Défi "Coup de Food sur le Diabète"

Diabète et ramadan : "Pour la préparation, le médecin traitant est en 1ère ligne"

Le ramadan est un vrai casse-tête pour les patients musulmans atteints de diabète ! Comment faire pour respecter ce temps religieux sans compromettre leur santé ? Un défi qui leur est posé chaque année.

  • 13 Février 2026
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    Le ramadan impose une période de jeûne entre le lever et le coucher du soleil. Un exercice difficile lorsqu’il faut, en fonction de son état de santé, de son traitement et de son mode de vie et son activité professionnelle durant la journée, préserver son équilibre glycémique.

    Mais le premier principe rappelé par le Dr Hamadeh, médecin diabétologue qui participe à l’opération « Coup de Food sur le Diabète » organisée en partenariat avec Sanofi et qui rassemble autour de lui un patient musulman diabétique de type 1, Anis, 51 ans, professeur d’activité physique, et le chef cuisinier Mohammed Cheikh qui doit proposer une recette qui rend compatible suivi du ramadan et diabète, c’est d’abord la réponse à cette question cruciale : un diabétique doit-il ou non respecter le ramadan et les périodes de jeûne qu’il impose ?

    "On ne doit pas avoir une santé qui se dégrade sous prétexte de respecter le ramadan"

    La réponse du médecin est catégorique : "On ne doit pas avoir une santé qui se dégrade sous prétexte de pratiquer le ramadan ! Pour la plupart des patients diabétiques, il est autorisé à condition de le faire en toute sécurité, mais pour les patients très déséquilibrés, le jeûne pendant le ramadan est formellement interdit ! Ne pas manger, ne pas boire pendant 8, 12, voire 18 heures lorsque le ramadan est en été peut impacter la santé du patient et la décision doit se prendre avec lui".

    Il précise même, en prenant en compte l’impact religieux, moral, l’image même vis-à-vis des membres de la famille que "si un patient ne peut pas le respecter, c’est que sa santé ne lui permet pas, il ne faut pas qu’il s’en veuille, d’un point de vue religieux il est exempté parce que faire le contraire serait nuire à sa santé".

    "Tout se programme et se prépare avant le ramadan"

    D’où l’importance de la préparation de cette période pour laquelle le médecin généraliste est en première ligne. "Tout se programme et se prépare avant le ramadan, insiste le Dr Hamadeh, et il faut prendre les choses individuellement, regarder l’état de santé du patient, comment évolue sa maladie, s’il a d’autres pathologies liées à son diabète, cardiaque, rénale, hépatique, et surtout voir comment il doit ajuster son traitement pour cette période".

    En effet, le temps quotidien de jeûne implique le plus souvent une modification de ce traitement. "L’objectif est d’éviter toute hypoglycémie intempestive pendant la journée, donc il faut diminuer tout ce qui présente un risque dans ce domaine, diminuer par exemple de 30 à 35% les doses d’insuline et de la même manière diminuer les prises de comprimés hypoglycémiants", précise le Dr Hamadeh.

    Les régles pour s'alimenter avant l'aube et au moment de la rupture du jeûne

    Et puis évidemment, il y a les contraintes liées à la façon dont on doit s’alimenter avant l’aube et au moment de la rupture du jeûne. "Le matin il faut éviter les boissons ou les produits trop sucrés et c’est pareil pour le soir, avant le repas proprement dit, il faut se contenter de 2 ou 3 dattes et d’un verre d’eau. Et surtout, pour respecter une rupture de jeûne modeste, modérée et simple, attendre un peu avant le plat et s’assurer que sa composition est équilibrée".

    Une équation à laquelle le chef Mohammed Cheikh a apporté, dans le cadre du défi "Coup de Food sur le Diabète" organisé en partenariat avec Sanofi, une solution sur le registre de la bonne alimentation au moment de la rupture du jeûne avec une proposition qui respecte, comme il le souligne, "tradition, plaisir et équilibre glycémique".

     

    "Diabète et ramadan, c'est possible mais pas en improvisant"

    Sa "martingale", un tajine de légumes accompagnant des blancs de poulet. Avec un mode de préparation lui aussi adapté : pour les légumes et privilégiant ceux qui sont à faible indice glycémique, l’ordre de leur cuisson est important pour respecter leurs qualités nutritives et pour la viande, là aussi, un temps de cuisson qui évite que la viande soit trop cuite puisque "tout ce qui est trop cuit fait monter le taux de sucre".

    Côté plaisir, le défi est tenu : "Un délice ! Ce plat propose un véritable feu d’artifice pendant le ramadan !", se réjouit le patient, Anis. Côté respect de l’équilibre glycémique, pari également gagné : "Cette proposition est la preuve que ramadan et diabète c’est possible…mais pas en improvisant", valide le Dr Hamadeh.

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