Diabétologie
Diabète et précarité : un bon d’achat pour favoriser l’accès à des aliments sains
Donner un bon d'achat mensuel donnant accès à des aliments sains à des personnes diabétiques ayant des faibles revenus permet d’augmenter la consommation de fruits et légumes, mais pas d’améliorer le contrôle du diabète.
- Chinnapong/iStock
Le risque de décès lié au diabète est plus élevé chez les personnes à faible revenu et l’un des facteurs mis en avant pour expliquer les disparités de morbidité et mortalité évitables liées au diabète est le mode de vie, notamment le mode d’alimentation. En effet, la consommation d’aliments sains, comme les fruits et légumes qui sont susceptibles d’améliorer le contrôle glycémique, coûtent plus cher que ceux qui peuvent l'aggraver, comme les aliments ultratransformés.
Des bons d’achat mensuels
D’où l’idée de proposer des bons d’achats alimentaires donnant accès à des fruits et légumes et d’évaluer de façon rigoureuse l’impact de cette approche sur le contrôle du diabète. Un essai clinique randomisé, réalisé dans sept centres de Toronto, au Canada, a inclus un total de 390 patients (âge moyen 60 ans, 49% d’hommes). Ses résultats, publiés dans le JAMA International Medicine, sont en demi-teinte.
La moitié des patients (n=194) a reçu pendant 6 mois un bon d’achat mensuel de 65 dollars (plus élevé pour les familles nombreuses) pour faciliter l’accès aux fruits et légumes, l’autre moitié (n=196) n’a rien reçu. Au terme du suivi, les auteurs ne rapportent aucune différence significative quant au taux d’HbA1c entre les deux groupes (-0,18%, p =0,13), différence qui reste non significative après ajustement sur le taux d'HbA1c initial, l'âge, le sexe, la taille du ménage et l’état de santé ( −0,10 % p = 0,35). Les taux d’HbA1C sont passés en moyenne de 7,5% à 7,4% dans le groupe ayant bénéficié de bons d’achat et de 7,3% à 7,4% dans le groupe contrôle.
Plus de légumes et de fruits
Donner des bons d'achat a pourtant bien amélioré les consommations déclarées de légumes (44,7 % contre 21,5 % deux fois par jour ou plus), et de fruits (42,6 % contre 22,7 % deux fois par jour ou plus), l'insécurité alimentaire (différence de risque : -0,10 ) et l'état de santé général (odd ratio : 1,6 ). Mais pas l'insécurité financière, ni le taux de β-carotène ou d'acide ascorbique, critères également évalués dans cette étude.
Les bons d’achat alimentaires mensuels, sans être totalement inutiles, se sont ainsi montré insuffisants pour améliorer le contrôle du diabète chez les personnes en situation d’insécurité alimentaire. Déception donc, mais l’une des limites de l’étude est le caractère déclaratif de la consommation de fruits et légumes, qui a pu être surestimée par les personnes ayant reçu un bon d’achat. De plus, la durée de l’étude est peut-être également trop courte.











