Pneumologie

L'orthophonie peut être efficace dans la toux chronique réfractaire.

La prise en charge de la toux chronique réfractaire est difficile et ce symptôme résiste souvent à un grand nombre de traitements. L’orthophonie peut être un moyen non médicamenteux,  non invasif,  qui peut apporter de bons résultats. D’après un entretien avec Laurent Guilleminault.

  • 08 Janvier 2026
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    Une étude, dont les résultats sont parus en décembre 2025 dans l’ERJ Open Research, a cherché à déterminer l’efficacité de l’orthophonie dans la prise en charge de la toux chronique réfractaire  et pour quels patients elle serait vraiment efficace. Pour cela, les auteurs, qui ont déjà réalisé plusieurs travaux sur le sujet, ont inclus 205 patients atteints de toux chronique réfractaire, ayant tous bénéficié de séances d’orthophonie. Il s’agissait majoritairement de femmes, non fumeuses, avec un âge moyen de 61 ans, ce qui représente les critères habituels pour ce symptôme. Les comorbidités tels que l’asthme ou le reflux gastro-œsophagien par exemple, ont été prises en compte.  Les patients inclus devaient avoir au moins trois visites avec un score de qualité de vie disponible. Les auteurs ont ensuite observé les trajectoires des patients pour déterminer ceux qui s’amélioraient le plus.

     

    Une amélioration spectaculaire dans 25% des cas

    Le professeur Laurent GUILLEMINAULT, pneumologue dans le service de pneumologie et allergologie du Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse, précise que ce travail est intéressant car il existe un manque de données considérable, notamment par des études contrôlées randomisées, sur l’efficacité de l’orthophonie sur la toux chronique réfractaire en vraie vie. Il explique que les auteurs de ce travail ont identifié trois trajectoires de patients atteints de toux chronique réfractaire et ayant bénéficié d’orthophonie : un groupe de patients présentait une toux sévère et a montré une réponse lente et peu efficace, le deuxième groupe comportait des patients souffrant d’une toux chronique réfractaire sévère et ayant eu une réponse rapide et efficace à l’orthophonie (23% des cas), et enfin un troisième groupe de patients atteints d’une toux chronique modérée ayant eu une réponse lente à l’orthophonie. Ainsi, l’orthophonie apporte une amélioration spectaculaire pour près d’un quart des patients qui ont déjà essayé toutes les prises en charge possibles, médicamenteuses ou non.

     

    Identifier en amont les répondeurs et les non-répondeurs

    Laurent GUILLEMINAULT souligne que les auteurs ont observé le profil des patients non-répondeurs à l’orthophonie. Un grand nombre d’entre eux était asthmatique, ce qui augmente la probabilité d’une réponse lente et modeste, même si le diagnostic d’asthme reste flou, avec un doute sur le fait qu’il n’ait été posé que sur le seule présence de la toux chronique. Les patients présentant une obstruction laryngée n’ont pas été de grands répondeurs, eux non plus. Il existe donc un profil de patients qui répond très bien à l’orthophonie mais les critères pour définir précisément quels sont ces patients sont insuffisants. Laurent GUILLEMINAULT rappelle qu’il existe plusieurs mécanismes pouvant provoquer une toux chronique réfractaire, et que certaines dysfonctions pharyngées répondent très bien à l’orthophonie. Toutefois, les bons répondeurs n’ont pas été clairement identifiés.

     

    En conclusion, les possibilités de prise en charge de la toux chronique réfractaire, notamment médicamenteuses, restent très limitées, c’est pourquoi la prescription de soins d’orthophonie doit être proposée systématiquement, puisqu’au moins un quart des patients y répond rapidement et efficacement. Il serait toutefois intéressant d’identifier plus précisément ces patients en amont…

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