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Dermatologie

Mélanome stade III : bénéfices durables d’une bithérapie ciblée

Les résultats à 5 ans de l’étude Combi-AD confirment le maintien dans le temps des bénéfices d’une thérapie ciblée adjuvante (anti-BRAF et anti-MEK) par l’association dabrafénib/tramétinib sur la survie sans récidive et sans métastases.

  • Par le Dr Isabelle Hoppenot
  • Ocskaymark/istock
  • 07 Sep 2020
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    Chez les patients atteints d’un mélanome de stade III et à haut risque de récidive après résection complète, les traitements adjuvants font aujourd’hui partie intégrante de la stratégie thérapeutique. Toutefois, leurs bénéfices à long terme n’étaient jusqu’alors pas très bien connus, faute de recul suffisant.

    C’est désormais chose faite pour la combinaison inhibiteur BRAF V600/MEK (dabrafénib/tramétinib), avec la publication dans le NEJM des résultats à 5 ans de l’étude Combi-AD. Cet essai de phase III multicentrique international avait randomisé 870 patients porteurs de mutations BRAF V600E ou V600K pour recevoir l’association dabrafénib/tramétinib ou un double placebo pendant 12 mois.

    Baisse de moitié des récidives et des décès

    Au terme d’un suivi moyen de 60 mois pour le bras traitement actif et 58 mois pour le bras placebo, le taux de survie sans récidive a été respectivement de 52% et 36% (OR pour la récidive ou le décès 0.51; IC 95% 0,42-0,61). Les pourcentages de patients vivants sans métastase à distance étaient respectivement de 65 % et de 54 % (OR 0.55; IC 95% 0,44-0,70). Les auteurs rapportent un taux similaire d’effets secondaire sévères dans les deux bras de traitement tout au long du suivi.

    L’analyse des courbes, qui atteignent un plateau après 3 ans environ, suggère que les bénéfices de l’association dabrafénib/tramétinib sont plus liés à un impact sur le risque de survenue d’une récidive que sur le délai à la récidive, ce qui avait d’ailleurs été déjà souligné dans des études antérieures, indiquent les auteurs dans leur publication.

    D’autres études en cours

    Les effets de ce traitement adjuvant ciblés sur la survie globale restent à établir par un suivi plus prolongé. On attend aussi bien sûr les résultats à plus long terme des études évaluant les immunothérapies anti-PD1 chez des patients avec ou sans mutations BRAF V600 : KEYNOTE-054 (pembrolizumab vs placebo), dont les données actualisées à 3 ans ont été présentées à l’occasion du dernier congrès de la Société américaine d’oncologie clinique (ASCO),  et Checkmate 238 (nivolumab versus ipilimumab), dont les résultats à 3 ans, également positifs, avaient été présentés au congrès de la Société européenne d’oncologie médicale (ESMO) à l’automne dernier .

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    JDF