Pneumologie
Impact du tabagisme sur la réponse à la corticothérapie inhalée
Le tabagisme est reconnu comme un facteur pouvant altérer la réponse aux corticostéroïdes inhalés chez les patients asthmatiques. Toutefois, son impact spécifique sur l’amélioration de la fonction pulmonaire après l’instauration d’un traitement chez les patients atteints d’un asthme débutant à l’âge adulte reste encore peu documenté.
Une étude, dont les résultats sont parus en février 2026, dans le Journal of Asthma and Allergy a cherché à mieux comprendre l’influence du statut tabagique sur la réponse fonctionnelle respiratoire au cours des premières années de traitement par corticothérapie inhalée. Pour cela, les auteurs ont utilisé les données de l’étude Seinäjoki Adult Asthma Study, issue d’une cohorte longitudinale réelle ayant suivi pendant douze ans 203 patients présentant un asthme nouvellement diagnostiqué à l’âge adulte. Parmi eux, 174 patients ayant reçu un traitement par corticothérapie inhalée au cours des deux premières années ont été inclus. La fonction respiratoire a été mesurée au moment du diagnostic, puis le meilleur niveau atteint au cours des 2,5 premières années a été retenu comme valeur maximale. Les participants ont été répartis selon leur statut tabagique (non-fumeurs, ex-fumeurs, fumeurs actuels) ainsi que selon leur exposition cumulée au tabac (< 10 ou ≥ 10 paquets-années).
Pas d’impact du tabagisme sur l’évolution après corticothérapie inhalée
Au moment du diagnostic, la moitié des patients étaient fumeurs ou anciens fumeurs. Les résultats montrent que l’augmentation du pourcentage de la capacité vitale forcée prédite entre le début de l’étude et le maximum observé dans les 2,5 premières années était significativement plus importante chez les fumeurs actuels comparativement aux non-fumeurs et aux ex-fumeurs. En revanche, aucune différence significative n’a été constatée entre les groupes concernant l’évolution globale de la fonction pulmonaire après l’instauration du traitement par corticoïdes inhalés, même après ajustement en fonction de la dose individuelle prescrite.
De l’importance de la corticothérapie inhalée même chez les fumeurs
Bien que le tabagisme soit associé à un moins bon contrôle de l’asthme et à un déclin pulmonaire à long terme, cette étude suggère que la réponse fonctionnelle respiratoire au traitement par corticostéroïdes inhalés ne diffère pas significativement selon le statut tabagique chez les patients atteints d’un asthme débutant à l’âge adulte. Ces résultats soutiennent l’idée que le traitement par corticothérapie inhalée devrait être instauré de manière similaire chez tous les patients, indépendamment de leurs antécédents tabagiques. Ce traitement doit être maintenu chez tous les patients asthmatiques, sans distinction liée aux antécédents de tabagisme, tout en poursuivant en parallèle les efforts de sevrage tabagique pour optimiser le pronostic à long terme.
En conclusion, ces résultats apportent un éclairage rassurant sur la prise en charge de l’asthme débutant à l’âge adulte chez les patients fumeurs ou anciens fumeurs. Malgré l’impact délétère bien établi du tabagisme sur l’évolution à long terme de la maladie, la réponse fonctionnelle respiratoire initiale à la corticothérapie inhalée ne semble pas significativement altérée par le statut tabagique. Ces résultats confortent l’importance d’initier et de maintenir une corticothérapie inhalée chez tous les patients asthmatiques, sans distinction.








