Pneumologie

Depemokimab dans l’asthme sévère : une vraie avancée thérapeutique

 L’efficacité du  dépemokimab en relai des anti-IL-5 dans l'asthme sévère  aurait une non-infériorité non confirmée statistiquement mais un intérêt majeur dans la qualité de vie et l’observance chez des patients nécessitant un traitement au long cours. D’après un entretien avec Stéphanie FRY.

  • 17 Septembre 2026
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    Une étude, dont les résultats sont parus en mai 2026, dans l’American Journal of Critical Care Medicine, a cherché à évaluer l'efficacité et la tolérance du passage au dépemokimab chez des patients atteints d'asthme sévère, dont la maladie était contrôlée et répondait favorablement à un traitement biologique à courte durée d'action ciblant l'IL-5 ou son récepteur. Il s’agit de l’étude
    NIMBLE qui  est un essai clinique multicentrique de phase 3A, randomisé, en double aveugle, à double placebo et en groupes parallèles, conçu selon un schéma de non-infériorité. Les participants, âgés de 12 ans ou plus et atteints d'asthme sévère, présentaient un bénéfice clinique documenté après au moins 12 mois de traitement par mépolizumab (100 mg administrés par voie sous-cutanée toutes les 4 semaines) ou par benralizumab (30 mg administrés par voie sous-cutanée toutes les 8 semaines). Les participants ont été répartis de manière aléatoire entre un traitement par dépemokimab à la dose de 100 mg par voie sous-cutanée toutes les 26 semaines et la poursuite de leur traitement biologique habituel (mépolizumab ou benralizumab). Le critère principal d'évaluation était le taux annualisé d'exacerbations cliniquement significatives sur une période de 52 semaines. Les critères de sécurité comprenaient notamment la survenue d'événements indésirables.

     

     

    Une avancée thérapeutique majeure

    Le docteur Stéphanie FRY, praticien hospitalier dans le service de pneumologie et Immuno Alergologie du Centre Hospitalier Universitaire de Lille, qui a participé à ce travail, explique qu’il est très intéressant car il rapporte une non- infériorité d’un traitement de longue durée d’action qui s’adresse à des patients qui pourraient être traités au long cours, voire à vie. Les patients ont été recrutés alors qu’ils étaient déjà sous anti-IL 5 (même mécanisme que le dépemokimab) ou sous anti-récepteur à l’IL5 (mécanisme différent du dépemokimab). Elle souligne que si les résultats n’ont pas atteint le seuil statistique, les patients sous dépemokimab n’ont pas fait plus d’exacerbations. Stéphanie FRY estime donc que, globalement, ce traitement a une bonne efficacité chez des patients déjà traités et qui répondent bien à la biothérapie ciblant l’IL5 de manière générale. Pour elle, cela représente une avancée thérapeutique majeure car ces patients, déjà bien contrôlés, vont pouvoir bénéficier d’une injection sous-cutanée toutes les 26 semaines au lieu de toutes les 4 ou 8 semaines.

     

    Vers une probable meilleure observance

    Stéphanie FRY ajoute que les patients qui ont moins de séquences d’injection seraient plus observants, et de plus, ils ont moins d’effets indésirables liés aux injections sous-cutanées répétées. Ceci restera à démontrer par des études en vraie vie. Sur 52 semaines, les patients ont maintenu un contrôle satisfaisant de la maladie quelle que soit la biothérapie.

     

    En conclusion, le dépemokimab n’est pas moins efficace que le mépolizumab ou le benralizumab en traitement de l’asthme sévère de phénotype T2 éosinophilique et son profil d’administration le rend plus intéressant grâce des injections seulement semestrielles. Un grand confort pour ces patients potentiellement traités à vie…

     

     

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