Animaux

Les dauphins aussi peuvent avoir la maladie d'Alzheimer

Le cerveau de trois espèces de dauphins échoués ont été étudié par des scientifiques écossais. Ils ont observé chez ces animaux marins les signes classiques de la maladie d'Alzheimer humaine.

  • Par Rafaël Andraud
  • slowmotiongli/iStock
  • 20 Déc 2022
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    Des chercheurs ont analysé les cerveaux de trois espèces de dauphins échoués. Ces derniers ont présenté les marqueurs classiques de la maladie d'Alzheimer humaine, selon les résultats de leur étude publiés dans l’European Journal of Neuroscience.

    L’équipe de chercheurs, composée de membres des universités écossaises de Glasgow, de St Andrews, d'Édimbourg et du Moredun Research Institute, a étudié le cerveau de 22 odontocètes (les espèces de cétacés munis de dents, comme le dauphin ou le cachalot, par opposition aux mysticètes, les cétacés à fanons comme la baleine), qui s'étaient tous échoués dans les eaux côtières écossaises. Ceux-ci comprenaient cinq espèces différentes : les dauphins de Risso, les globicéphales noirs, les dauphins à nez blanc, les marsouins communs et les grands dauphins.

    La maladie d'Alzheimer toucherait aussi le cerveau des dauphins

    Les scientifiques y ont recherché les caractéristiques de la maladie d'Alzheimer, y compris la formation de plaques bêta-amyloïdes, l'accumulation de phospho-tau et la gliose (un changement du nombre de cellules en réponse à des lésions du système nerveux central). Les résultats révèlent que le cerveau de tous les animaux âgés étudiés présentaient des plaques bêta-amyloïdes.

    Parmi eux, trois animaux en particulier - chacun d'une espèce différente - avaient des plaques bêta-amyloïdes ainsi qu'un certain nombre d'autres signes liés à la démence dans leur cerveau, montrant que certaines espèces de cétacés peuvent aussi développer une maladie de type Alzheimer.

    Une explication au phénomène des groupe de dauphins échoués ?

    Ces résultats peuvent fournir une explication possible à certains événements d'échouage mystérieux chez les cétacés. Les auteurs de l'étude soulignent que ces résultats pourraient soutenir la théorie du "chef malade", selon laquelle un groupe d'animaux, alors qu’ils sont en bonne santé, peuvent se retrouver dans des eaux dangereusement peu profondes après avoir suivi un chef de groupe devenu confus ou perdu à cause de la maladie d’Alzheimer.

    Les auteurs de l’étude soulignent malgré tout que des recherches supplémentaires doivent être menées pour mieux comprendre ce qui arrive à ces animaux et pour confirmer s’il s’agit bien de la même maladie d’Alzheimer qui touche les humains.

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    JDF