans une véritable démarche de médecine préventive.

Comment faire le diagnostic de dysfonction érectile ?

Le diagnostic se pose surtout à l'interrogatoire. Le médecin posera des questions simples et directes comme : « Avez-vous un problème d'érection (ou un manque de rigidité) pendant les rapports ? ». Ce type de question doit être posé par tous les médecins car la dysfonction érectile est un facteur de gravité chez les patients ayant des maladies associées, et en particulier diabète et maladies cardio-vasculaires. Le risque de mourir d'un événement cardiovasculaire est deux fois supérieur chez un diabétique ou un hypertendu souffrant de dysfonction érectile. La participation de la ou du partenaire peut être utile pour caractériser les troubles.
L’examen général recherchera une hypertrophie des glandes mammaires (« une gynécomastie ») et une diminution de la pilosité qui témoigneraient d’un trouble hormonal.
L’examen des organes génitaux externes est indispensable car il permet d’évaluer l’imprégnation androgénique en évaluant la taille et la consistance des testicules, et en examinant le pénis pour rechercher une anomalie anatomique (maladie de Lapeyronie, courbure congénitale, épispadias, hypospadias, fibrose des corps caverneux).
Le toucher rectal est effectué après 50 ans, ou à partir de 45 ans en cas d’antécédents familiaux, à la recherche d’une hypertrophie ou d’un cancer de la prostate.
L’examen cardiovasculaire est lui-aussi indispensable avec la prise de la tension artérielle, des pouls périphériques, une auscultation cardiaque à la recherche d'un souffle et la mesure du périmètre abdominal.
Un examen neurologique des réflexes ostéo-tendineux et cutanéo-plantaires est indispensable avec, une exploration de la sensibilité des membres inférieurs, et la recherche d'une anesthésie en selle.
Certains examens complémentaires seront ensuite demandés par le médecin, avec en première intention :
• Une glycémie à jeun et une hémoglobine glyquée chez le diabétique connu.
• Un bilan lipidique : cholestérol total, HDL, triglycérides.
• Une testostéronémie (totale et biodisponible) chez les hommes de plus de 50 ans en cas de signes évocateurs de déficit en testostérone.
• En l'absence de bilan biologique récent : NFS, créatininémie, ionogramme et un bilan hépatique.
• Le PSA total est dosé en fonction des signes et de l'examen prostatique dès lors qu'une androgénothérapie est envisagée (celle-ci est contre-indiquée en cas de cancer de la prostate).
D’autres examens seront demandés en deuxième intention :
• En cas testostéronémie abaissée, il faut obtenir confirmation par un deuxième dosage espacé de quelques semaines. Il faut aussi doser la LH et la prolactinémie pour rechercher l'origine centrale (hypophysaire) ou périphérique (testiculaire).
• Un test pharmacologique par injection intracaverneuse est utile si les inhibiteurs de PDE5 sont inefficaces ou en cas d'anérection. Il consiste en une injection intracaverneuse directe de PGE1 dans le tissu érectile afin d'évaluer sa qualité et la réponse vasculaire. Cela peut aussi servir de test pré-thérapeutique dans le cadre de l'apprentissage à l'auto-injection par le patient.
A l’issue de cet interrogatoire et de l’examen, il sera possible de classer la dysfonction érectile : maladie ou trouble d’origine psychique.

Orientation étiologique vers une cause organique ou psychogène de la dysfonction érectile

Origine organique prédominante

Origine psychogène prédominante

Début progressif

Apparition brutale

Disparition des érections nocturnes

Conservation des érections nocturnes

Conservation de la libido (sauf si hypogonadisme)

Diminution de la libido (secondaire)

Éjaculation verge molle

Absence d’éjaculation

Partenaire stable

Conflits conjugaux

Absence de facteur déclenchant

Facteur déclenchant

Étiologie organique évidente

Dépression

Examen clinique anormal

Examen clinique normal

Personnalité stable et humeur normale

Anxiété, troubles de l’humeur

Examens complémentaires anormaux

Examens complémentaires normaux

Troubles de l’érection : TRAITEMENT

Que peut-on faire en cas de dysfonction érectile ?

La prise en charge des facteurs de risque et des maladies associées (maladies ou facteurs de risque cardiovasculaires, diabète, dépression…) est essentielle au cours de l’insuffisance érectile, du fait de l’importance des causes vasculaires de cette maladie. Il faut donc arrêter de fumer, boire moins d’alcool et consulter un médecin pour vérifier l’absence de maladie cardiovasculaire ou de diabète.
En cas d’idées tristes, de manque d’envie de faire quoi que ce soit, associé à une angoisse, des troubles du sommeil et un manque d’appétit, il convient de se poser la question d’une dépression et de consulter pour cela.
Enfin, il faut penser que c’est peut-être un médicament que l’on prend qui peut donner ces troubles de l’érection et en parler à son médecin.
Dans la médecine alternative ou la naturopathie, il y a beaucoup de plantes qui existent pour traiter l’impuissance.
Le ginseng est probablement la plus connue parmi les plantes utilisées pour la dysfonction érectile. Il est censé accroître la vitalité et l’endurance sexuelle mais il aiderait surtout beaucoup d’hommes à mieux gérer le stress et l’anxiété de performance. Le grand avantage de cette plante, c’est probablement le fait que la plupart des hommes peuvent l’utiliser en toute sécurité avec peu de chances d’avoir des effets secondaires (sauf avec les antidépresseurs).
Le Palmier nain (chou palmiste) a été utilisé pour accroître la libido sans beaucoup de preuves objectives.
L’Epimedium Sagittatum aussi appelée « herbe de bouc » (ou épimède) et « Horny Goat Weed » en anglais, « herbe aux fées »,et « Yin Yang Huo » est une mauvaise herbe qui contient des niveaux variables d’icariin, qui servirait à détendre les muscles trop contractés.
Le Ginkgo biloba se prévaut de quelques petites études positives dans la dysfonction érectile.
Le Yohimbe est un dilatateur naturel des vaisseaux sanguins, ce qui signifie qu’il devrait être pris avec précaution chez certains malades. La yohimbine, qui en est extraite, est une molécule qui a été utilisée en pharmacopée traditionnelle et qui est maintenant utilisée dans le « traitement d’appoint de l’impuissance masculine », du fait de sa faible efficacité.
La Damiane (Turnera diffusa) est un arbuste, et il a longtemps été utilisé par les Sud-Américains et les Indiens comme aphrodisiaque, ce qui semble confirmé chez le rat.
Le Muira Puama (Liriosma ovata), est aussi appelé « le bois bandé » ou « le Viagra de l’Amazonie » et ce serait un aphrodisiaque pour les hommes et les femmes.
Les traitements à base de plantes, bien que naturels, ne sont pas tout le temps sûrs à 100 %. Il peut y avoir des interaction avec des médicaments pris par ailleurs, certains hommes sont allergiques à certaines plantes et il y a des cas où il est risqué pour un homme souffrant par ailleurs d’une maladie, de prendre un certain traitement à base de plantes pour la dysfonction érectile.

Quel est le traitement médicamenteux de la dysfonction érectile ?

• Le traitement médicamenteux correctement évalué au plan scientifique repose sur les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (IPDE5) qui sont le traitement de référence en première intention : ils sont efficaces dans 65 à 85 % des cas.
Ils facilitent, lors d'une stimulation sexuelle, la myorelaxation intracaverneuse et donc la qualité et la durée du remplissage des corps érectiles à l'origine de l'érection. Quatre molécules, qui commencent à être génériquées, sont actuellement disponibles, mais non remboursées par la Sécurité sociale : le sildénafil (Viagra®) est à prendre à la demande au moins une demi-heure avant le rapport et il est efficace 6 à 10 heures ; le tadalafil est à prendre à la demande au moins une heure avant les rapports et est efficace 36 à 48 heures (il est aussi possible de le prendre en quotidien à 5 mg/j) ; le vardénafil est à prendre à la demande au moins une demi-heure avant le rapport et est efficace 6 à 10 heures ; l'avanafil est à prendre à la demande au moins 15 minutes avant le rapport et est efficace 6 à 10 heures.
La principale contre-indication est la prise concomitante de dérivés nitrés et de médicaments donneurs de NO (nicorandil, molsidomine) en raison du risque majeur d'hypotension artérielle, qui peut être mortelle chez un patient coronarien.
• La yohimbine est indiquée dans le « traitement d’appoint de l’impuissance masculine ». Il s’agit d’un traitement quotidien et son efficacité est minime.
• Les injections intracaverneuses (IIC) de PGE1 sont indiquées en cas de contre-indication, d'échec ou d'intolérance du traitement oral, ou si le malade souhaite y passer spontanément (ou s'il existe un problème financier lié au non-remboursement des IPDE5).
La prostaglandine E1 (alprostadil) induit l'érection par l'intermédiaire de récepteurs intracaverneux, dont la stimulation provoque une relaxation du muscle lisse par augmentation de la concentration d'AMPc. Les effets secondaires rencontrés sont la douleur essentiellement en début de traitement, un hématome au point de ponction sans gravité, des érections prolongées, voire permanente (« priapisme ») ou une fibrose localisée des corps caverneux.
Il n’y a pas de contre-indication dans les pathologies cardio-vasculaires, ni en cas de traitement anticoagulant. Il faut réaliser au moins une injection test et un apprentissage en consultation (éducation thérapeutique).
Les injections intracaverneuses sont remboursées par la Sécurité sociale dans certaines indications sur « ordonnance de médicament d’exception » : paraplégie et tétraplégie, traumatisme du bassin compliqué de troubles urinaires, séquelles de la chirurgie (anévrisme de l’aorte, prostatectomie radicale, cystectomie totale et exérèse colorectale), séquelles de la radiothérapie abdomino-pelvienne, séquelles de priapisme, neuropathie diabétique avérée, sclérose en plaques.
• Les prostaglandines E1 peuvent également être administrées par voie intra-urétrale. Il s’agit de l’auto-administration de PGE1 dans la portion distale de l’urètre à l’aide d’un dispositif à usage unique. Cette formulation a une efficacité un peu moindre que les injections de PGE1 intracaverneuses et elle peut aussi être responsable de douleurs péniennes et dans de rares cas d’hypotension. Le passage de la PGE1 dans le sperme est possible d’où la recommandation d’une contraception si la partenaire est susceptible d’être enceinte. Par ailleurs, la PGE1 par voie intracaverneuse est remboursée par la sécurité sociale dans les mêmes indication que la voie intracaverneuse.
• Il est possible d’amorcer l’érection à l’aide d’une pompe manuelle ou électrique (Vacuum ou érecteur à dépression). La pompe permet d'obtenir une rigidité de la verge par dépression de l'air autour de la verge dans l’érecteur. L'érection est ensuite prolongée par le placement d'un anneau souple positionné à la racine de la verge (Cock ring). Ce dispositif n'est pas remboursé par la Sécurité sociale.

Faut-il faire une psychothérapie en cas de dysfonction érectile ?

La psychothérapie est logique en l’absence de maladie « organique » pouvant expliquer la dysfonction érectile (dysfonction d’origine psychogène) ou en cas de retentissement psychologique important de ce trouble. Diverses études ont par ailleurs montré l’intérêt de l’association du traitement médicamenteux et de diverses psychothérapies.
Désormais, pour les urologues, la distinction entre origine psychogène et organique semble moins cruciale du fait de l'apparition de traitements fiables induisant très peu de problèmes, la tendance étant à une prise en charge mixte pharmacologique et psychothérapeutique ou surtout sexothérapeutique. Dans ce domaine, la prise en charge est variée, l'objectif étant d'évaluer la responsabilité de l'homme et de la partenaire en leur indiquant comment retrouver du désir et du plaisir, ce qui implique la relance et le rétablissement de la communication verbale mais aussi visuelle et tactile entre eux.
Il peut s'agir d'une thérapie de couple, d'une thérapie cognitivo-comportementale, voire d'une psychothérapie analytique. Elles ont pour but la restauration de l'érection, une diminution de l'angoisse de performance et la redécouverte de la sensualité.
Ainsi, une dysfonction érectile « organique » (liée à une maladie) ne justifie pas d’un traitement pharmacologique exclusif pas plus qu'une dysfonction érectile manifestement d'origine psychogène impose d'ignorer un traitement médicamenteux.

Quand faut-il envisager la chirurgie ?

Le traitement chirurgical est un traitement de troisième ligne, c’est à dire après échec des traitements médicaux.
La chirurgie consiste en la mise en place de deux implants péniens, un dans chaque corps caverneux, afin de pouvoir réaliser une érection mécanique (gonflement à la demande des prothèses avec un liquide) : les implants sont reliés à une pompe placée dans le scrotum et à un réservoir placé dans le petit bassin, devant la vessie, qui permettent une alternance flaccidité-érection. Ils se substituent de façon définitive au tissu érectile.
Les deux types de complications des prothèses péniennes sont l'infection prothétique et les problèmes mécaniques nécessitant une ré-intervention.

Troubles de l’érection : VIVRE AVEC

Comment vivre avec une dysfonction érectile ?

Une évolution de la sexualité avec l'âge est une réalité. Il faut absolument perdre du poids en cas de surpoids, faire un sevrage tabagique si l’on fume et lutter contre les addictions et contre la sédentarité.
Une fois le diagnostic établi,un suivi et une prise en charge active sont impératifs afin de dédramatiser la dysfonction érectile et surtout de pouvoir adapter le traitement. A cet effet, dès la deuxième consultation, il sera très souvent bénéfique de faire venir le ou la partenaire pour l’intégrer à la discussion et à la prise en charge.
Il faut déculpabiliser et surtout bien comprendre que le regain de sexualité ne doit pas forcément signifier performance et que la correction de la mécanique érectile n’est pas seule en cause dans l’harmonie du couple. En effet, chaque homme a son rythme amoureux, sa sexualité que la partenaire doit respecter. Un suivi sexologique peut être intéressant.
Les traitements sont efficaces et doivent être utilisés dans le cadre défini par le médecin traitant ou l’urologue. Une psychothérapie ou des séances de relaxation peuvent être utiles. Il faut se méfier des plantes et de la médecine naturelle, en apparence sûre et peu couteuse : il existe aussi des allergies avec les plantes, le niveau de preuve scientifique de l’efficacité et de la tolérance de ces plantes est généralement faible ou inexistant, et le coût à long terme, n’est généralement pas anodin.

Troubles de l’érection : PLUS D’INFOS

La dysfonction érectile en France
On estime que la dysfonction érectile touche moins de 10 % des hommes de moins de 50 ans mais plus de 20 % des hommes de plus de 60 ans.

Les liens de la dysfonction érectile

http://urofrance.org/congres-et-formations/formation-initiale/referentiel-du-college/trouble-de-lerection.html

Les liens Pourquoi Docteur

Myrtilles et vin rouge pour réduire les troubles de l'érection
Dysfonction érectile : le Viagra n’améliore pas la satisfaction
Dysfonction érectile : la première crème bientôt en France
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Un nouveau traitement local

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