Onco-Thoracique
CBPC : avec l'essai IDeate-Lung01, la survie est optimisée au prix d'effets secondaires graves.
En seconde ligne chez les patients traités par un cancer du poumon à petites cellules, un nouveau traitement a permis d'observer une médiane de survie globale de 10,3 mois Mais des effets indésirables graves ont été
- Ilya Lukichev/iStock
Le Cancer du Poumon à Petites Cellules (CBPC) est une pathologie au pronostic sombre. La majorité des patients connaitront une progression de leur maladie dans les 6 mois après l’initiation du traitement de première ligne par chimiothérapie-immunothérapie. En seconde ligne, la prise en charge n’est pas standardisée, et le traitement proposé peut être le topotecan, le lurbinectidin, ou un rechallenge par platine en cas de pathologie initialement sensible. Le tarlatamab, une immunothérapie bispécifique rapprochant les lymphocytes T des cellules tumorales exprimant le DLL3, a montré des résultats intéressants en seconde ligne et un essai de phase 3 est en cours.
L’essai IDeate-Lung01
IDeate-Lung01 est un essai de phase II multicentrique, international, qui a proposé l’ifanatamab-deruxtecan à des patients atteints d’un CBPC préalablement traité d’au moins une ligne de chimiothérapie à base de platine.
Le critère de jugement principal était le taux de réponse objective. Dans cette étude monobras, la dose administrée état de 12 mg/kg toutes les 3 semaines.
L’ifanatamab-deruxtecan, est un anticorps-drug conjugué ciblant le récepteur transmembranaire B7-H3 associé au deruxtecan (inhibiteur de la topoisomérase I), ayant une action cytotoxique une fois relargué en intracellulaire de la cellule ciblée.
Au total, 137 patients ont reçu la dose de 12 mg/kg, et ce sont les résultats de ce groupe de traitement qui sont présentés ici. Le taux de réponse objective par un comité de relecture indépendant était de 48,2 % [IC95 % : 39,6-56,9] et la durée médiane de réponse était de 5,3 mois [IC95 % : 4,0-6,5]. Il n’a pas été trouvé de corrélation entre le taux d’expression du B7-H3 et le taux de réponse.
La durée médiane de PFS était de 4,9 mois [IC95 % : 4,2-5,5], et la médiane d’OS était de 10,3 mois [9,1-13,3]. Le taux de survie globale à 3,6 et 9 mois était respectivement de 89,1 %, 77,4 % et 77,4 %.
La réponse au traitement ne semblait pas différente selon la séquence thérapeutique reçue précédemment.
Mais... des évènements indésirables...
Concernant la tolérance, 37 % des patients ont présenté un évènement indésirable relié au traitement de grade >= 3. Ces évènements indésirables étaient en ordre décroissant : la neutropénie (13,9 %), la lymphopénie (12,4 %) et l’anémie (10,2 %), donc principalement des toxicités hématologiques. Il a été aussi rapporté que 10 % des patients ont dû interrompre le traitement pour pneumopathie interstitielle, et 4 % des patients sont décédés pour cause imputable au traitement expérimental.
Conclusion
L’ifanatamab-deruxtecan montre une efficacité claire en terme de survie globale chez des patients au pronostic sombre précédemment traités, avec cependant une toxicité hématologique et surtout un risque de décès et de pneumopathie interstitielle non négligeable, nécessitant une vigilance accrue.
L’essai de phase III, IDeate-Lung02 (NCT06203210), proposant l’ifanatamab-deruxtecan versus traitement au choix de l’investigateur en deuxième ligne du CBPC métastatique est en cours et ouverte depuis Mai 2024. Une fin d’étude est attendue pour Février 2029. L’ifanatamab-deruxtecan est aussi en cours d’évaluation en 1ère ligne métastatique associé à l’atezolizumab (anti PDL1) associé ou non à une chimiothérapie à base de platine dans un essai de phase I / II (IDeate-Lung03, NCT06362252).
Ces différents essais montrent l’importance croissante du développement de thérapies innovantes dans la prise en charge du CBPC dont nos patients pourront probablement bénéficier.











