Psychologie

Couple : comment parler de dysfonctionnement érectile sans tabou

Oser parler de dysfonction érectile est un acte de courage et de confiance.

  • iStock/Motortion
  • 30 Novembre 2025
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    La dysfonction érectile est une difficulté fréquente, qui toucherait un homme sur trois après 40 ans. Souvent perçue comme un échec personnel, elle a en réalité des causes variées. En l’absence de dialogue, chacun risque de projeter ses propres craintes. Pour trouver des solutions, il est essentiel de la replacer dans un cadre relationnel et non culpabilisant.

    Une expérience humaine partagée

    La dysfonction érectile n’est ni une fatalité ni un reflet de la valeur ou de la virilité. Elle n’a pas de lien avec un manque d’attirance pour son ou sa partenaire. C’est un trouble multifactoriel qui a des causes variées : fatigue, stress, traitement médical, anxiété, ou encore un moment de vie particulier.

    Souvent transitoire, elle doit être accueillie comme un signal plutôt qu’un échec. L’homme qui en souffre craint encore trop souvent de décevoir sur le plan sexuel et a tendance à se replier. Le poids du non-dit amplifie alors la détresse et entretient le trouble.

    Choisir le moment pour ouvrir la conversation

    Parler de dysfonction érectile demande une attention particulière au contexte. Le moment choisi est déterminant : il vaut mieux éviter d’en discuter juste avant ou juste après un moment d’intimité, lorsque les émotions sont vives. Un temps calme, une soirée tranquille ou une promenade permettent un cadre plus apaisé.

    Pour en parler, il est préférable d’utiliser des formulations centrées sur soi qui favorisent l’écoute, sans pression, comme par exemple : "Je me sens un peu inquiet et j’aimerais qu’on en parle ensemble". Le ou la partenaire peut alors accueillir cette vulnérabilité avec du soutien. Ce type d’échange est essentiel pour un espace sécurisant où chacun pourra exprimer ses ressentis.

    Soutenir, écouter et réinventer l’intimité

    Une fois la parole ouverte, l’écoute active devient essentielle. Cela implique de laisser l’autre exprimer ses doutes, ses peurs ou sa honte éventuelle, sans interrompre ni minimiser. Éviter les reproches est fondamental, car la pression accentue le problème. On peut par exemple se tourner vers un langage d’équipe comme "Comment peut-on avancer ensemble ?" pour redonner un sentiment d’unité.

    Pour limiter la performance et la pression, il est possible d’explorer une intimité plus large avec des caresses, des massages, une proximité physique, ou même des échanges sensuels verbaux. En se libérant des objectifs, le plaisir revient souvent plus naturellement.

    Si nécessaire, il est possible de consulter un professionnel de santé, médecin traitant ou sexologue, pour comprendre les facteurs en jeu et trouver des solutions.

    En savoir plus : "Le sexe des hommes - L'érection sans tabou" d’Hélène Sussman et Ronald Virag.

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