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Pneumologie

BPCO : regard sur la VNI à domicile gérée par télésurveillance

La VNI instaurée à domicile et gérée par télésurveillance chez les patients BPCO hypercapniques sévères est aussi profitable qu'à l'hôpital et coûte moins cher, selon le modèle hollandais. D’après un entretien avec Maxime Patout.

  • Par le Dr Anne-Christine DELLAVALLE
  • 24 Oct 2019
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    Une étude menée aux Pays-Bas, dont les résultats ont été publiés en septembre 2019, dans Thorax, a cherché à évaluer l’intérêt de la mise ne place de la VNI en ambulatoire chez les sujets BPCO hypercapniques et à évaluer l’intérêt économique de cette prise en charge. En effet, la mise en place de la VNI est un moment critique dans l’évolution de la BPCO, qui nécessite beaucoup de temps et qui est le plus souvent instaurée en hôpital de jour ou de semaine. Compte–tenu du nombre croissant de sujets BPCO, les difficultés à répondre à cette demande sont de plus ne plus grandes, surtout aux Pays-Bas ou les contraintes sont importantes en raison du faible nombre de centres adaptés.

    Une approche pragmatique de la télémédecine avec un vrai bénéfice économique

    Le docteur Maxime Patout, pneumologue au CHU de Rouen, explique que cette étude est la première à s’intéresser à la mise en place de la VNI au domicile des sujets BPCO. Il précise que cette modalité de prise en charge nécessite une approche rigoureuse, mais qu’elle permet d’amener l’hôpital au domicile des patients, puisque les réglages peuvent être faits à distance par le praticien. De plus, cette étude a été documentée par les données de la Sécurité Sociale hollandaise et le calcul des coûts a été très précis. En effet, même si des coûts surajoutés par les déplacements des professionnels de santé et le matériel sont importants, ils ne le seront jamais autant que celui des journées d’hospitalisation économisées, ce qui fait baisser le coût de l’installation de la VNI de 50%.

    Un modèle difficilement transposable en France

    Malgré l’intérêt de cette étude, Maxime Patout précise que les contraintes du système de santé hollandais sont différentes de celle du système français, ce qui rend ces résultats difficilement transposables en France. En effet, en France, le remboursement existe pour le suivi de la VNI mais pas pour sa mise en place. Le financement des prestataires doit être prévu du fait de la fragilité du matériel utilisé. En Hollande, le personnel est financé par l’hôpital, ce qui n’est pas  culturellement faisable en France. De plus, cette étude présente quelques limites : les patients sélectionnés n’étaient pas des sujets dont la BPCO était extrêmement grave, le taux d’échec est important en raison du fait que les patients s’appareillent eux-mêmes pour la capnographie transcutanée et le nombre de perdus de vue est significatif (25%).

    En conclusion, la mise en place de la VNI à domicile chez les sujets BPCO est envisageable mais nécessite une grande réflexion sur l’organisation des soins, avant de conclure que l’exemple hollandais est transposable en France.

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    JDF