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Pneumologie

Asthme : pas de preuve de la nocivité de la VNI dans les exacerbations

L’utilisation de la VNI dans les exacerbations d'asthme n’a pas fait la preuve de son danger. Une démonstration de son utilité sous réserve d'une attention particulière aux comorbidités a été réalisée. D’après un entretien avec Guillaume CARTEAUX.

  • Par le Dr Anne-Christine DELLAVALLE
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  • 24 Sep 2020
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    Une étude américaine, dont les résultats sont parus dans l’American Journal of Critical Care Medicine, en août 2020, a fait le point sur l’intérêt de la VNI chez les patients hospitaisés en réanimation pour excerbation de l’asthme. Les auteurs ont inclus 53 654 patients issus de bases de données de 682 hôpitaux américains, entre 2010 et 2017. Il s’agit d’une étude de cohorte au cours de laquelle les sujets avec un diagnostic d’asthme ou de détresse respiratoire suite à un asthme ont été inclus. Les patients ayant bénéficié de VNI ont été identifiés par le biais de la facturation au cours des deux premiers jours d’hospitalisation.

    Un phénomène rare et une littérature pauvre

    Le professeur Guillaume CARTEAUX, PU-PH en réanimation à l’hôpital Henri Mondor de Créteil, rappelle que la littérature permettant de conclure à des recommandations concernant l’utilisation de la VNI dans les exacerbations de l’asthme est pauvre et insuffisante. En effet, les dernières recommandations de la Société de Réanimation de Langue Française, en 2017, ne permettent pas de se positionner sur l’intérêt de la VNI comme traitement des exacerbations asthmatiques. Guillaume CARTEAUX précise que cette difficulté est liée à la rareté du phénomène car moins de 5% des patients hospitalisés vont nécessiter une VNI. Les passages aux urgences sont fréquents mais les hospitalisations en réanimation restent rares.

    Aucun signal de nocivité de la VNI

    Guillaume CARTEAUX estime que la méthodologie de cette étude est robuste et qu’elle utilise plusieurs modèles statistiques permettant de « matcher » les patients ayant d la VNI et ceux ayant les mêmes critères mais n’e bénéficiant pas de VNI. Il souligne l’utilisation croissante de la VNI chez les patients asthmatiques hospitalisés en réanimation, puisque celle-ci est passée de 18 à 30% en 7 ans. Un grand nombre de cliniciens craignent que la VNI aggrave le patient mais, à ce jour, il est impossible de conclure, car, au terme de cette étude, il n’y a aucun signal qui laisse supposer que la VNI est nocive.

    En conclusion, il faut laisser le clinicien essayer la VNI chez le sujet asthmatique hospitalisé en réanimation car aucune tendance ne laisse supposer qu’elle est dangereuse. Toutefois, les données de cette étude sont très larges et des recommandations solides nécessitent plus de précision…

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    JDF