Onco-Thoracique

Cancer du poumon : incidence en baisse chez les américains de moins de 50 ans

Alors que l’incidence des cancers est en augmentation dans les populations les plus jeunes, une étude réalisée à partir de la base SEER américaine rapporte une réduction moyenne annuelle du cancer du poumon de 3,8 % de l’incidence sur les 20 derniers années.

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  • 16 Mars 2026
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    Au cours des dernières décennies, l’incidence des cancers à début précoce (diagnostiqués avant l’âge de 50 ans) a augmenté dans le monde pour plusieurs types de cancers, notamment les cancers du sein, colorectal, de l’endomètre, de l’œsophage, du rein, du foie, du pancréas et de la thyroïde.

    Bien que l’intensification du dépistage ait contribué à une détection accrue, les données disponibles suggèrent qu’il s’agit d’une augmentation réelle de l’incidence.

    Dans ce contexte, les tendances récentes du cancer du poumon à début précoce restent mal connues, en particulier selon le type histologique et les caractéristiques sociodémographiques.

    Une étude sur 20 ans

    Une étude de cohorte américaine en population générale a été menée à partir des registres du programme américain Surveillance, Epidemiology, and End Results (SEER). Elle incluait 81 568 personnes âgées de 20 à 49 ans diagnostiquées avec un cancer du poumon entre 2000 et 2021. Les taux d’incidence ajustés sur l’âge et les variations annuelles moyennes ont été estimés à l’aide d’une analyse statistique standardisée. Les tendances ont été analysées selon le type histologique, le sexe, l’origine ethnique et le niveau de tabagisme au niveau des États.

    Entre 2000 et 2021, l’incidence globale du cancer du poumon à début précoce (diagnostic < 50 ans) a diminué de manière significative (baisse annuelle moyenne de 3,8 %), contrairement à l’augmentation observée pour les cancers colorectaux et du sein chez les femmes jeunes.
    Chez les femmes, la diminution est apparue plus tardivement mais a été plus marquée pour l’adénocarcinome pulmonaire. Chez les hommes, la baisse a été plus rapide pour les cancers pulmonaires non à petites cellules et pour l’ensemble des cancers du poumon.

     

    Des différences éthniques

    L’analyse de l’origine ethnique (non réalisable en France où il est interdit de collecter ce type de données), montre une persistance ou une augmentation de l’adénocarcinome pulmonaire chez les femmes asiatiques et hispaniques.

    Les tendances différaient selon l’origine ethnique : la diminution chez les femmes était plus lente que chez les hommes dans les populations hispaniques et noires non hispaniques, tandis que chez les personnes blanches non hispaniques, la baisse était plus rapide chez les femmes.

    Chez les femmes asiatiques, l’incidence des cancers pulmonaires non à petites cellules n’a pas diminué, et celle de l’adénocarcinome a augmenté jusqu’en 2017 avant de se stabiliser. Une stabilité similaire a été observée chez les femmes hispaniques.

     

    Pour conclure, l’incidence du cancer du poumon à début précoce a globalement diminué entre 2000 et 2021 aux Etats-Unis. Toutefois, la persistance ou l’augmentation de l’adénocarcinome pulmonaire chez les femmes asiatiques et hispaniques suggère l’implication de facteurs de risque émergents autres que le tabac, soulignant la nécessité de stratégies de prévention ciblées, ainsi que la recherche de facteurs de risque autres.

     

     

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