Contamination
Pollution au mercure : 8 villes suppriment le thon de leurs cantines scolaires
Dans huit villes, les cantines scolaires ne serviront plus de thon pour limiter l’exposition des enfants au mercure.

- Par Mégane Fleury
- Commenting
- Ilia Nesolenyi/istock
Paris, Lyon, Lille, Montpellier, Rennes, Bègles, Grenoble et Mouans-Sartoux dans les Alpes-Maritimes : ces huit villes ont décidé de ne plus proposer de thon aux enfants dans leurs cantines scolaires. Elles l’ont annoncé dans un communiqué, transmis à l’Agence France Presse, et cité par Le Monde. À travers cette décision, elles souhaitent "faire cesser l’exposition des enfants au mercure".
Thon en boîte : quels sont les risques liés à l’exposition au mercure ?
En octobre 2024, l’ONG Bloom avait publié une enquête sur la présence de ce métal dans le thon. "BLOOM a sélectionné aléatoirement 148 boîtes de conserve dans cinq pays européens (Allemagne, Angleterre, Espagne, France et Italie) et les a fait tester par un laboratoire indépendant : 100 % des boîtes sont contaminées au mercure, indiquait l’association dans un communiqué. Plus d’une boîte testée sur deux (57 %) dépasse la limite maximale en mercure la plus stricte définie pour les poissons (0,3 mg/kg)."
S’il est présent naturellement dans l’environnement, le mercure peut avoir des conséquences sur la santé. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, il s’agit de "l’une des 10 substances chimiques gravement préoccupantes pour la santé publique". Elle cite notamment le méthylmercure, une forme de mercure, toxique pour le système nerveux central. La principale source d’exposition est la consommation de poissons ou de crustacés.
Cantines scolaires : limiter l’exposition des plus jeunes au mercure
Pour cette raison, ces huit cantines scolaires ont décidé de ne plus servir de thon et de produits à base de thon aux enfants. "Les enfants peuvent très vite dépasser la dose hebdomadaire tolérable (DHT), c’est-à-dire la quantité maximale ingérable régulièrement au cours d’une vie avant de s’exposer à un risque sanitaire, prévient leur communiqué commun. Une fois ingéré, ce puissant neurotoxique peut se loger dans le cerveau et avoir des effets dévastateurs, en particulier sur le développement neuronal des plus jeunes (baisse de QI, troubles neuromoteurs, troubles du comportement, troubles de la mémoire, etc.)."
Mercure dans le thon : des seuils différents des autres poissons
Ces municipalités préviennent que la suppression du thon de leurs menus ne "pourra être revue sans que la limite maximale de mercure autorisée dans le thon ne soit abaissée à la teneur la plus stricte existante pour le poisson, à savoir 0,3 mg/kg". Comme le révélait Bloom, les autorités sanitaires ont établi une tolérance maximale en mercure de 1 mg/kg pour le thon, contre 0,3 mg/kg pour le reste des poissons. "Aucune raison sanitaire ne justifie cet écart : le mercure n’est pas moins toxique s’il est ingéré via du thon", prévenait l’association.