Diabétologie

Jeûne intermittent et MASLD : efficacité comparable à la restriction calorique

Chez 333 patients atteints de stéatose hépatique métabolique (MASLD), le jeûne intermittent 16:8 réduit la stéatose hépatique de 23,7 % en 16 semaines, sans bénéfice supplémentaire par rapport à une restriction calorique équivalente.

  • TanyaJoy/iStock
  • 24 Février 2026
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    Dans cette étude ouverte, randomisée et contrôlée, 333 patients en surpoids ou obèses avec MASLD ont été répartis en trois groupes : soins standards (contrôle, n=113), restriction calorique (restriction simple, n=110) et jeûne intermittent (TRE, n=110). L’intervention a duré 16 semaines. Le critère principal était la variation de la stéatose hépatique mesurée par IRM-PDFF. Les critères secondaires incluaient la fibrose (élastographie), la composition corporelle, les paramètres métaboliques et la qualité du sommeil.

    Réduction significative de la stéatose mais effet similaire à la restriction calorique

    Après 16 semaines, la stéatose hépatique diminuait de 23,7 % dans le groupe TRE contre +0,7 % dans le groupe contrôle (p<0,001). La réduction était comparable à celle observée avec la restriction simple (-24,7 %, p>0,999 entre TRE et restriction simple). Près de 49,5 % des patients TRE obtenaient une réduction ≥ 30 % de la graisse hépatique (vs 16,8 % en contrôle). La perte pondérale atteignait -4,6 % sous TRE (vs -0,9 % en contrôle et -4,1 % en restriction simple). La graisse viscérale diminuait de -8,9 % sous TRE, sans différence avec la restriction simple. Aucune différence significative n’était observée sur la glycémie, l’HbA1c ou le HOMA-IR entre TRE et restriction simple.

    Méthodologie : encadrement nutritionnel intensif et suivi digital

    Les besoins énergétiques étaient individualisés avec un déficit d’au moins 500 kcal/jour dans les groupes restriction simple et TRE. Le groupe TRE suivait un schéma 16:8 (fenêtre alimentaire de 8 heures). L’adhérence était contrôlée via application mobile, envoi de photos de repas et suivi bihebdomadaire par diététiciens. L’activité physique et le sommeil étaient monitorés par montre connectée. Aucun événement indésirable grave n’a été rapporté.

     

    Limites et perspectives : stratégie pratique mais sans supériorité métabolique

    Cette étude montre que le TRE est supérieur aux soins standards mais n’apporte pas de bénéfice supplémentaire par rapport à une restriction calorique équivalente. Le suivi limité à 16 semaines ne permet pas d’évaluer l’impact sur la fibrose à long terme. La majorité des participants pratiquaient un TRE tardif, et seuls des patients coréens sans diabète traité étaient inclus, limitant la généralisation. Enfin, près de deux tiers des patients ayant perdu ≥ 5 % de poids ont présenté une reprise pondérale à 6 mois. Le TRE constitue néanmoins une option simple et culturellement adaptable, potentiellement combinable aux traitements pharmacologiques émergents.

     

     

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