Urologie/ESMO

Cancer de la vessie : amélioration de la survie globale avec l'association durvalumab et enfortumab védotine

Les résultats de l'essai de phase III Volga démontrent un bénéfice net et statistiquement significatif pour la stratégie combinant durvalumab et enfortumab védotine dans le cancer de la vessie infiltrant le muscle inéligibles à une chimiothérapie à base de cisplatine ou la refusant. Malgré des effets secondaires fréquents, l'administration préopératoire n'a pas retardé le calendrier chirurgical ni augmenté la fréquence des complications opératoires.

  • Elena MerkulovaiStock
  • 30 Octobre 2026
  • A A

    Quelle stratégie alternative peut-on proposer aux patients traités pour un cancer de la vessie infiltrant le muscle inéligibles à une chimiothérapie à base de cisplatine ou la refusant ? L'essai clinique international de phase III VOLGA  publié le 24 octobre 2026 dans The New England Journal of Medicine lien  et présenté le même jour dans le cadre de l'ESMO s'est penché sur cette population en évaluant une nouvelle stratégie périopératoire auprès de 695 patients répartis dans 289 centres à travers 25 pays. L'objectif était de déterminer l'efficacité d'une séquence thérapeutique combinant un anticorps conjugué ciblé, l'enfortumab védotine, et une immunothérapie par durvalumab, administrés en néoadjuvant pendant trois cycles avant la cystectomie radicale, puis poursuivis par neuf cycles de durvalumab en adjuvant. Une deuxième branche de l'étude évaluait l'ajout d'une seconde immunothérapie, le trémélimumab, tandis qu'un groupe témoin bénéficiait de la chirurgie seule suivie d'une simple observation.

    La survie sans événement s'élève à 63,5% dans le bras durvalumab et enfortumab védotine

    Les résultats démontrent un bénéfice net et statistiquement significatif pour la stratégie combinant durvalumab et enfortumab védotine. À vingt-quatre mois, la survie sans événement s'élève à 63,5 % dans le bras durvalumab et enfortumab védotine contre 45,1% dans le groupe témoin, ce qui correspond à une réduction du risque de progression, de récidive ou de décès de 49%, avec un rapport de risque de 0,51. De plus, l'analyse anatomopathologique a révélé un taux de réponse complète de 45,1% chez l'ensemble des patients traités par le doublet, contre seulement 9,6% dans le bras contrôle, ce taux grimpant même à 53% chez les patients ayant effectivement subi la cystectomie. Cette réponse tumorale profonde s'est traduite par une amélioration marquée de la survie globale à vingt-quatre mois, atteignant 78,4% avec le doublet contre 69,4% pour la chirurgie seule, soit une diminution de 42% du risque de décès, avec un rapport de risque de 0,58.

    Une toxicité substantielle mais gérable

    Sur le plan de la tolérance, la toxicité s'est avérée substantielle mais gérable. Des événements indésirables de grade trois ou supérieur sont survenus chez 71,1% des patients recevant le durvalumab et l'enfortumab védotine, dont 30,7%  étaient directement liés au traitement. Les effets secondaires les plus caractéristiques de l'anticorps conjugué comprenaient des réactions cutanées chez 48,7% des patients et une neuropathie périphérique chez 17,5% d'entre eux, cette dernière restant presque exclusivement de grade un ou deux. Un décès lié au traitement par défaillance multiviscérale a été déploré dans ce bras, soit 0,4% de la cohorte. Malgré ces effets secondaires, l'administration préopératoire n'a pas retardé le calendrier chirurgical ni augmenté la fréquence des complications opératoires à quatre-vingt-dix jours par rapport au groupe témoin, permettant de maintenir la qualité de vie globale des patients.

    Ces données confirment le rôle central des associations combinant immunothérapie et anticorps conjugués pour les patients non éligibles au cisplatine. Et démontrent l'inutilité de la triple thérapie. L'ajout du trémélimumab n'a apporté aucun gain supplémentaire en survie sans événement ou en réponse pathologique, tout en augmentant la toxicité globale à 79,5% d'événements de grade trois ou plus, en étant à l'origine de cinq décès liés au traitement, soit 2,2%, et en échouant à démontrer une amélioration significative de la survie globale, avec un rapport de risque de 0,77 %. Enfin, on peut souligner l'intérêt d'avoir limité l'enfortumab védotine à trois cycles préopératoires sans ré-administration adjuvante, une approche courte qui permet d'obtenir plus de 50% de réponses complètes tout en évitant les toxicités nerveuses cumulatives.

     

     

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