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Allergies alimentaires : elles ont doublé en quelques années

Publié le 31.10.2018
Mise à jour 31.10.2018
Allergies alimentaires : elles ont doublé en quelques années
© 123RF-katyjay

La fréquence des allergies alimentaires va croissant et doit conduire à l’identification des aliments en cause pour éviter les complications.

Allergie alimentaire : COMPRENDRE

Les mots

L’allergie alimentaire peut déclencher un œdème de Quincke ou, plus grave, un choc anaphylactique, qui nécessite d’appeler le SAMU, le 15.
Des tests cutanés permettent d’identifier le ou les aliments en cause.
La suppression de l’aliment est le meilleur traitement à condition de bien savoir lire les étiquettes car il peut être en quantité minime, mais toujours aussi allergisant.

Qu’est-ce qu’une allergie alimentaire ?

L’allergie alimentaire est un ensemble de réactions immunitaires exagérées le plus fréquemment au niveau de la peau ou du tube digestif, survenant après l’ingestion d’un aliment particulier. Cet aliment est normalement inoffensif pour l’organisme, mais peut déclencher une allergie dans certaines circonstances.
En cas d’allergie à un aliment, le système immunitaire de l’intestin réagit rapidement en provoquant des symptômes inflammatoires très divers. Cette réaction « allergique » s’organise en 2 temps : 
- le premier contact avec l’aliment ne donne aucun signe, mais il entraîne une « sensibilisation » et la production d’anticorps dirigés contre lui. Ceux-ci se fixent sur certains globules blancs qui participent à la défense de l’organisme : les mastocytes.
- lors du second contact avec l’allergène, les mastocytes sont stimulés et libèrent immédiatement et en grande quantité des substances normalement impliquées dans la réaction immunitaire normale, comme l’histamine. Cette libération massive va causer des signes inflammatoires locaux, mais aussi dans tout le reste de l’organisme.

Quels sont les aliments le plus souvent en cause ?

Tous les aliments sont capables de provoquer une allergie alimentaire chez les individus hypersensibles. De plus, outre des aliments, l’allergie peut être liée à des additifs alimentaires. La présence de ces substances dans les produits commercialisés est mentionnée sur leurs étiquettes. C’est pourquoi il est important de les lire attentivement en cas d’allergie à un constituant bien identifié.
Certains aliments sont plus souvent que d’autres à l’origine d’allergie alimentaire.
• Les aliments responsables chez l’enfant sont par ordre de fréquence : le blanc d’œuf, puis l’arachide, et en troisième position, le lait de vache.
• Puis viennent :
- les légumineuses : soja, pois, haricot, lentille, fève,
- le poisson
- le « groupe noix » : amande, noisette, noix, noix du Brésil, noix de cajou, noix de pécan, pignon, pistache
- le « groupe latex » : avocat, banane, châtaigne, kiwi
- les céréales
- les « ombellifères » : aneth, carotte, céleri, coriandre, fenouil, graines d’anis, persil.
Les principaux aliments responsables d’allergies chez l’adulte sont par ordre de fréquence :
• en premier, le groupe « rosacées » (pomme, cerise, poire, pêche, prune, abricot),
• en deuxième, le groupe « latex »,
• et en troisième, le groupe « ombellifères ».
• Puis viennent le « groupe noix »  et enfin :
- les céréales
- l’arachide
- l’œuf
- les légumineuses : Soja, pois, haricot, lentille, fève
- le poisson
- le lait

Est-ce qu’une allergie alimentaire peut être grave ?

La manifestation la plus grave de l’allergie alimentaire est le « choc anaphylactique » qui nécessite un traitement en urgence. Il débute souvent par une sensation de malaise, avec des démangeaisons, suivies d’une urticaire de la peau (rougeur et démangeaisons) et d’une gêne respiratoire.
Parfois une perte de connaissance associée à une chute de tension brutale peut survenir. Il s’agit d’une véritable urgence vitale qui nécessite l’appel du SAMU pour une prise en charge immédiate (appel du 15 ou du 112).

Quelle est la différence entre allergie et intolérance alimentaire ?

Il ne faut pas confondre une allergie alimentaire avec une intolérance alimentaire.  Par exemple, une intolérance au lactose, le sucre présent dans le lait, provoque des gaz, des douleurs abdominales, une diarrhée, dont la caractéristique est qu’ils apparaissent progressivement. En revanche, des symptômes d’allergie surviennent immédiatement  après l'ingestion de l'aliment en cause.
Une autre cause d’erreur peut survenir lors de la prise d’aliments riches en « histamine » ou en « tyramine ». Ces substances se trouvent en abondance dans de nombreux aliments comme le poisson, les fromages fermentés, les salaisons ou dans le chocolat. Certaines personnes n’ont pas assez d’enzymes chargées de les dégrader, donc ces substances s’accumulent dans l’organisme et peuvent provoquer des symptômes voisins de ceux de l’allergie, souvent cutanés comme l’eczéma et, moins fréquemment, des signes respiratoires (comme un asthme).
L’intolérance au gluten (ou maladie cœliaque) est une maladie intestinale chronique d’origine auto-immune, avec des symptômes digestifs qui s’installent dans la durée.

Allergie alimentaire : DIAGNOSTIC

Quand faut-il penser à une allergie alimentaire ?

L’apparition des signes est en général rapide après l’absorption de l’aliment variant de quelques minutes à 4 heures. Mais, en cas d’eczéma  et de signes digestifs, les signes sont permanents ou apparaissent dans des délais pouvant aller jusqu’à quelques jours après la consommation de l’aliment.
Les signes suivent le plus souvent la consommation de l’aliment, mais apparaissent parfois à son inhalation, ou par contact direct de l’aliment sur la peau (ou par contact avec des cosmétiques contenant des protéines alimentaires).
Chez l’enfant et le nourrisson, les signes sont variés, puisqu’il peut s'agir d'une rhinite, d'un asthme, d'une urticaire localisée ou généralisée (parfois associée à un œdème), de poussées d’eczéma atopique (peau sèche et rouge avec démangeaisons chroniques), de troubles digestifs peu significatifs (douleurs abdominales associées à des coliques et à des pleurs fréquents, reflux gastro-œsophagien du nourrisson, constipation, vomissements, diarrhées avec perte de poids). Il faut penser à une réaction allergique devant de tels signes banaux surtout si l’un des parents est allergique. En cas de vomissement et de diarrhée, il est important de s’assurer qu’il n’y ait pas de perte de poids.
Chez l’adulte, l’allergie peut se manifester par des démangeaisons au niveau du palais et de la gorge, avec un gonflement des lèvres (apparaissant souvent après la consommation de fruits crus allergènes), une urticaire, une crise d’asthme, une rhinite allergique, des manifestations digestives (douleurs abdominales ou diarrhées).
Une allergie alimentaire marquée peut aussi causer des symptômes plus graves avec œdème de la face et des voies aériennes supérieures (« œdème de Quincke »), ou un « choc anaphylactique » (malaise avec signes allergiques et hypotension artérielle avec perte de connaissance). Ce dernier est beaucoup plus fréquent chez l’adulte et se produit après l’ingestion d'aliments allergènes (contenant le plus souvent de la farine de blé et/ou des épices), suivi d'une activité sportive (jogging, endurance, danse, etc.).

Comment fait-on le diagnostic d’allergie alimentaire ?

La plupart du temps, seul un allergologue peut effectuer un diagnostic précis. Ce diagnostic est basé sur l’interrogatoire clinique et il est complété par des tests cutanés. Dans certains cas, des examens sanguins peuvent être nécessaires.
La reproduction de signes allergiques à un moment donné ainsi que l’histoire du malade (antécédents personnels ou familiaux d’allergie) permettront au médecin d’évoquer l’origine allergique des symptômes.
L’enquête alimentaire catégorielle permettra d’avoir une vue d’ensemble de tous les aliments ingérés pendant une semaine et de suspecter un certain nombre d’aliments allergisants. Ce sont les tests cutanés (ou « Prick-test ») qui permettront souvent d’identifier le, ou les, aliments responsables.
Un « test de provocation orale » (TPO) permettra de différencier une simple sensibilisation d’une véritable réaction allergique.

Allergie alimentaire : TRAITEMENT

Comment traite-t-on une allergie alimentaire ?

Le seul traitement de l’allergie alimentaire est le « régime d’éviction », c’est-à-dire la suppression  de toute forme de l’aliment identifié par les tests d’allergie. Dans certains cas, c’est un long processus car il faut apprendre à reconnaître les allergènes même masqués (dans les préparations industrielles, par exemple), à décrypter les étiquettes, à savoir à quoi correspondent certains codes ou appellations et à éviter aussi les médicaments ou cosmétiques qui pourraient en contenir.
L’intervention d’un spécialiste (diététicien, nutritionniste) peut être nécessaire car une éviction abusive peut engendrer carences et déséquilibres.
Pour les enfants ayant une allergie alimentaire, il existe dans les écoles ce qu’on appelle un Projet d’Accueil Individualisé (PAI) qui permet, en associant les parents, le médecin et l’école d’assurer l’accueil de l’enfant allergique en lui proposant des repas adaptés.

Comment évolue une allergie alimentaire ?

L’allergie alimentaire inaugure le plus souvent la carrière de l’allergique. Elle survient généralement tôt, parfois dès les premiers mois de la vie, mais avec une fréquence maximale entre 1 et 3 ans. Une allergie alimentaire peut en cacher une autre ou en provoquer d’autre.
L’évolution dépend de l’âge et de l’aliment en cause :
• Lorsque les signes allergiques apparaissent chez les bébés (lait de vache), l’allergie disparaît dans 80 % des cas vers l’âge d’un à deux ans.
• Si l’œuf est responsable de l’allergie, celle-ci guérit d’elle-même chez 60 % des enfants concernés autour de trois ans.
• Si l’arachide, les oléagineux, les poissons et/ou les crustacés sont en cause,  l’allergie disparaît beaucoup moins fréquemment.
• Si elle apparaît chez l’adulte, elle est le plus souvent durable.

Allergie alimentaire : PLUS D'INFOS

Les allergies alimentaires en France

Les allergies alimentaires touchent plus de 3% de la population (adultes et enfants) en France, soit près de deux millions de personnes. Les enfants sont 3 fois plus touchés que les adultes. L’allergie alimentaire concerne 5 à 7 % des enfants âgés de moins de 15 ans. L’allergie alimentaire est en augmentation.

 

Les liens des allergies alimentaires

Le site de la caisse nationale d’assurance maladie

http://www.ameli-sante.fr/allergies-alimentaires/allergie-alimentaire-definition-declenchement-et-evolution.html

Le site de l’Association Française pour le Prévention des Allergies

http://allergies.afpral.fr/

Le site de l’Association Française des Personnes Atteintes de Dermatite Atopique

http://www.afpada.net/

 

Les liens Pourquoi Docteur

L'affichage des allergènes alimentaires bientôt obligatoire

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Cacahuètes : les introduire tôt mais sous contrôle médical

 

Les vidéos de l’allergie alimentaire sur Youtube

 
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