Pneumologie

Dyspnée inexpliquée : un impact majeur sur la qualité de vie

La dyspnée chronique inexpliquée a un impact majeur sur la santé physique et mentale des patients et sur leur capacité d’exercice. Les centres de la dyspnée peuvent aider au diagnostic et à la prise en charge. D’après un entretien avec Nathalie BAUTIN.

  • 05 Mars 2026
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    Une étude, dont les résultats sont parus en janvier 2026 dans Respiratory Medicine and Research, a cherché à évaluer l’impact de la dyspnée inexpliquée sur la qualité de vie et la capacité à l’exercice, ainsi que les caractéristiques de la dyspnée, les symptômes d’hyperventilation et les symptômes psychologiques associés. Parmi 62 patients adressés pour une suspicion de dyspnée inexpliquée , 29 présentaient une dyspnée inexpliquée confirmée après un bilan complet. Ces patients, majoritairement des femmes d’âge moyen, avaient une qualité de vie altérée dans tous les domaines du questionnaire de qualité de vie. La majorité présentait une dyspnée limitant les activités de la vie quotidienne, une capacité d’exercice réduite et des anomalies de l’adaptation ventilatoire à l’effort. Les symptômes d’hyperventilation étaient fréquents et associés à une moins bonne qualité de vie ainsi qu’à des niveaux plus élevés d’anxiété.

     

    Un lien avec le syndrome d’hyperventilation

    Le docteur Nathalie BAUTIN, pneumologue dans le service de pneumologie et immuno-allergologie du Centre Hospitalier Universitaire de Lille, et auteure de ce travail, rappelle que la dyspnée inexpliquée correspond à des sensations respiratoires désagréables sans qu'aucune maladie ne soit diagnostiquée. Il s’agit d’un phénomène fréquent et mal connu, au cours duquel les patients souffrent d’errance diagnostique, entre les services de pneumologie et de cardiologie. Un syndrome d’hyperventilation peut être associé caractérisé par une hyperventilation inappropriée qui déséquilibre le pH et provoque un grand nombre de symptômes désagréables, notamment neurologiques et cardiovasculaires. Une étude britannique a montré que 8% de la population générale a des symptômes évocateurs de syndrome d’hyperventilation, soulignant le fréquence probablement élevée des dyspnées inexpliquées. p

     

    Une prise en charge encore à préciser

    Nathalie BAUTIN explique que les résultats de ce travail ont montré que lorsque les patients atteints de dyspnée chronique inexpliquée sont très bien évalués, une cause organique est trouvée pour un grand nombre d’entre eux. Cela encourage au développement de centres experts pour la prise en charge de ces patients. Le traitement des dyspnées inexpliquées reste toutefois à préciser. Il repose en premier lieu sur la réassurance quant à l’absence de pathologie. Si un syndrome d’hyperventilation est associé, la kinésithérapie avec des praticiens formés est efficace, pour les aider à contrôler leur ventilation, en utilisant mieux leur diaphragme, en respirant par le nez. La réhabilitation respiratoire est proposée même en l’absence de déconditionnement associé et est probablement efficace, ce qui devrait être confirmé par des études dédiées.

     

     En conclusion, l’ensemble des résultats de cette étude met en évidence le lourd impact physique et psychologique de la dyspnée inexpliquée et souligne l’intérêt d’adresser ces patients vers des centres spécialisés pour améliorer le diagnostic et la prise en charge précoce et éviter l’errance diagnostique.

     

     

     

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