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Mal des transports : la rééducation de l’oreille interne marche contre la cinétose

Publié le 01.07.2016
Mise à jour 01.07.2016
Mots-clés :
Mal des transports : la rééducation de l’oreille interne marche contre la cinétose
AntonioGuillem/iStock

Le mal des transport, ou « cinétose » correspond à une discordance pour le cerveau entre les mouvements que voient les yeux et ceux du corps perçus via l’oreille interne.

Mal des transports (cinétose) : COMPRENDRE

Des mots pour les maux
Le mal des transports est également appelé « cinétose » ou « naupathie »

A quoi correspond le mal des transports ?

Le mal des transports est un malaise fréquent qui survient lors de l’utilisation de certains moyens de transports. Une personne sur 3 y est confrontée au moins une fois dans sa vie. Seuls les nouveau-nés et les personnes très âgées n’en souffrent quasiment jamais. En revanche, plus une personne est jeune, et d’autant plus si c’est une femme, plus le risque est grand.
Les nausées ou les vertiges sont déclenchés par les mouvements de la voiture ou du bateau. Ceux-ci provoquent un contraste entre les mouvements perçus par les yeux et ceux perçus par le système de l’équilibre, dans l’oreille interne : le « vestibule ». Au final, les informations qui sont normalement transmises à notre cerveau à partir des yeux et des centres de l’équilibre, sont discordantes, et celui-ci ne comprend plus ce qui se passe.
La voiture n’est pas le plus pire moyen de transport vis-à-vis de la cinétose : elle ne provoque que 3 à 5 % des malaises, contre 5 à 10 % pour l’avion, 25 à 30 % pour le bateau et, le top des malaises, plus de 50 % de nauséeux dans Soyouz ou la navette américaine.
L’homme n’est pas le seul à souffrir du mal des transports : chat, chien, cheval, vache souffrent de « cinétose », mais également, et ce qui est plus comique, le poisson, qui dans un aquarium placé sur un bateau, peut souffrir du mal de mer.

Quels sont les signes du mal des transports ?

Le mal des transports (ou « cinétose ») commence par une sensation de malaise général avec bâillements, salivation et manque d’appétit. Puis surviennent des nausées, souvent accompagnées d’une transpiration abondante et de vertiges. Ces troubles varient bien sûr dans leur nature et leur intensité en fonction des personnes.
Des vomissements vont survenir ensuite jusqu’à ce que l’estomac soit vide et, malheureusement, au-delà. En effet, même avec l’estomac vide, le mal des transports ne disparaît pas forcément et on peut continuer à ressentir des nausées et à vomir un liquide amer, jaunâtre et riche en sucs biliaires. Dans les cas plus graves, peut s’installer une déshydratation générale avec apathie et somnolence.
En général, le malaise et les nausées disparaissent à l’arrêt du véhicule ou quelques minutes après la sortie du véhicule. Ils peuvent, par ailleurs, s’atténuer avec la répétition des voyages et, au bout de deux à trois jours, en cas de déplacement prolongé.

Quelles sont les causes du mal des transports ?

Les causes de la « cinétose » sont complexes. L’organe de l’équilibre (le « vestibule ») dans l’oreille interne perçoit très rapidement les balancements, les roulis, les ralentissements et les accélérations du moyen de transport dans lequel la personne se trouve. Il va transmettre ces sensations du centre de l’équilibre dans l’oreille interne vers le cerveau qui est chargé de coordonner l’adaptation du corps. Malheureusement, les yeux et les autres récepteurs du mouvement dans les muscles et les articulations renvoient leurs propres informations sur le déplacement du corps dans l’espace, mais ces informations seront discordantes, puisque s’exprimant dans un véhicule en mouvement. Le cerveau reçoit donc en peu de temps des messages en partie contradictoires, qu’il ne peut traiter correctement.
L’anxiété, la fatigue, le froid ou être à jeun peuvent favoriser le mal des transports.

Quels sont les risques du mal des transports ?

Le risque majeur avec le mal de mer, c’est la déshydratation secondaire aux vomissements et à l’impossibilité de garder les boissons dans son estomac.
Cela peut être assez vite sérieux, d’autant que les vomissements sont riches en sels minéraux, alors que l’eau que l’on boit n’en apporte que très peu : ceci peut conduire à un déficit de certains sels minéraux, qui aggrave les problèmes du déficit hydrique. Il vaut mieux boire au minimum de l’eau sucrée et si possible manger un peu.

Mal des transports (cinétose) : QUE FAIRE ?

Que faire en cas de mal des transports ?

Il ne faut pas attendre trop tard pour proposer un arrêt de la voiture et prendre un peu d’air car le mal des transports évolue en plusieurs phases : d’abord sensation de malaise et nausées, puis vomissements.
Ensuite, il existe des petits moyens :
• Avant le voyage, il faut s’alimenter pour ne pas avoir l’estomac vide, mais il faut éviter les repas copieux.
• En général, il est préférable de s’allonger pour réduire au maximum les mouvements qui vont déclencher le mal des transports.
• En voiture, il faut privilégier la place devant, à côté du conducteur et regarder loin, droit devant.
• Dans le train ou sur le bateau, il vaut mieux s’asseoir dans le sens de la marche (certaines personnes se sentent mal quand elles sont installées dans le sens contraire), et il faut choisir une place près de la fenêtre pour regarder le paysage au loin. Tant que les yeux perçoivent le déplacement, le mal se manifeste moins rapidement.
• En bateau, il faut éviter de rester à l’intérieur et les espace confinés et se rapproche du centre du bateau qui est l’endroit qui bouge le moins.
• Il faut en règle générale, éviter de lire, d’écrire ou de regarder une console de jeux ou la télévision.
• Il faut boire sucré de temps en temps pendant le trajet, et essayer de contrôler sa respiration en respirant et expirant profondément.
L’efficacité des bracelets contre le mal des transports n’a jamais été prouvée. Ils sont supposés faire pression sur un point d’acupuncture qui préviendrait les nausées.

Quand faut-il consulter un médecin ?

Il faut consulter un médecin dans les jours qui suivent si les nausées et les vomissements continuent, plusieurs heures après la fin du voyage, ou si les nausées et les vomissements sont systématiques à chaque voyage, empêchant un déplacement nécessaire.

Existe-t-il des médicaments contre le mal des transports ?

Ces médicaments s’appellent des « antiémétiques ». Avant le départ, pour prévenir le mal des transports, il est possible de prendre un médicament de la famille des antihistaminiques H1, par exemple dimenhydrinate (Mercalm®, Nausicalm®) ou diphénhydramine (Nautamine®).
Il est aussi possible de prendre de la metopimazine (Vogalib®) qui est en vente libre. La prise doit s’effectuer une demi-heure à une heure au moins avant le départ. Elle peut être renouvelée au cours du voyage en respectant un intervalle d’au moins six heures entre les prises. Ces médicaments antihistaminiques sont contre-indiqués en cas de risque de glaucome de l’œil à angle fermé ou de risque de blocage des urines (en cas d’adénome de la prostate). Ils peuvent être à l’origine d’une somnolence plus ou moins intense selon les personnes.
La scopolamine en patch (dispositif transdermique = Scopoderm®) à coller derrière l’oreille est un antiémétique de type atropinique qui est disponible sur ordonnance et qui est réservé à l’adulte. Il doit être appliqué la veille au soir pour un départ matinal ou le plus longtemps possible avant le départ (entre six et douze heures) et gardé pendant tout le voyage (en le renouvelant éventuellement).

Y a-t-il des traitements alternatifs contre le mal des transports ?

L’homéopathie donne de bons résultats d’après certains mais, en se traitant avant, pendant et après le voyage, il est probable que cela se transforme en vraie psychothérapie.
Lorsque les astuces de grand-mère ne fonctionnent pas, et que les médicaments habituels ne font aucun effet, un programme de rééducation donne de très bons résultats.
Il se pratique dans certains services hospitaliers spécialisés dans les troubles de l’équilibre, mais aussi chez des kinésithérapeutes vestibulaires. On les appelle ainsi car ils sont spécialistes dans le traitement des affections qui touchent le vestibule, cette petite partie de l’oreille interne qui est en quelque sorte l’ordinateur central de notre équilibre. Même s’il est quasiment impossible d’expliquer pourquoi un tel souffre du mal de mer et un tel ne ressent aucun signe lorsque le bateau tangue, ce que l’on sait, c’est que l’origine de ce mal se trouve dans l’oreille et que l’on peut la rééduquer.
Des séances de rééducation qui peuvent être remboursées par la sécurité sociale à partir du moment où le médecin prescripteur note clairement « rééducation vestibulaire » sur l’ordonnance. Les résultats sont durables, mais cette méthode est efficace pour 3 personnes sur 4. Quelques malades restent réfractaires.

Mal des transports (cinétose) : PLUS D’INFOS

Le mal des transports en France

Le mal des transports est une maladie fréquente, qui concerne 3 millions de Français régulièrement.
Une personne sur 3 y est confrontée au moins une fois dans sa vie.

Les liens du mal des transports

Le site Wikipédia sur le mal des transports
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mal_des_transports

Les liens Pourquoi Docteur

Le mal des transports vaincu par la rééducation
Des solutions contre le mal de mer
Les voitures sans chauffeur donnent la nausée

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