GPS
Et si votre manière de conduire révélait un déclin cognitif ?
L’analyse des habitudes de conduite, via le GPS, permettrait de détecter plus précocement les signes de déclin cognitif chez les personnes âgées, selon une équipe de chercheurs américains.
- Par Stanislas Deve
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Chaque freinage, chaque trajet, chaque détour pourrait en dire long sur notre santé mentale. Une nouvelle étude américaine publiée dans la revue Neurology révèle que l’analyse des habitudes de conduite, via les données GPS, permettrait de détecter précocement les signes de déclin cognitif chez les personnes âgées. Ce pourrait être avancée majeure dans la prise en charge précoce de la maladie d’Alzheimer.
Des données GPS plus fiables que les tests classiques ?
La recherche, menée par une équipe de l’école de médecine de l’Université de Washington, a suivi pendant plus de trois ans 298 conducteurs âgés de 75 ans en moyenne. Parmi eux, 56 présentaient déjà des troubles cognitifs légers, considérés comme un stade précoce de la maladie d’Alzheimer. Tous ont accepté d’installer un dispositif de suivi dans leur véhicule.
Verdict : les chercheurs ont pu prédire la présence de troubles cognitifs avec une précision de 82 % simplement grâce aux données de conduite. En ajoutant l’âge, les résultats de tests cognitifs et la prédisposition génétique, la précision grimpait à 87 %, contre seulement 76 % sans les données GPS.
Au fil du temps, les conducteurs qui étaient cognitivement atteints réduisaient la fréquence de leurs trajets, évitaient davantage la conduite de nuit et changeaient moins souvent de destinations. Ces modifications, indétectables à l’œil nu, sont pourtant des marqueurs fiables du déclin cognitif. "Observer les habitudes de conduite quotidienne est une méthode discrète et peu contraignante pour surveiller les capacités cognitives, explique le Dr Babulal dans un communiqué de son université. Cela permettrait d’intervenir plus tôt, avant un accident ou un incident."

Vers une surveillance préventive et éthique
L’intérêt de cette approche réside aussi dans sa simplicité : pas besoin de test médical invasif ou de consultation spécialisée. Les auteurs rappellent toutefois que la méthode doit respecter des principes éthiques, notamment en matière de vie privée et d’autonomie des personnes.
Cette étude sur la conduite des seniors arrive dans un contexte de réforme réglementaire : d’ici trois ans, la France devra appliquer une directive européenne réduisant la durée de validité du permis de conduire à 15 ans. Pour les conducteurs de plus de 65 ans, cette réforme prévoit également des contrôles médicaux plus fréquents ou des stages de remise à niveau. Une mesure qui pourrait s’appuyer, à terme, sur les données comportementales comme celles observées dans l’étude.







