Pneumologie

Santé respiratoire et inégalités sociales : encore beaucoup de travail...

Le tabagisme et les facteurs génétiques sont connus comme des éléments majeurs influençant la santé pulmonaire. Toutefois, le rôle des conditions socio-économiques, notamment celles liées à l’environnement de vie, reste encore insuffisamment exploré. Les inégalités entre quartiers pourraient pourtant jouer un rôle déterminant dans l’apparition et l’évolution des maladies respiratoires.

  • 14 Mai 2026
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    Une étude canadienne, dont les résultats sont parus en avril 2026, dans l'European Respiratory Journal a cherché à évaluer l'impact du quartier de résidence sur la santé respiratoire. Ce travail a été mené auprès de 1 449 adultes participant à la cohorte canadienne CanCOLD. Ces sujets ont été suivis pendant trois ans à l’aide de tests répétés de fonction pulmonaire et d’évaluations de l’effort cardiopulmonaire, complétés par une imagerie thoracique initiale par tomodensitométrie. Le niveau de désavantage des quartiers a été mesuré grâce à l’Indice de privation matérielle et sociale. Des analyses statistiques ont ensuite permis d’examiner les liens entre ces conditions de vie et différents indicateurs de santé respiratoire, tels que la fonction pulmonaire, la capacité d’exercice, les symptômes, ainsi que certains événements cliniques. 

     

    Une fonction respiratoire amoindrie dans les quartiers défavorisés 

     
    Les résultats de ce travail ont montré que les personnes vivant dans les quartiers les plus défavorisés présentent une fonction respiratoire significativement inférieure, notamment en termes de volume expiratoire forcé, de capacité vitale et de capacité maximale à l’effort. Elles rapportent également davantage de symptômes respiratoires. Sur la durée de suivi, une diminution plus marquée de la fonction pulmonaire a été observée dans ce groupe. 

     

    Pas de résultat significatif en termes d'imagerie ni de mortalité 

     

    Les résultats de ce travail n'ont, en revanche, montré aucune association significative entre le désavantage du quartier de résidence et les résultats de l’imagerie thoracique, notamment le scanner thoracique, les exacerbations de maladies chroniques respiratoires ou la mortalité liée aux pathologies respiratoires. 

     

    En conclusion, cette étude met en évidence l’influence notable des conditions socio-économiques du quartier de résidence sur la santé respiratoire. Vivre dans un environnement défavorisé est associé à une fonction pulmonaire réduite et à une moins bonne tolérance à l’effort, soulignant l’importance de prendre en compte ces déterminants sociaux dans les stratégies de prévention et de prise en charge des maladies respiratoires. 

     

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