Endocrinologie

Stress : vous ne buvez pas assez d'eau ? Cela peut influencer la réactivité du cortisol

Chez les adultes, un faible apport hydrique quotidien déclenche une réponse hormonale du stress plus importante, associée à une mauvaise santé à long terme.

  • Jelena Stanojkovic/iStock
  • 28 Août 2025
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    "Des voies communes relient la régulation hydrique et la libération de cortisol. Une réactivité excessive du cortisol, la principale hormone du stress de l'organisme, est associée à un risque accru de maladies cardiaques, de diabète et de dépression", ont signalé des scientifiques de l’université John Moores de Liverpool (Royaume-Uni). Dans une récente étude, ces derniers ont voulu examiner l'influence inconnue de l'apport hydrique quotidien et de l'état d'hydratation sur la réactivité du cortisol salivaire au stress psychosocial.

    Un faible apport hydrique quotidien est lié à une plus grande réactivité du cortisol

    Afin de mener à bien les travaux, les auteurs ont recruté et divisé 62 hommes et femmes en bonne santé en deux groupes de taille égale, représentant les 25 % d'apports hydriques quotidiens les plus faibles et les plus élevés. Au total, 16 participants présentaient un apport hydrique faible, c’est-à-dire des adultes buvant généralement moins de 1,5 litre de liquide par jour, et 16 volontaires avaient un apport hydrique élevé. En clair, ils respectaient régulièrement les recommandations d'apport hydrique quotidien : 2 litres pour les femmes et 2,5 litres pour les hommes.

    Par binômes, les patients ont conservé leurs habitudes de consommation pendant une semaine, au cours de laquelle leur niveau d'hydratation a été surveillé par des analyses de sang et d'urine. Le lendemain, ils ont individuellement passé le test de stress social de Trier, largement utilisé pour simuler le stress réel au moyen d'un entretien d'embauche simulé et d'un exercice de calcul mental. L'état d'hydratation a été évalué dans les jours précédant et le jour même du test.

    D’après les résultats, publiés dans la revue Journal of Applied Physiology, les deux groupes ressentaient la même anxiété et présentaient des augmentations similaires de la fréquence cardiaque pendant le test. "Bien que le groupe buvant moins de 1,5 litre de liquide par jour n'ait pas déclaré avoir plus soif que l’autre, ses urines étaient plus foncées, signe évident d'une mauvaise hydratation." Les participants présentant un apport hydrique faible ont montré une hausse significative du cortisol salivaire en réponse au test.

    S’hydrater pour mieux gérer le stress

    Selon les chercheurs, lorsque le corps détecte une déshydratation, qu'elle soit due à un apport hydrique insuffisant ou à une perte excessive de liquide, il déclenche la libération d'une hormone, appelée vasopressine. Celle-ci agit principalement sur les reins, favorisant la réabsorption d'eau afin de maintenir le volume sanguin et l'équilibre électrolytique. "Ce mécanisme de conservation a un coût. La libération prolongée de vasopressine sollicite davantage les reins, qui doivent travailler davantage pour concentrer l'urine et gérer l'équilibre électrolytique. La vasopressine agit également sur l'hypothalamus, le centre cérébral de réponse au stress, où elle peut influencer la libération de cortisol. Ce double rôle de la vasopressine contribue au maintien du volume sanguin et de l'équilibre électrolytique, mais augmente également le cortisol." Ainsi, le fait de rester hydrater aide le corps à mieux gérer le stress. Pour vérifier son niveau d'hydratation, il convient de surveiller la couleur des urines. "Un jaune clair indique généralement une bonne hydratation."

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    JDF