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Pneumologie

Pollution : particules fines et pouvoir oxydant

Les sources de polluants particulaires et le pouvoir oxydant des particules fines et ultra-fines en Europe ont fait l’objet d’un travail d’envergure dont le résultat pousse à s’intéresser davantage à la nature des particules qu’à leur volume. D’après un entretien avec Bruno HOUSSET.

  • Par le Dr Anne-Christine DELLAVALLE
  • 31 Déc 2020
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    Une étude européenne, dont les résultats sont parus en novembre 2020 dans Nature, a fait le point sur les différentes sources de particules fines et ultra-fines, nocives pour la santé. Une nouvelle métrique d’intérêt sanitaire, qu’est la mesure du pouvoir oxydatif de certaines particules a servi d’indicateur, en mimant l’inhalation des particules par les voies respiratoires. Les grandes typologies de sites ont été explorées : le milieu rural, le milieu urbain, le milieu  urbain proche du trafic routier et les sites de vallées.

     S’intéresser davantage à la nature de particules

    Le professeur Bruno HOUSSET, président de la Fondation du Souffle et chef du service de pneumologie au CHI de Créteil, rappelle que la toxicité des particules est non seulement fonction de leur taille mais aussi de leur composition et qu’il est donc nécessaire de s’intéresser à la nature des particules  et à leurs sources. Par exemple, les particules PM 10 sont issues des chantiers alors que les PM 2,5 sont issues de l’agriculture, de l’industrie, du trafic, du chauffage au bois… Le risque de cancer associé au chauffage au bois a déjà été démontré. La combustion du bois, source importante de particules fines au fort pouvoir oxydatif,  offre des axes d’amélioration par l’utilisation, par exemple, d’un insert et/ou de granulés, ce qui limite, au moins, l’émission des particules à l’intérieur des habitations. Bruno HOUSSET précise qu’au-delà de la masse de particules par unité de volume, il faut tenir compte de leur nature.

    La réduction du diésel ne règle pas tout

    Bruno HOUSSET souligne que la nocivité des particules persiste malgré la réduction des moteurs diesel. Ce phénomène est lié aux particules ultra-fines et secondaires, qui persistent et qui ont un pouvoir très oxydant. Les résultats de l’étude ont montré que les deux sources de particules ayant le plus grand pouvoir oxydant sont la biomasse avec le chauffage au bois et l’automobile par l’intermédiaire des freins et du frottement des pneus des véhicules. Il faut également compter avec les polluants émergents qui produisent des particules encore plus petites et qui ne font l’objet d’aucune surveillance actuellement. Bruno HOUSSET explique qu’il est donc nécessaire de s’attaquer aux sources de ces particules au fort pouvoir oxydant.

    En conclusion, ce travail est d’un grand intérêt  car, même si le pouvoir oxydatif des particules fines n’est pas une nouveauté, il permet d’affiner les  connaissances sur ces particules et d’adapter les moyens de lutte contre la pollution et la surveillance des polluants émergents, sources de particules encore plus fines...

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    JDF