gastro-entérologie

IPP: pas de risque avéré de survenue de cancer gastrique

Plusieurs études avaient suggéré un lien entre cancer gastrique et utilisation au long cours des inhibiteurs de la pompe à protons. Après un suivi de 26 ans dans plusieurs pays nordiques, le risque peut être écarté.

  • Chinnachart Martmoh/iStock
  • 26 Janvier 2026
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    Faut-il avoir peur des inhibiteurs de la pompe à protons ? Seraient-il à l’origine de cancers gastriques comme l’ont suggérés plusieurs essais. Cette étude cas-témoins populationnelle, adverse effects of proton pump inhibitors publiée le 21 janvier 2026 dans le BMJ et menée dans cinq pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède) a évalué l’association entre l’utilisation prolongée des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) et le risque d’adénocarcinome gastrique non-cardia. Les données proviennent de registres nationaux exhaustifs couvrant la période 1994–2020, avec un suivi maximal de 26 ans.

    Plus de 17 000 de cancers identifiés.

    Au total, 17 232 cas d’adénocarcinome gastrique non-cardia ont été identifiés et appariés à 172 297 témoins issus de la population générale, soit un ratio de 1:10. L’appariement était réalisé sur l’âge, le sexe, l’année civile et le pays. L’exposition principale était définie comme une utilisation d’IPP d’une durée supérieure à un an, en excluant systématiquement les 12 mois précédant la date index afin de limiter le biais protopathique. Les antagonistes des récepteurs H2 étaient analysés comme comparateurs.

    Parmi les cas, 10,2 % avaient utilisé des IPP à long terme, contre 9,5 % chez les témoins. Après ajustement multivariable incluant les antécédents d’éradication d’Helicobacter pylori, les maladies ulcéreuses, les pathologies associées au tabac et à l’alcool, le diabète de type 2, l’obésité, l’utilisation d’AINS, de statines et de metformine, ainsi que des facteurs socio-démographiques, l’odds ratio ajusté pour l’association entre IPP à long terme et adénocarcinome gastrique non-cardia était de 1,01 (IC 95 % : 0,96–1,07). Ce résultat ne montre pas d’augmentation statistiquement significative du risque.

    Les analyses de sensibilité selon la durée cumulée d’exposition (>1–3 ans, >3–5 ans, >5 ans) n’ont pas mis en évidence de relation dose-effet. Pour les expositions les plus prolongées (>5 ans), l’OR ajusté restait proche de l’unité, sans tendance croissante du risque. De même, aucune hétérogénéité significative n’a été observée selon le sexe, l’âge ou le pays.

    Des résultats comparables avec des antagonistes H2

    L’analyse de l’utilisation à long terme des antagonistes H2 a montré des résultats comparables, avec un odds ratio ajusté voisin de 1, sans association significative avec le risque de cancer gastrique non-cardia. Les cancers du cardia gastrique ont été exclus de l’analyse principale afin de réduire la confusion par indication liée au reflux gastro-œsophagien.

    Les auteurs soulignent que certaines études antérieures rapportant un excès de risque avaient des odds ratios compris entre 1,4 et 2,4, mais qu’elles incluaient fréquemment des expositions récentes, des cancers du cardia ou un ajustement incomplet pour l’infection à H. pylori. Lorsque ces biais sont contrôlés, comme dans la présente étude, l’association disparaît.

    En conclusion, dans cette large population nordique, l’utilisation à long terme des IPP n’est pas associée à une augmentation du risque d’adénocarcinome gastrique non-cardia. Les résultats apportent un signal rassurant pour la pratique clinique, tout en rappelant que ces données observationnelles ne permettent pas d’exclure totalement une confusion résiduelle liée à des facteurs non mesurés, tels que l’alimentation ou les antécédents familiaux. inhibiteurs de klaLes patients peuvent donc être rassurés. 

     

     

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