Insuffisance cardiaque : un essoufflement et des œdèmes des jambes

Publié le 13.02.2017
Mise à jour 27.01.2023
Insuffisance cardiaque : un essoufflement et des œdèmes des jambes
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L'insuffisance cardiaque est une maladie du cœur témoignant de l'affaiblissement du muscle cardiaque qui sert à pomper le sang. Le cœur n’arrive plus à assurer un débit de sang suffisant pour satisfaire les besoins du corps et le risque est la décompensation aiguë appelée "œdème aigu du poumon", où le plasma du sang sous pression passe dans les poumons et le malade se noie.

 

Insuffisance cardiaque : COMPRENDRE

Des mots pour les maux

L’insuffisance cardiaque est une maladie due à l’incapacité progressive du muscle cardiaque à assurer son rôle de pompe pour propulser du sang dans l’organisme, en particulier lors de l'effort initialement. Elle peut survenir dans l’évolution de différentes maladies comme un infarctus du myocarde (coronaropathie), une hypertension artérielle (HTA), un rétrécissement des orifices du cœur (valvulopathie), un trouble du rythme ou en raison d’une maladie du muscle cardiaque (cardiomyopathie). 

Du fait du grand nombre de maladies du système cardiovasculaire comme causes de l’insuffisance cardiaque, la fréquence de cette maladie augmente naturellement avec l’âge.

Qu'est-ce que l'insuffisance cardiaque ?

Le cœur est une pompe musculaire qui est normalement chargé d’assurer la circulation sanguine. Il y a un cœur droit et un cœur gauche. Le cœur gauche est chargé d’assurer l’apport de sang riche en oxygène et en substances nutritives aux différents organes du corps (cerveau, muscles, foie, poumon, reins…). Le cœur droit est chargé d’envoyer le sang d’origine veineuse dans les poumons pour qu’il s’y oxygène.

Le cœur bat donc de façon synchronisée en permanence, mais son débit n’est pas constant. Lors de l’exercice physique par exemple, les muscles consomment plus d’oxygène et plus d’énergie. Pour assurer l’apport de sang dans ce type de situation, le cœur est habitué à compenser en augmentant son débit et en battant plus vite et plus fort.

On parle d’insuffisance cardiaque lorsque le muscle cardiaque perd sa force musculaire et sa capacité de contraction normale : il ne pompe plus suffisamment de sang pour permettre aux organes de recevoir assez d'oxygène et d'éléments nutritifs.

Dans un premier temps, le cœur tente de s'adapter à sa faiblesse de contraction en accélérant ses battements (la fréquence cardiaque qui est mesurée sur le pouls), puis il augmente de volume (épaississement des parois ou dilatation des cavités cardiaques). Et ce surcroît de travail finit par aggraver la maladie du cœur : l’hypertrophie des parois musculaires perturbe le remplissage du cœur et diminue ses capacités à compenser. Arrive un stade où le cœur n'est plus capable d'assurer un débit de sang suffisant pour couvrir les besoins du corps en oxygène, d'abord en cas d'effort, puis même au repos. 

En cas de rétrécissement des orifices du cœur (les valves), le cœur va devoir fournir plus d'efforts pour remplir, faire passer le sang à travers cet orifice rétrécit et assurer sa fonction de pompe, ce qui peut entraîner, à la longue, des modifications physiologiques, par exemple un épaississement des parois des ventricules (hypertrophie). 

L'insuffisance cardiaque gêne aussi le retour veineux dans le cœur droit. Elle ralentit la circulation et entraîne une accumulation du sang dans les vaisseaux. Ceci augmente la pression sur leurs parois, provoque un passage de liquide vers les tissus et, au final, l’apparition d'œdèmes. Ces œdèmes prédominent le soir dans les membres inférieurs et le matin, au visage.

Dans le même temps, le rein fonctionne moins bien et élimine moins de sel et d'eau dans les urines, ce qui va aggraver les œdèmes.

Quelles sont les causes de l'insuffisance cardiaque ?

Même si sa fréquence augmente avec l’âge, l'insuffisance cardiaque n'est pas une maladie du vieillard. Elle peut aussi être une maladie de l'enfant et de la femme enceinte. 

Elle est le résultat d’affections cardiaques parmi lesquelles on distingue les cardiomyopathies (maladies du muscle cardiaque), les maladies des artères nourricières du cœur (coronaropathies), les troubles du rythme du cœur (qui perturbent la contraction efficace du muscle cardiaque), les maladies du poumon, qui peuvent gêner la circulation du sang (ce qui se répercute sur le fonctionnement du cœur droit avec une surcharge générale de pression dans le système cardiovasculaire), et enfin, des maladies des valves cardiaques. Empêchant le recul du sang entre oreillettes et ventricules et entre ces derniers et les artères (aorte et artère pulmonaire), ces clapets peuvent s’altérer, ce qui aboutit à un rétrécissement qui freine le passage du sang ou, au contraire, ne plus être suffisamment étanches au bon moment, entraînant un reflux du sang en sens inverse. Dans tous les cas, les maladies des valves (valvulopathies) obligent le muscle cardiaque à augmenter ses efforts pour assurer sa fonction. D'autres maladies plus rares sont à l'origine d'une altération de la fonction musculaire liée à une cardiomyopathie, soit familiale (génétique), soit liée à une myocardite grave en rapport avec une infection virale, soit déclenchée par différents toxiques, dont la consommation excessive d'alcool.

Les médecins essayent de regrouper les causes de l’insuffisance cardiaque en différents mécanismes cohérents. Le premier grand cadre est celui de l’insuffisance cardiaque diastolique. Il s’agit d’une insuffisance de remplissage cardiaque. Elle est la conséquence d'un muscle cardiaque épaissi, rigidifié avec une réduction du volume de sang, donc d'oxygène et des autres substances nutritives qu'il transporte vers l'organisme.

La première cause de l'insuffisance cardiaque diastolique est l'hypertension artérielle, maladie souvent sans signe apparent (on la surnomme le « tueur silencieux »). Mal ou non traitée, elle se manifeste à la longue par un épaississement du muscle cardiaque, en raison de la forte pression des artères à laquelle il s’est heurté pendant des années : il a dû « pousser plus fort » pour maintenir un débit suffisant.

Un rétrécissement de la valve aortique, entre le ventricule gauche et l'artère aorte, est une autre cause de l'insuffisance cardiaque diastolique. Avec l'âge, cette valve peut se calcifier et devenir un obstacle au libre passage du sang, obligeant le cœur à lutter pour forcer le passage, conduisant à l'épaississement du muscle cardiaque et la réduction de sa puissance. 

Le deuxième grand cadre est celui de l’insuffisance cardiaque systolique qui correspond à l'insuffisance de l'éjection cardiaque, généralement révélatrice d’une diminution de puissance de contraction du ventricule gauche.

Un défaut d'irrigation du muscle représente la première explication connue de l'insuffisance cardiaque systolique. Les artères coronaires qui nourrissent le cœur n'assurent plus le transport du sang, soit parce qu'elles sont rétrécies (angine de poitrine), soit parce qu'elles se sont bouchées brutalement (situation d'urgence de l'infarctus du myocarde). Une atteinte musculaire secondaire à une infection virale des cellules cardiaques peut également être à l'origine de l'insuffisance systolique.

Certaines maladies du muscle cardiaque peuvent être d'origine génétique, suite à la mutation d'un gêne spécifique, telle la « cardiomyopathie hypertrophique familiale ». Selon son type, l'apparition de la maladie peut être plus ou moins tardive, de la petite enfance à l'âge adulte, même si le gêne mutant est présent dès la naissance.

Certains médicaments anti-cancéreux ou la radiothérapie sur la région du thorax peuvent rarement être à l’origine de problèmes cardiaques. Une maladie des glandes endocrines, comme l’hyperthyroïdie, une consommation excessive d’alcool ou de drogues peuvent également être à l’origine d’une insuffisance cardiaque.

Dans un certain nombre de cas, on ne trouve pas d'explication à cet affaiblissement et l'on parlera alors de cardiomyopathie dilatée idiopathique. 

Quels sont les signes de l'insuffisance cardiaque ?

L'essoufflement est souvent le premier signe apparent de l'insuffisance cardiaque : il s’agit d'abord d’une difficulté à respirer à l’effort. Liée à l’accumulation de sang dans les poumons (en amont du cœur gauche), elle est ressentie comme un inconfort respiratoire, puis comme un véritable essoufflement à l'effort (la dyspnée d’effort). Celui-ci va progressivement s’aggraver, survenant pour des efforts de moins en moins importants et, enfin, se manifester même au repos (dyspnée de repos). Le fait d'être essoufflé quand on est allongé ("orthopnée") est un signe d'aggravation majeure. Cet essoufflement « en décubitus » impose une consultation d'urgence, voire un appel au 15 (dyspnée de décubitus). Le fait de ne pouvoir se coucher qu’avec 2 voire 3 oreillers est un équivalent symptomatique. 

La fatigue à l’effort est le deuxième signe de l'insuffisance cardiaque. Elle est ressentie même lors d’un petit effort. Cette fatigabilité est due au déficit d'irrigation des muscles par le sang, qui ne reçoivent donc pas un apport normal en énergie (sucre et oxygène). 

Le gonflement de certaines parties du corps (jambes, foie, veines du cou), gorgées d'œdèmes, est le troisième signe alarmant. Les œdèmes des jambes sont blancs, déclives et prennent la marque des chaussettes ou des doigts de façon importante. 

Enfin, une prise de poids importante et rapide de l'ordre d'un kilo par jour est un signe particulièrement alarmant, qui traduit l’accumulation de liquide dans le corps et une poussée aiguë d'insuffisance cardiaque. 

D'autres signes peuvent évoquer la maladie, comme des palpitations, battements forts dans la poitrine dus au travail excessif accompli par le cœur, ou une baisse de tension, concomitante à une réduction de la capacité d'éjection du muscle cardiaque, ainsi que des troubles de la mémoire ou de la libido.

Insuffisance cardiaque : DIAGNOSTIC

Quand doit-on évoquer une insuffisance cardiaque ?

En présence d’un essoufflement associé à une fatigabilité à l’effort et à des œdèmes des membres inférieurs, du visage ou des mains et une prise de poids, le tableau est suffisamment évocateur pour réaliser des examens qui vont permettre de poser le diagnostic d’insuffisance cardiaque, d’en rechercher la cause et les maladies associées pouvant l’aggraver. Une prise en charge adaptée permettra de ralentir l’évolution et de prévenir les décompensations aiguës. 

Une toux ou un essoufflement survenant en position allongée, surtout la nuit, peuvent être associés.

D'autres signes peuvent apparaître comme des battements du cœur plus rapides (palpitations), une douleur au niveau du foie. La douleur se ressent sous les côtes droites et s’accompagne généralement d’un gonflement des veines du cou (veines jugulaires). Elle s'explique par une augmentation de volume du foie liée à la stagnation du sang et par un manque d'oxygène des cellules du foie.

Chez les personnes âgées, les signes peuvent être moins évocateurs : confusion ou désorientation, comportement anormal, chutes, perte d’autonomie, prise de poids rapide et non expliquée.


© Inserm/Novotova, Marta
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Comment faire le diagnostic de l'insuffisance cardiaque ?

La consultation chez le médecin est indispensable pour le diagnostic de la maladie et l’évaluation de son pronostic. La description des maladies dont souffre le malade (HTA, insuffisance coronaire…) et la famille, l’énumération des signes ressentis doit être très complète, de même que l’examen par le médecin.

Le médecin réalisera un examen cardiovasculaire complet avec prise de tension artérielle, auscultation du cœur, évaluation du pouls, palpation du foie et observation des jambes et des veines du cou.


© Inserm/Delapierre, Patrick
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Il pourra ensuite prescrire les examens indispensables.

Une radiographie thoracique, renseigne sur la taille du cœur (cœur augmenté de volume ou cardiomégalie) et une anomalie éventuelle des poumons (épanchement pleural...).

L’électrocardiogramme est habituel pour rechercher un trouble du rythme ou des anomalies liées à l'insuffisance cardiaque et à la maladie cardiaque en cause (par exemple, séquelles d'infarctus du myocarde), mais l'échocardiographie est l'examen clé de l'insuffisance cardiaque.

Non invasive, indolore et sans effet secondaire, l’échocardiographie permet d'évaluer la fonction du muscle cardiaque et la cinétique du cœur lui-même : elle apprécie donc au mieux le remplissage et l'éjection du sang, ainsi que le travail des valves, la forme des cavités cardiaques (oreillettes et ventricules). Elle renseigne tout particulièrement sur la capacité de remplissage et de contraction du cœur et surtout du ventricule gauche chargé (qui est tout particulièrement chargé d'envoyer le sang dans l'organisme).

Cette mesure est appelée « fraction d'éjection du ventricule gauche » (ou FEVG). S’exprimant en pourcentage de la normale, elle permet de qualifier l'insuffisance cardiaque.

D’autres examens peuvent être demandés en fonction de la cause de l’insuffisance cardiaque suspectée par le médecin : une coronarographie (radiographie des coronaires, artères du muscle du cœur), un cathétérisme cardiaque (pour mesurer la pression dans les cavités du cœur) et un test d'effort (électrocardiogramme d'effort), qui permettra de mesurer exactement l'intensité de l'effort que le cœur est capable d'accomplir. Il est surtout demandé chez les personnes jeunes.


© Inserm/Latron, Patrice
serimedis.inserm.fr

Ce bilan médical permet au médecin de confirmer le diagnostic d'insuffisance cardiaque et d'en évaluer la gravité. Le médecin recherchera également des facteurs qui aggravent la maladie (par exemple, une consommation excessive d'alcool), ainsi que les facteurs qui aggravent le risque cardiovasculaire et ceux pouvant aggraver l'insuffisance cardiaque (anomalies des graisses dans le sang, tabagisme, diabète, hypertension artérielle, obésité…). Le médecin complète le bilan par la recherche d’une dénutrition, d’une maladie rénale chronique et d’un syndrome d’apnées obstructives du sommeil, qui peuvent aggraver la maladie.

La classification NYHA (New York Heart Association), en 4 classes de gravité croissante, est fréquemment utilisée pour quantifier et surveiller le retentissement fonctionnel de l'insuffisance cardiaque pour un même individu 

Quelle est l’évolution de l'insuffisance cardiaque ?

Au début de l’insuffisance cardiaque, le malade ne se plaint pas de signes ou de signes mineurs comme un essoufflement à l’effort plus important que celui des gens du même âge (en montant les escaliers ou en faisant du sport).

Ensuite, peuvent apparaître une fatigue, des palpitations et un essoufflement lors des activités habituelles.

Si rien n’est fait, cet essoufflement va apparaître à l’occasion d’activités de moins en moins importantes et enfin au repos. La qualité de vie devient de moins en moins bonne.

Le risque alors est la décompensation aiguë de l’insuffisance cardiaque qui nécessitera une hospitalisation et sera elle-même un facteur d’aggravation. Elle se manifeste par la survenue brutale d’une respiration rapide, avec crachats mousseux et blancs, sueurs, essoufflement majeur soulagé par la position assise : c’est ce que l’on appelle un œdème aigu du poumon (OAP). Si le malade n’est pas hospitalisé en urgence peut apparaître une baisse de la pression artérielle basse avec extrémités froides, marbrures et confusion.

Pour prévenir les épisodes de décompensation, toute aggravation doit conduire le malade à consulter son médecin rapidement afin que celui-ci puisse instaurer ou adapter rapidement son traitement. Il est, en effet, possible de ralentir l'évolution de l’insuffisance cardiaque avec un traitement adapté et bien surveillé, ainsi que le respect de règles d’hygiène de vie assez simples.

 

Insuffisance cardiaque : TRAITEMENT

Quel est le traitement de l'insuffisance cardiaque ?

Le traitement de l’insuffisance cardiaque a pour but d’améliorer la qualité de vie en diminuant les symptômes (essoufflement, fatigue, œdèmes...) et de permettre d’accomplir les activités de la vie quotidienne. Il va ralentir la progression de la maladie et essayer de prévenir les épisodes de décompensation aiguë, ceci afin de réduire le nombre et la durée des hospitalisations.

L’insuffisance cardiaque nécessite donc une surveillance continue et un traitement au long cours, adapté à chaque stade de la maladie. Il va comporter une adaptation de l’hygiène de vie et un traitement médicamenteux continu.

A partir d’une certaine baisse de la fraction d’éjection du ventricule gauche, le traitement médicamenteux va comprendre systématiquement au moins 4 médicaments.

En premier lieu, bien sûr, on va trouver un traitement diurétique (diurétique de l’anse ou thiazidique) qui est destiné à lutter contre la rétention d’eau et de sel à l’origine de l’essoufflement et des œdèmes.

Les diurétiques sont toujours prescrits en association avec des inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IEC) et des bêtabloquants.

Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine sont indiqués en première intention chez les patients dont la fraction d’éjection est altérée avec une fatigue ou une dyspnée modérée à l’effort, sans signe de surcharge en sel et en eau. Le traitement par IEC doit, dans la mesure du possible, être donné aux doses ayant montré leur efficacité dans les études sur l’insuffisance cardiaque et ne pas se limiter à la dose minimum permettant une amélioration des symptômes. L’augmentation des doses peut cependant être limitée par l’apparition d’une insuffisance rénale et les effets secondaires qui sont la toux, l’hypotension, l’insuffisance rénale, l’hyperkaliémie, plus rarement les syncopes et l’angiœdème. Les IEC sont contre-indiqués en cas de sténose bilatérale des artères rénales et en cas d’antécédent d’angiœdème lors d’un traitement précédent. Les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARAII) peuvent être utilisés comme une alternative aux inhibiteurs de l'enzyme de conversion chez les patients symptomatiques intolérants aux IEC.

Les bêtabloquants sont recommandés pour le traitement de tous les patients présentant une insuffisance cardiaque stable, de légère à sévère (NYHA II, III, IV), en association avec des diurétiques et des IEC (hors contre-indications). Le traitement par bêtabloquant réduit les hospitalisations (de toutes causes), améliore le stade NYHA et réduit la progression de l’insuffisance cardiaque. Ces effets bénéfiques ont été constatés chez tous les sous groupes quels que soient l’âge, le sexe, le stade NYHA, la fraction d'éjection et l’origine ischémique ou non de l’insuffisance cardiaque, en particulier dans les suites d’un infarctus du myocarde.

Un quatrième médicament a été proposé en cas de traitement insuffisant : la spironolactone. Il s’agit d’un diurétique épargneur de potassium, qui est recommandé dans l’insuffisance cardiaque avancée (NYHA III – IV) en association avec les IEC, les bêtabloquants et les diurétiques, car il améliore le pronostic et la mortalité.

Un nouveau médicament risque de modifier sensiblement l’organisation du traitement : il s’agit d’un inhibiteur de la néprilysine qui a montré des effets très intéressants en association à un antagoniste des récepteurs de l’angiotensine II.

Les digitaliques ne sont plus utilisés que dans l’insuffisance cardiaque systolique symptomatique s’accompagnant d’un rythme ventriculaire rapide lors d'une fibrillation auriculaire, avec ou sans dysfonction ventriculaire gauche.

D’autres médicaments peuvent être utilisés en traitement d’appoint ou en raison de la maladie sous-jacente.

Lorsque ce traitement médicamenteux est insuffisant et s’il existe un asynchronisme des contractions des cœurs droit et gauche, les cardiologues peuvent avoir recours à la pose d’un dispositif implantable (stimulateur cardiaque multi-site) qui va permettre de resynchroniser les contractions des différentes catégories du cœur et améliorer sa fonction contractile.

En cas de fraction d'éjection effondrée (inférieure à 35 %), le risque de mort subite est accru malgré le traitement médicamenteux. La pose d'un défibrillateur automatique implantable prévient ce risque. Le défibrillateur implantable peut être couplé dans le même appareil à un dispositif de stimulation et de resynchronisation cardiaque.

En cas d'insuffisance cardiaque grave et réfractaire au traitement médicamenteux, une transplantation cardiaque peut être proposée si le terrain le permet (état général, âge, absence d'autres maladies graves). Une assistance ventriculaire (cœur artificiel) peut être également discutée.

En cas de décompensation cardiaque aiguë, l’hospitalisation en urgence est toujours nécessaire. 

Pourquoi faut-il modifier son hygiène de vie ?

L'insuffisance cardiaque est une maladie chronique qui ne peut être guérie définitivement. Toutefois, elle peut être stabilisée grâce à une hygiène de vie adaptée et à la prise régulière des médicaments. L'hygiène de vie est partie intégrante du traitement : elle complète l'action des médicaments pour diminuer les signes de la maladie et elle évite l'aggravation de l'insuffisance cardiaque et son risque d'hospitalisation.

Le premier impératif est de diminuer le sel dans l’alimentation. Une alimentation salée est un facteur majeur d'aggravation de l'insuffisance cardiaque. La consommation de sel ne doit donc pas excéder quatre à six grammes par jour, parfois moins en fonction de l'avis du médecin traitant.

Afin de respecter ces objectifs de salage, il est important de suivre quelques règles simples :

• limiter le sel dans l'eau de cuisson,

• éviter de resaler les aliments à table en supprimant la salière,

• utiliser le plus possible les produits frais ou les aliments congelés mais non préparés,

• remplacer le sel par des herbes aromatiques, des épices, du jus de citron, de l'oignon, de l'échalote ou de l'ail pour rehausser le goût des aliments,

• apprendre à reconnaître les aliments riches en sel pour les éviter,

• choisir une eau minérale à faible teneur en sodium (attention aux eaux gazeuses qui sont souvent salées),

• éviter les médicaments effervescents délivrés sans ordonnance car ils contiennent beaucoup de sel.

Il faut aussi limiter la quantité de liquide : les apports en liquide (eau, café, thé, jus de fruits, lait, soupe...) conseillés sont de 1 à 2 litres par jour. En cas d'aggravation de l'insuffisance cardiaque (avec apparition d’œdèmes et d’un essoufflement) ou en cas d'hyponatrémie sur la prise de sang, le médecin peut demander au malade de réduire encore cette consommation de liquide.

Il est aussi conseillé de limiter sa consommation d'alcool à moins de trois verres de vin pour un homme et à deux verres pour une femme.

Insuffisance cardiaque : VIVRE AVEC

Comment bien vivre avec une insuffisance cardiaque ?

L'insuffisance cardiaque est une maladie chronique qui nécessite un suivi médical régulier et une bonne hygiène de vie pour prévenir l’aggravation et limiter la survenue d’épisodes de décompensation.

Le médecin traitant assure le suivi de la maladie en coordination avec d’autres médecins spécialistes comme le cardiologue et d’autres professionnels de santé. Il est conseillé de voir le médecin traitant au moins tous les six mois et un cardiologue tous les ans si la maladie est stable. Ces consultations seront plus rapprochées si la maladie n’est pas stabilisée.

Il est très important de suivre les prescriptions médicales et de ne prendre aucun médicament nouveau sans avis médical : en particulier, il faut demander conseil à son médecin avant de prendre des médicaments à usage courant pour traiter la douleur ou la fièvre, car ce sont souvent des anti-inflammatoires qui peuvent décompenser la maladie.

Le fait de se sentir mieux avec le traitement prouve que celui-ci est efficace, mais ce n'est pas une raison pour l'arrêter sans avis médical : le risque est que les symptômes réapparaissent et s'aggravent rapidement. En cas d’efficacité insuffisante du traitement ou de survenue d’effets indésirables, il vaut mieux ne rien changer sans consulter son médecin. Celui-ci doit être consulté très vite en cas de prise de poids anormale et d’essoufflement ou de toux au repos. 

Peut-on ou doit-on se vacciner en cas d’insuffisance cardiaque ?

Les infections respiratoires peuvent aggraver l'insuffisance cardiaque. Il est donc recommandé de se faire vacciner : tous les ans contre la grippe et tous les 5 ans, contre la pneumonie. Ces vaccins sont remboursés par l'Assurance Maladie. 

Comment reconnaître les aliments riches en sel ?

Sur les étiquettes d'emballage, il est nécessaire de rechercher la quantité de sel qui est généralement appelée « chlorure de sodium » ou « sodium ». Il faut se rappeler qu’un gramme de sodium correspond à 2,5 g de sel.

La teneur en sel est exprimée pour 100 g de produit. La quantité de sel absorbée dépend de la quantité d'aliments consommée. Par exemple, un produit contient 1,5 g de sel pour 100 g ; pour 300 g de ce produit, 4,5 g de sel sont ingérés. 

Peut-on avoir une grossesse en cas d’insuffisance cardiaque ?

En cas d’insuffisance cardiaque sévère, de stade III, IV, la grossesse a peu de chances d’être menée à terme et présente un risque élevé pour la mère. Une contraception efficace est donc indispensable et doit être proposée à toute femme insuffisante cardiaque en âge de procréer, en expliquant les risques encourus en cas de grossesse. Les produits faiblement dosés en œstrogènes et progestatifs ne présentent que de faibles risques thrombotiques, les dispositifs intra-utérins ne sont adaptés qu’en l’absence de valvulopathie. 

Peut-on faire un régime amaigrissant ?

Réduisez votre surpoids mais gardez une alimentation équilibrée et diversifiée. 

Faut-il pratiquer une activité physique régulière ?

L’exercice physique et le réentraînement progressif à l’effort sont intéressants pour récupérer une meilleure qualité de vie avec certains types d’insuffisance cardiaque. Il faut donc toujours demander à son médecin au préalable et le faire généralement après une épreuve d’effort. 

Comment peut-on surveiller sa maladie ?

En plus des consultations régulières chez son médecin, l'auto-surveillance permet de comparer son état de santé du jour avec celui des jours précédents et de dépister le plus tôt possible l’apparition d’une décompensation. Elle consiste notamment à :

• Se peser au minimum deux fois par semaine dans les mêmes conditions (par exemple le matin au réveil) et à noter son poids,

• Surveiller la présence d'œdèmes au niveau de vos chevilles,

• Evaluer le niveau de son essoufflement (un ou deux étages, un ou deux oreillers…),

• Evaluer sa fatigue. 

Quand faut-il consulter rapidement le médecin traitant ?

Certains signes peuvent annoncer une décompensation aiguë d’insuffisance cardiaque, ce sont des signes d’alerte. Il s’agit en particulier :

• De la prise rapide de plusieurs kilos en seulement quelques jours,

• D’une aggravation de la gêne respiratoire (essoufflement lors d'efforts moins importants, toux, utilisation d'un plus grand nombre d'oreillers pour dormir),

• De l’apparition ou d’une augmentation des œdèmes,

• D’une accentuation de la fatigue,

• De l’apparition de palpitations, d’une fièvre, d’une perte d'appétit, de vomissements ou d’une diarrhée, de crampes dans les muscles.

Ils doivent faire consulter très rapidement son médecin, voire aller directement à l’hôpital.

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