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Gonorrhée ou gonococcie : la blennorragie ne brûle pas toujours

Publié le 18.12.2018
Mise à jour 19.12.2018
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Gonorrhée ou gonococcie : la blennorragie ne brûle pas toujours
Jfanchin/iStock

Souvent révélée, par des douleurs en urinant (« chaude lance »), la gonorrhée, également appelée « blennorragie » ou « gonococcie », est une infection sexuellement transmissible (IST) liée à une infection bactérienne à gonocoque (Neisseria gonorrhoeae). Elle touche n'est pas toujours apparente, ce qui favorise sa dissémination lors des rapports sexuels non protégés.

Gonorrhée (blennorragie) : COMPRENDRE

Des mots pour les maux
La gonorrhée, communément appelée « chaude-pisse », « chaude-lance », « blennorragie » ou « gonococcie », car il s’agit d’une infection à gonocoque, donne souvent des infections de l’urètre ou « urétrite ».

L’infection peut également toucher le col utérin (« cervicite »), l’utérus (« endométrite »), les trompes de Fallope (« salpingite »), le petit-bassin (« pelvipéritonite ») et l’œil (« conjonctivite »).

Qu'est-ce qu’une blennorragie ?

La blennorragie ou « gonococcie » est une infection sexuellement transmissible (IST), liée à une infection bactérienne à Neisseria gonorrhea ou « gonocoque ».
Il s’agit d’un portage humain strict qui s’attrape uniquement par contact direct.
L’infection non traitée peut être à l’origine d’une inflammation chronique qui peut provoquer des lésions cicatricielles de différents organes de la sphère urinaire (« urétrite » chronique avec risque de sténose urétérale secondaire), génitale (« prostatite » et « épididymite » chez l’homme et « cervicite », « endométrite » ou « salpingite » chez la femme).
La diffusion de l’infection non traitée peut se faire au-delà, vers la cavité abdominale chez la femme (« pelvipéritonite »), voire à l’ensemble de l’organisme via une infection du sang (« septicémie ») avec risque d’atteinte articulaire (« arthrite »), cardiaque (« endocardite ») et cérébrale (« méningite »).

Quels sont les signes de la blennorragie ?

La gonorrhée se traduit par des signes qui touchent en premier les organes génito-urinaires, mais aussi la gorge, le rectum et même les yeux, voire l’ensemble de l’organisme.
Les signes de la gonorrhée apparaissent 2 à 7 jours après le rapport contaminant. Cependant, plus de la moitié des hommes et des femmes ne présentent aucun signe, en particulier en cas d’infection de la gorge et du rectum : les médecins parlent de « patients asymptomatiques ». Le problème est que ces personnes, même si elles n’ont pas de signes, restent contaminées et surtout contagieuses.
• Chez les hommes, lorsque des signes apparaissent, il s'agit principalement d'une rougeur et d'un gonflement de l'orifice urinaire sur le gland (« l'urètre »), c’est-à-dire une « urétrite », accompagnés d'une sensation de brûlure lors de la miction et d'un écoulement purulent, blanchâtre, au niveau du pénis.
• Chez les femmes, la blennorragie est moins souvent parlante (« asymptomatique »). Elles peuvent également souffrir de sensations de brûlures en urinant (« urétrite »), d’inflammation du col utérin (« cervicite ») ou de douleurs pendant les rapports sexuels (« dyspareunie »), d’écoulements vaginaux jaunâtres ou sanguinolents, voire de douleurs du bas-ventre.
• Dans les 2 sexes, il peut aussi s’agir d’une angine purulente en cas de rapport bucco-génitaux non protégés ou d’écoulement purulent par l’anus en cas d’infection du rectum lors de rapports anaux non protégés.

Quelles sont les causes de la gonorrhée ?

La gonorrhée est une infection à une bactérie de type cocci, dite « gram négatif » (coloration de Gram négative), Neisseria gonorrhea ou gonocoque. L’homme et la femme sont les seuls réservoirs et cette bactérie se transmet essentiellement lors de rapports sexuels non protégés avec un partenaire contaminant.
Tous les types de rapports sexuels peuvent être contaminants, y compris les rapports buccogénitaux (fellation et cunnilingus), ces derniers seraient même à l’origine de la moitié des cas en France.
La gonorrhée peut également être transmise à l’enfant au moment de l’accouchement.

Quels sont les facteurs de risque d’infection à gonocoque ?

La contamination se fait en grande majorité lors d’un rapport sexuel non-protégé avec une personne infectée, le plus souvent sans signe apparent.
La contamination touche aussi les voyageurs qui se rendent dans des pays où la gonorrhée est endémique et qui ont des relations sexuelles non protégées avec la population locale.
Les travailleurs de l’industrie pornographique et les prostitués peuvent être contaminés (risque plus élevé de résistance).

Quelles sont les complications de la gonorrhée ?

• Chez l’homme, une urétrite gonococcique non traitée peut s’étendre et remonter le long de l’urètre, dans les voies uro-génitales, pour provoquer une inflammation douloureuse de la prostate (« prostatite ») ou de l’épididyme (le cordon situé au-dessus de chaque testicule = « épididymite »). Parfois, les testicules peuvent être enflés ou douloureux. Ces complications peuvent être secondairement à l’origine de problèmes d’infertilité. Si l'infection persiste plusieurs mois, des rétrécissements de l'urètre peuvent survenir.
• Chez la femme, les complications seraient plus fréquentes (20 %) car la gonorrhée est plus souvent sans signe apparent net. L’inflammation des organes génitaux, l’utérus (« endométrite ») et les trompes de Fallope (« salpingite »), voire du péritoine dans le petit-bassin (« pelvipéritonite »), peuvent être à l’origine de modifications de ces organes, ce qui peut favoriser, après quelques mois ou quelques années, une « grossesse extra-utérine » (hors de l’utérus), des douleurs chroniques du ventre et une stérilité (ou « infertilité »).
Pendant la grossesse, le gonocoque peut être transmis de la mère à l’enfant, en particulier au cours de l'accouchement, et provoquer une infection des yeux chez le nouveau-né (« conjonctivite gonococcique »). Cette conjonctivite chez l'adulte est rarissime (contact entre les mains souillées et les yeux). Chez le nouveau-né, la conjonctivite doit être systématiquement prévenue par l'instillation d'un collyre antibiotique ou au nitrate d'argent à la naissance. Les nourrissons dont la mère est infectée peuvent également souffrir d'abcès du cuir chevelu ou d'infection gonococcique disséminée.
• Dans les 2 sexes, l’infection à gonocoque peut se disséminer à tout l’organisme et être à l’origine d’infections articulaires (« arthrite ») et de la peau (« éruption cutanée »), voire d’infection cardiaque (« endocardite ») et méningée (« méningite »).
Les arthralgies et une polyarthrite sont des manifestations fréquentes des infections gonococciques disséminées : une arthrite purulente survient dans 30 à 40 % des cas. Toutefois, dans certains cas de polyarthrite, il pourrait s'agir d'une « arthrite réactionnelle » (ou spondylarthropathie) qu'il convient de distinguer d'une arthrite septique.
La présence d’une infection génitale à gonocoque expose également à un risque accru d’infection par le VIH. Inversement, en cas d’infection à VIH ou de SIDA, la gonococcie peut être plus grave.

Gonorrhée (blennorragie) : DIAGNOSTIC

Quand faut-il évoquer une gonorrhée ?

Il faut évoquer une infection uro-génitale à gonocoque en cas de brûlures lors de la miction ou en cas d’écoulement purulent au niveau de la verge ou du vagin.
Mais il faut aussi évoquer une gonococcie en cas d’angine chronique ou d’écoulement purulent du rectum avec la notion de rapports sexuels non protégés.
Chez le nouveau-né, une conjonctive peut être le témoin d’une contamination lors de l’accouchement.
Chez une femme jeune, des arthrites touchant les grosses articulations (genoux, chevilles et poignets), initialement migratrices puis fixes, et qui s’accompagnent d’une éruption sur la peau à type de maculo-papules, pouvant devenir des pustules hémorragiques, doit également faire évoquer ce diagnostic.

Avec quoi peut-on confondre une gonococcie ?

Une infection à Chlamydia trachomatis peut également donner des brûlures en urinant et un écoulement par la verge le matin, mais celui-ci est habituellement plutôt clair. Il s'agit également d'une infection sexuellement transmissible d’origine  bactérienne, qui est aussi très fréquente chez les jeunes.
Les signes et les examens de laboratoire permettent de la différencier de l'infection gonococcique mais il faut savoir que ces deux infections peuvent être associées et doivent systématiquement être recherchées ensemble en cas de suspicion.

Comment diagnostiquer la gonorrhée ?

Le diagnostic de la gonorrhée se fait à partir d’une analyse d’urine ou d’un prélèvement (par « écouvillonnage ») réalisé en passant une sorte de grand coton-tige (écouvillon) sur les organes touchés : extrémité de la verge chez l’homme au niveau de l’urètre (« méat urétral »), à l’entrée du vagin, au niveau du col de l’utérus (après mise en place d’un speculum) chez la femme.
Dans les 2 sexes, les prélèvements au niveau de l’anus et du rectum, ainsi que dans la gorge, seront systématiquement réalisés.
En cas de fièvre, des prélèvements de sang devront être réalisés aux fins de recherche du gonocoque (« hémocultures »).
Au laboratoire, le germe sera mis en évidence grâce à examen au microscope (cocci gram négatif) et par culture sur milieux spéciaux permettant la croissance du gonocoque.
Enfin, il est absolument indispensable de rechercher d’autres infections sexuellement transmissibles (Chlamydiae, VIH, hépatite B, syphilis, trichomonas, HPV).

Quand faut-il consulter un médecin ?

Il faut consulter un médecin en cas de signes évocateurs de blennorragie, qu’ils soient uro-génitaux ou autres.
Il faut aussi consulter un médecin en cas de rapports sexuels non protégés avec une personne à risques.
En cas d’arthrite ou d’éruption de la peau avec fièvre et malaise, la consultation est urgente.

Gonorrhée (blennorragie) : TRAITEMENT

Que peut-on faire en cas de gonorrhée ?

Lors de diagnostic de gonorrhée, la personne infectée est invitée à contacter ses partenaires sexuels récents afin qu’ils reçoivent si besoin un traitement.
Il faut absolument casser la chaîne de dissémination de la maladie en réalisant un prélèvement et un traitement antibiotique efficace de tous les partenaires. Des centres de dépistage anonyme existent partout.
Le principal problème actuel est celui de l’apparition de résistances fréquentes aux antibiotiques.

Quel est le traitement de la gonorrhée ?

Le traitement de la gonorrhée repose habituellement sur l’administration d’une dose unique d’antibiotiques par la bouche ou par injection : c’est le « traitement minute » qui permet de casser la chaîne de contagiosité.
Il s’agit le plus souvent d’une injection intramusculaire unique de spectinomycine ou de ceftriaxone. Des quinolones par voie buccale peuvent être utilisées.
Dans certains cas particuliers (infection de la gorge ou du rectum), un traitement plus long peut être indiqué. En cas de fièvre associée, une hospitalisation est nécessaire pour mise en route d’une antibiothérapie prolongée par perfusion.
Une autre infection, due à un germe du genre Chlamydia, peut être associée à la blennorragie dans près de la moitié des cas. Désormais, les personnes ayant présenté une gonorrhée sont systématiquement traitées contre les chlamydiae : un autre traitement antibiotique supplémentaire doit être associé avec des antibiotiques actifs sur les germes intracellulaires (macrolides ou cyclines).
Depuis une quinzaine d'années, la grande sensibilité du gonocoque à l'antibiothérapie, notamment à la pénicilline G, n'est plus la règle : les résistances acquises aux antibiotiques ont modifié la prise en charge thérapeutique. Près d'un quart des souches sont résistantes à la pénicilline et un tiers à la tétracycline. En revanche, la sensibilité à la ceftriaxone, à la spectinomycine et à la ciprofloxacine est constante.
La personne traitée doit s’abstenir de tout rapport sexuel dans la semaine qui suit le début de son traitement.

Gonorrhée (blennorragie) : PREVENIR

Comment prévenir la gonorrhée ?

Comme toutes les infections sexuellement transmissibles, la prévention de la gonorrhée repose sur l’utilisation systématique de préservatifs (même pour la fellation), afin d’éviter d’avoir du sperme au contact des muqueuses : dans la bouche, dans le vagin ou dans le rectum.
D’autre part, en cas de démangeaisons ou de brûlures génito-urinaires, il faut consulter immédiatement un médecin.
En cas de diagnostic positif, tous les partenaires sexuels doivent se faire examiner et traiter le cas échéant.
Il est conseillé aux femmes enceintes présentant un risque accru d'infection de se faire examiner avant d'accoucher et, si nécessaire, de suivre un traitement. Les nouveaux-nés de mère infectée reçoivent à titre préventif des gouttes pour les yeux contre les bactéries responsables de la maladie (collyre antibiotique ou au nitrate d'argent à la naissance).
Chez l’adulte, il faut éviter de se toucher les yeux après avoir toucher des organes sexuels possiblement contaminés.
Toute personne ayant de nombreux partenaires sexuels (plus de 5 par an) devrait se faire dépister pour les infections sexuellement transmissibles une fois par an.
Il n’existe pas de vaccin contre la gonorrhée, mais il existe un vaccin contre l’hépatite B ou le HPV, qui sont d’autres infections sexuellement transmissibles.

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