Cardiologie
FA : pas de différence d'efficacité selon le type de procédure d'ablation
L’essai BEAT PAROX-AF montre que l’ablation par champ pulsé (PFA) n’est pas supérieure à l’ablation par radiofréquence en termes d’efficacité clinique à 12 mois après une seule procédure chez les patients atteints de FA paroxystique. Le taux d’événements indésirables graves liés à la procédure était toutefois plus faible dans le groupe PFA
- ArtemisDiana/iStock
La fibrillation auriculaire (FA) paroxystique symptomatique résistante aux antiarythmiques constitue une indication majeure de l’isolement des veines pulmonaires par ablation par cathéter. L’ablation par radiofréquence (RF) point par point, notamment selon le protocole CLOSE, est actuellement la technique de référence, avec une efficacité bien établie mais au prix d’un risque de lésions thermiques des structures adjacentes. L’ablation par champ pulsé (pulsed field ablation, PFA) est une technologie non thermique reposant sur l’électroporation irréversible, ciblant préférentiellement le myocarde et susceptible d’améliorer le profil de sécurité tout en simplifiant la procédure. L’essai BEAT PAROX-AF a été conçu pour évaluer si la PFA permettait d’obtenir de meilleurs résultats cliniques que la RF chez des patients atteints de FA paroxystique. Les résultats ont été publiés le 22 janvier 2026 dans The European Heart Journal après avoir été présentés lors du Congrès de l’European Society of Cardiology en 2025
9 centres européens à haut volume
BEAT PAROX-AF est un essai randomisé, contrôlé, ouvert, multicentrique, mené dans neuf centres européens à haut volume. Les patients inclus étaient âgés de 18 à 80 ans, présentaient une FA paroxystique symptomatique résistante à au moins un antiarythmique, et avaient une indication d’ablation de classe I ou IIa. Les principaux critères d’exclusion comprenaient la FA persistante, un diamètre de l’oreillette gauche supérieur ou égal à 5,5 cm, des antécédents d’ablation atriale gauche ou des anomalies significatives des veines pulmonaires. Les patients étaient randomisés selon un ratio 1:1 pour bénéficier soit d’une ablation par PFA à l’aide du cathéter pentaspline FARAPULSE™, soit d’une ablation par RF avec cathéter à détection de force et cartographie électro-anatomique selon le protocole CLOSE.
L’objectif principal était le succès clinique à 12 mois après une seule procédure, défini par l’absence de récidive d’arythmie atriale documentée d’une durée supérieure ou égale à 30 secondes, sans recours à une cardioversion, à une reprise d’antiarythmique de classe I ou III, ni à une nouvelle procédure d’ablation, après une période de blanking de deux mois. Le suivi comprenait des consultations programmées avec ECG, des enregistrements Holter de 24 heures et des auto-enregistrements ECG hebdomadaires, ainsi qu’une surveillance systématique des complications.
Au total, 292 patients ont été randomisés et 289 analysés, dont 145 dans le groupe PFA et 144 dans le groupe RF. L’âge médian était de 63,5 ans et 58 % des patients étaient des hommes, avec des caractéristiques cliniques comparables entre les groupes. À 12 mois, le taux de succès après une seule procédure était de 77,2 % dans le groupe PFA et de 77,6 % dans le groupe RF. La différence ajustée n’était pas significative, montrant l’absence de supériorité de la PFA par rapport à la RF pour le critère principal d’efficacité.
Une procédure plus courte dans le groupe PFA
En revanche, la durée de procédure était significativement plus courte dans le groupe PFA, avec un temps total moyen d’environ 59 minutes contre 98 minutes dans le groupe RF, traduisant une simplification et une standardisation accrues de la procédure. Concernant la sécurité, le taux d’événements indésirables graves liés à la procédure était plus faible dans le groupe PFA que dans le groupe RF. Aucune mortalité, aucun accident vasculaire cérébral ni paralysie phrénique persistante n’ont été observés dans l’un ou l’autre groupe. Des complications sévères telles que des tamponnades, une atteinte œsophagienne hémorragique ou des sténoses significatives des veines pulmonaires ont été rapportées uniquement dans le groupe RF. Bien que l’essai ne soit pas dimensionné pour démontrer une supériorité en termes de sécurité, ces résultats suggèrent un profil de tolérance favorable de la PFA.
Les taux de re-ablation et l’amélioration de la qualité de vie évaluée par le score AFEQT étaient comparables entre les deux groupes. Lorsqu’un traitement itératif était autorisé, le succès clinique global à un an avoisinait 80 % dans les deux bras.
En conclusion, l’essai BEAT PAROX-AF montre que l’ablation par champ pulsé n’est pas supérieure à l’ablation par radiofréquence en termes d’efficacité clinique à 12 mois après une seule procédure chez les patients atteints de FA paroxystique. La PFA se distingue toutefois par des durées de procédure significativement réduites et un profil de sécurité potentiellement plus favorable. Ces résultats positionnent la PFA comme une alternative crédible à la RF dans des centres expérimentés, tout en soulignant la nécessité d’un suivi à plus long terme et d’analyses complémentaires, notamment médico-économiques, pour préciser sa place dans la stratégie d’ablation de la FA paroxystique.








