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Hémorroïdes : traiter la douleur et prévenir la récidive

Publié le 24.02.2016
Mise à jour 24.02.2016
Hémorroïdes : traiter la douleur et prévenir la récidive
AH86/iStock

Douleurs de l’anus, boursouflure de la marge anale, sensations de brûlures, parfois saignements, la crise hémorroïdaire est une maladie bénigne, mais gênante. Elle cesse en quelques jours avec un traitement médical simple.

Hémorroïdes : COMPRENDRE

Des mots pour les maux
Le « prolapsus hémorroïdaire » est l'extériorisation intermittente ou permanente des hémorroïdes internes
La « thrombose hémorroïdaire » est un caillot de sang qui se forme dans une hémorroïde.
L'examen proctologique est un examen clinique complet de l'anus avec un appareil qui visualise le canal anal, « l'anuscope ».

Qu'est-ce qu’une hémorroïde ?

Les hémorroïdes sont des réseaux de vaisseaux présents à l'état normal dans la paroi du rectum et de l'anus. Il faut distinguer les « hémorroïdes internes » qui tapissent l'intérieur du canal anal, des « hémorroïdes externes » qui ne sont visibles à l'extérieur de l'anus que lors d'une crise hémorroïdaire.
Les hémorroïdes participent à la « continence », c'est-à-dire au bon fonctionnement du sphincter anal.
Dans le langage courant, on appelle hémorroïdes la « maladie hémorroïdaire » c'est-à-dire l'ensemble des troubles qui touchent ces vaisseaux.

Quelles sont les causes des hémorroïdes ?

Les hémorroïdes sont des affections très répandues. Leur survenue est favorisée par de nombreux facteurs : les troubles du transit intestinal (constipation ou diarrhée), la grossesse, l'accouchement, les périodes avant les règles, certains efforts physiques, la consommation d'alcool et de plats épicés.

Qu'est-ce qu'une marisque ?

C'est la transformation fibreuse d'une hémorroïde. C’est une forme de guérison naturelle. Elle se manifeste par un repli de peau saine de quelques millimètres à 1 cm qui pend sur le pourtour de l'anus. Elle n'est pas douloureuse et ne donne aucun symptôme.

Hémorroïdes : DIAGNOSTIC

Quand faut-il évoquer des hémorroïdes ?

La crise hémorroïdaire se manifeste souvent par une douleur qui peut être intense et d'apparition brutale. A l'entrée de l'anus, les hémorroïdes sont gonflées et visibles de l'extérieur. A l'intérieur du canal anal, la crise se manifeste par une sensation de tension et de brûlure. Ces signes douloureux disparaissent en quelques jours.
L'un des signes fréquents est le saignement. Il peut être minime, de quelques gouttes ou beaucoup plus abondant, de sang rouge, et pouvant même provoquer une anémie. Il survient souvent lors de l'émission de selles.
Le « prolapsus hémorroïdaire » correspond à l'extériorisation des hémorroïdes internes. Il survient parfois après une selle ou un effort. Généralement pas ou peu douloureux, il peut disparaître spontanément ou être rentré dans le canal anal avec le doigt.
La « thrombose » des hémorroïdes externes correspond à la formation d'un caillot de sang à l'intérieur d'une hémorroïde. Celle-ci étant une sorte de poche, le sang a tendance à y stagner. C'est une complication très douloureuse d'apparition brutale qui se manifeste par un gonflement bleuté à l'extérieur de l'anus.
Lorsque la maladie évolue pendant plusieurs années, les douleurs peuvent devenir très fréquentes avec des démangeaisons anales pénibles. La défécation peut être perturbée avec la survenue de sensations de faux-besoins.

Comment faire le diagnostic d'hémorroïdes ?

Les hémorroïdes externes ne posent pas de problème diagnostique car elles sont visibles de l'extérieur.
Les hémorroïdes internes sont examinées par le médecin, généralement gastro-entérologue, qui réalise un examen proctologique. Il introduit un « anuscope » dans le canal anal pour faire le diagnostic. Il n'y a pas d'autres examens à prévoir.

Avec quoi peut-on les confondre ?

Le cancer anal ou du rectum peut se manifester par un saignement, une douleur et une sensation de pesanteur. C'est donc le diagnostic que le médecin doit éliminer avant de poser le diagnostic d'hémorroïdes.
Une fissure anale ou un abcès sont aussi des affections qui peuvent être confondues avec des hémorroïdes.
Un examen avec un anuscope permet de visualiser les lésions et de faire le diagnostic.

Faut-il consulter en urgence ?

Les hémorroïdes ne nécessitent pas de soins en urgence. Mais l'intensité de la douleur en cas de thrombose hémorroïdaire peut conduire à consulter rapidement un médecin pour être soulagé.
La maladie hémorroïdaire est bénigne mais tout saignement anal répété doit faire consulter un médecin pour subir un examen proctologique. Le diagnostic doit alors être établi sans tarder pour éliminer une affection plus grave.

Hémorroïdes : TRAITEMENT

Quel est le traitement des hémorroïdes ?

• En l'absence de signes gênants, aucun traitement n'est nécessaire et les hémorroïdes peuvent souvent disparaître en quelques jours.
• Lorsque la crise hémorroïdaire est douloureuse, un traitement médicamenteux est nécessaire. Il faut d'abord traiter une éventuelle constipation par des laxatifs. Différents traitements veinotoniques en cure courte à forte dose sont disponibles pour soulager la douleur, soit médicaments (diosmine micronisée ou Daflon®), soit extraits de plantes. Ils peuvent être accompagnés par la prise de médicaments antidouleur (paracétamol) et anti-inflammatoires.
Localement, les pommades à la cortisone apportent un certain soulagement.
Ces prescriptions sont faites par le médecin traitant et suffisent dans la majorité des cas à soulager la crise en quelques jours.
• Si malgré les médicaments les troubles persistent, un traitement instrumental peut être proposé. Il est réalisé par un spécialiste proctologue, gastro-entérologue ou chirurgien. Plusieurs techniques sont disponibles avec ou sans anesthésie locale.
Les injections sclérosantes, l'électrocoagulation, la cryothérapie et les ligatures élastiques sont les techniques actuellement proposées. Il faut parfois répéter une à deux fois les séances. La disparition des signes concerne plus de deux personnes sur trois. Néanmoins les effets bénéfiques ont tendance à s'atténuer avec le temps.

Que faire en cas de thrombose hémorroïdaire externe ?

En cas de thrombose hémorroïdaire externe, la douleur est insupportable mais elle sera soulagée par un simple geste instrumental réalisé par un spécialiste : il est possible d'inciser l’hémorroïde qui contient le caillot pour enlever la thrombose et la douleur va passer.
Le problème est d’attendre le geste instrumental, mais il est possible de prendre des anti-inflammatoires non-stéroïdiens associés à des laxatifs. Une pommade à base d’un anesthésique local, la lidocaïne, peut permettre d’attendre le geste instrumental salvateur. Parfois, des médicaments antidouleur de type morphiniques sont nécessaires pour supporter la douleur, mais ils ont l’inconvénient de constiper, ce qui peut aggraver la douleur et faire prescrire des laxatifs en association.

Quand faut-il opérer les hémorroïdes ?

Après échec des traitements médicaux et instrumentaux, une intervention chirurgicale est souvent proposée. Elle nécessite une anesthésie générale. Plusieurs techniques opératoires existent.
L'hémorroïdectomie enlève toutes les hémorroïdes. C’est l'intervention classique mais elle entraîne des suites opératoires relativement douloureuses et une période de convalescence assez prolongée de l'ordre de trois semaines en moyenne.
• L'hémorroïdopexie est une chirurgie mini-invasive qui enlève seulement une partie du tissu hémorroïdaire.
Une autre technique chirurgicale peut être réalisée, la ligature artérielle hémorroïdaire sous contrôle Doppler, qui est une suture des zones d'afflux sanguin des hémorroïdes.
L'immobilisation est moins longue avec ces deux méthodes de traitement, environ une semaine, mais le risque de récidive est plus important qu'avec la chirurgie classique.

Hémorroïdes : PREVENIR

Que faire pour éviter la survenue d'une crise ?

Il faut lutter contre la constipation et la diarrhée prolongée.
L'adoption de règles de vie simple permet d'éviter les troubles du transit intestinal : pratiquer une activité physique régulière, boire de l'eau en quantité suffisante (pas moins de 1,5 litre par jour), manger des aliments riches en fibres tels que les légumes verts et les fruits, aller aux toilettes à heures fixes.
Si la constipation s'installe malgré ces mesures, il est conseillé de prendre des laxatifs pour rééduquer le transit intestinal.
La consommation d'alcool et d’aliments épicés est connue pour favoriser les hémorroïdes, de même que certains sports tels que le vélo et l'équitation.
Une toilette douce de la région anale peut être réalisée après chaque selle car les selles sont irritantes. Il suffit d’utiliser de l’eau sans savon, en humidifiant le papier toilette.

Hémorroïdes : PLUS D’INFOS

Les hémorroïdes en France
La maladie hémorroïdaire est courante chez l’adulte. On estime que plus d'une personne sur deux en souffre au cours de sa vie. La fréquence est identique pour les deux sexes. Rare chez l'enfant, la fréquence de l'affection augmente avec l’âge avec un maximum entre 40 et 60 ans.

Les liens des hémorroïdes

Le site de la Société Nationale Française de Colo-Proctologie
http://www.snfcp.org/maladies-et-malades/informations-grand-public/hemorroides-grand-public/index.phtml

Les liens Pourquoi Docteur

Constipation de l’adulte : une anomalie fréquente du transit intestinal

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