Diabétologie
DT2 : antidiabétiques et risque de dépression
Une analyse rétrospective de six cohortes montre que l’administration au long cours d’agonistes du GLP-1 et d’inhibiteurs de la DPP-4 est associée à une très légère augmentation du risque de dépression comparativement aux inhibiteurs du SGLT2. L’utilisation d’aGLP-1 a également été associée à un risque accru de dépression comparativement aux sulfonylurées.
- Anna Borisevich/iStock
Les données sur les liens entre l’administration de certains antidiabétiques et le risque de dépression sont d’interprétation difficile, notamment en raison de l’association entre dépression, diabète et obésité.
Une étude rétrospective de cohorte, dont les résultats sont publiés dans Diabetes, Obesity and Metabolism, conclut à une très légère augmentation du risque de dépression chez les patients nouvellement traités par agoniste du GLP-1 ou inhibiteur du DPP4, comparativement à ceux nouvellement traités par inhibiteur du SGLT2.
Données de 6 études de cohorte
Ce travail a analysé les données issues de six études de cohorte (n = 54 773 à 227 414 patients) recueillies dans les dossiers médicaux électroniques de patients ayant un diabète de type 2 entre le 1er janvier 2014 et le 31 décembre 2022. Il s’agissait de nouveaux utilisateurs d’un hypoglycémiant (agoniste des récepteurs du peptide-1 de type glucagon (aGLP-1), inhibiteur du cotransporteur sodium-glucose de type 2 (iSGLT2), inhibiteur de la dipeptidyl peptidase 4 (iDPP4) ou sulfonylurée (SU)), sans antécédent de dépression et n’ayant pas reçu le médicament comparateur au cours des deux années précédant le début du traitement.
Dépression incidente dans les 2,5 ans
Le critère d’évaluation principal était la survenue d’une dépression incidente, diagnostiquée dans les 2,5 ans suivant le début du traitement.
Les auteurs montrent que l'utilisation au long cours d'agonistes du GLP-1 était associée à un risque un peu augmenté de dépression comparativement aux iSGLT2 (différence de risque cumulée =1,0 %, IC 95 % 0,6 %-1,4 %) et aux sulfonylurées (DR = 1,8 %, IC 95 % 1,3 %-2,4 %), mais pas aux inhibiteurs de la DPP-4 (DPP4i). La prise de iSGLT2 était significativement associée à un risque réduit de dépression incidente comparativement aux iDPP4 (DR = -0,7 %, IC 95 % -1,2 %- -0,2 %), mais pas aux SU. Aucune différence n'a été observée entre les SU et les iDPP4.
Ainsi, dans cette analyse de cohortes, l’administration au long cours d’agonistes du GLP-1 et d’inhibiteurs de la DPP-4 (DPP4i) a été associée à une très légère augmentation du risque de dépression comparativement aux inhibiteurs du SGLT2. L’utilisation d’aGLP-1 a également été associée à un risque accru de dépression comparativement aux sulfonylurées (SU).











