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Pneumologie

SADS : deux polygraphies valent mieux qu’une !

Une forte probabilité clinique de syndrome d'apnée du sommeil pourrait justifier à bref délai une deuxième polygraphie, en cas de premier examen négatif, discordant avec la clinique. D’après un entretien avec Frédéric GAGNADOUX.

  • Par le Dr Anne-Christine DELLAVALLE
  • 08 Oct 2020
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    Une étude, dont les résultats sont parus en septembre 2020 dans Thorax, a fait le point sur l’intérêt dela réalisation d’une seconde polygraphie pour diagnostiquer un syndrome d’apnée du sommeil. Il s’agit d’une méta-analyse, qui a inclus, au total, 2446 sujets. Les patients ont bénéficié de deux enregistrements du sommeil à 6 mois d’intervalle, sans aucun traitement. Ls résultats de l’étude ont montré qu’il y a une différence entre les deux enregistrements, avec une tendance vers un nombre inférieur d’apnées sur le premier enregistrement. Sur le plan individuel, 40% des patients avient un nombre d’apnées au moins supérieur ou égal à 10 sur le second enregistrement, 49% ont changé de classe de SADS et 12% ont eu un faux négatif avec un diagnostic formel lors de la seconde polygraphie.

    Une seconde polygraphie, mais pour qui ?

    Le professeur Frédéric GAGNADOUX, chef de service de pneumologie au CHU d’Angers, rappelle l’existence d’une variabilité intermittente des enregistrements du sommeil. Pour lui, la question est de savoir si une décision thérapeutique peut être prise sur un seul enregistrement du sommeil. Il explique qu’il n’est pas possible de faire deux enregistrements pour tous les patients, compte-tenu du coût et de l’insuffisance de l’offre, rallongeant considérablement les délais. Fréderic GAGNADOUX suggère que si le résultat de la première polygraphie est dicordant avec la clinique, il est licite d’en effectuer une seconde. Il précise également que le positionnement du patient est un facteur de variabilité non pris en compte dans cette étude. En effet, le temps passé en décubitus dorsal est fluctuant, et, en cas d’apnée positonnelle , il ne faut pas hésiter à renouveler la polygraphie.

    Vers une simplification des enregistrements

    Frédéric GAGNADOUX explique, qu’aujourdhui, la réflexion doit tendre vers une simplification des enregistrements pour pouvoir en effectuer davantage. Des systèmes innovants permettant d’évaluer l’apnée du sommeil sur une à deux semaines consécutives pourraient optimiser le diagnostic et les prises de décisions thérapeutiques. La miniaturisation et la simplification des appareils de mesures pourraient permettre d’éviter les faux négatifs et l’afflux de patients vers la polygraphie classique.

    En conclusion, un résultat de polygraphie discordant avec la clinique doit encourager à en effectuer uen seconde. Toutefois, les diffcultés techniques ne permettent pas, aujourd’hui, d’élargir cette pratique et malheureusement, l’évolution vers la simplification des enregistrements n’est pas d’actualité…

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    JDF