Rhumatologie

Arthrose du genou : perte de poids et exercice physique peuvent se faire en ville

Dans la gonarthrose, une stratégie de réduction du poids et de développement de l’activité physique réalisée en ambulatoire, en utilisant uniquement les ressources locales disponibles, permet de réduire la douleur et d’améliorer la fonction articulaire de patient en surpoids ou obèses.

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  • 21 Nov 2022
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    De nombreuses organisations de soins qui traitent les personnes souffrant d'arthrose du genou n'ont pas d'infrastructure disponible pour mettre en œuvre des traitements de perte de poids et d'exercice physique.

    Dans l'étude WE-CAN (Weight Loss and Exercise for Communities With Arthritis in North Carolina), un essai pragmatique randomisé, les patients en surpoids ou obèses et souffrant d'arthrose du genou peuvent objectivement réduire leur douleur grâce à des programmes de régime diététiques et d'exercice physiques menés dans des centres de loisirs, des gymnases locaux, des centres de fitness et d'autres lieux proches de chez eux.

    Ces résultats, présentés lors du congrès annuel 2022 de l'American College of Rheumatology, montre que ce type de programme, jusqu’ici testé avec succès en recherche, est susceptible de marcher en ville, sans structure de soin dédiée.

    Transposer la recherche en ville

    L'étude WE-CAN s'inspire de l'essai « Intensive Diet and Exercise for Arthritis », qui avait montré que les adultes ayant suivi un programme de régime diététique et d'exercice physique pendant 18 mois perdaient plus de poids et réduisaient davantage les niveaux d’interleukine-6 que les patients qui faisaient de l'exercice seul.

    Avec l'essai WE-CAN, Stephen Messier et ses collègues (Wake Forest University) ont poussé l'intervention un peu plus loin, en randomisant 823 adultes en surpoids ou obèses (IMC ≥ 27 kg/m2) et souffrant d'arthrose du genou, soit dans un groupe d'intervention régime diététique et exercice physique de 18 mois (groupe D + E), soit dans un groupe contrôle (groupe C) recevant des conseils diététiques consistant en cinq réunions d'une heure en face-face sur 18 mois, plus de l'information régulière et des sessions téléphoniques un mois sur deux.

    Réduction significative de la douleur

    La différence de poids corporel moyen à 18 mois entre les groupes D+E et C est de 10,9 kg (10,8%) contre 2,7 kg (2,7%), différence de 8,6 ; IC à 95%, 5,4 à 11,9, p< 0.0001. La douleur moyenne à 18 mois (WOMAC) est significativement moins importante dans le groupe D+E vs C (4,9 vs 5,5 ; différence ajustée, -0,6 ; IC à 95%, -1,0 à -0,1 ; p=0.025).

    Le groupe D+E a également une amélioration significative de la fonction WOMAC (16,4 vs 19,7 ; différence ajustée, -3,3 ; IC à 95%, -4,9 à -1,7 ; p<0,0001), une distance de marche sur 6 minutes supérieure (419 m vs 376 m ; différence ajustée, 43 ; IC à 95%, 31 à 55 ; p<0,0001) et une qualité de vie SF-36 liée à la santé physique supérieure par rapport au groupe C (41,3 vs 37,5 ; différence ajustée, 3,8 ; IC à 95%, 2,5 à 5,2 ; p<0,0001).

    Un protocole adapté à la ville

    La composante exercice physique consistait en une séance de marche de 15 minutes, suivie d'une séance de musculation de 20 minutes, et se terminait par une seconde séance de marche de 15 minutes.

    L'objectif du régime alimentaire était une perte de poids de 10% ou plus, aidée par la distribution de recettes hypocaloriques pour produire un régime hypocalorique au choix du patient, avec la possibilité d'inclure de la poudre nutritionnelle pour faire des « shakes » hypocaloriques en remplacement des repas, à raison d'un ou deux par jour pendant les 6 premiers mois, avec la possibilité d'un par jour pendant les mois restants.

    Les composantes pragmatiques comprenaient l'utilisation d'installations publiques et privées existantes dans des comtés urbains et ruraux de Caroline du Nord, des critères d'inclusion larges, des résultats centrés sur le patient, l'utilisation de personnel ambulatoires pour administrer le traitement, des non-médecins formés par les médecins de l'étude pour effectuer des examens du genou, et divers moyens de communication.

    Une arme contre les douleurs d’arthrose

    Parmi les participants souffrant d'arthrose du genou, de surpoids et d'obésité, 18 mois de régime alimentaire et d'exercices physiques dispensés dans un cadre ambulatoire non spécifique permettent de réduire de manière significative la douleur du genou par rapport à un groupe témoin (WOMAC). Par rapport au groupe témoin, le régime diététique et l'exercice physique entraînent une réduction statistiquement significative mais modeste de la douleur. Les patients du groupe régime et l'exercice ont 20% plus de chance d'atteindre une amélioration cliniquement importante de 2 points sur l’échelle WOMAC de la douleur.

    Cet essai ambulatoire, qui comportait peu de critères d'exclusion en raison de sa conception pragmatique, permet néanmoins des réductions du poids et de la douleur au genou similaires à celles obtenues lors d'essais de recherche antérieurs sur l'arthrose du genou et la perte de poids, menés jusqu’ici dans des centres universitaires. Selon les auteurs, cette étude fournit un modèle pour la mise en œuvre en ambulatoire et dans des structures disponibles localement d'une stratégie de traitement efficace.

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    JDF