Pneumologie
Grande prématurité : un facteur de risque de trouble ventilatoire obstructif à l’âge adulte
La prématurité sévère est associée au développement d'un trouble ventilatoire obstructif dans l'enfance, notamment en cas d'asthme associé. Des facteurs de risque ont été identifiés et le suivi régulier de la fonction respiratoire de ces sujets est incontournable.
Une étude, dont les résultats sont parus en avril 2026 dans Thorax, a cherché à mieux comprendre les trajectoires pulmonaires des sujets nés très prématurément. Pour cela , les auteurs ont réalisé une analyse longitudinale innovante basée sur les données de spirométrie. L’étude a inclus 116 individus nés à moins de 32 semaines de grossesse ainsi que sur 39 sujets témoins nés à terme. Les participants ont réalisé des tests de spirométrie à quatre périodes différentes entre l’âge de 4 ans et celui de 23 ans.
Vers une diminution progressive du VEMS
La naissance prématurée constitue aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique en raison des nombreuses complications qu’elle peut entraîner sur le long terme. Parmi celles-ci, les atteintes respiratoires occupent une place importante, car les enfants nés très prématurément présentent souvent une fonction pulmonaire altérée dès l’enfance. Cependant, les connaissances sur l’évolution de cette fonction respiratoire jusqu’au début de l’âge adulte restent encore limitées. Ce travail a permis d’identifier plusieurs trajectoires respiratoires distinctes chez les sujets prématurés, notamment une diminution progressive du VEMS ainsi qu’une altération importante du rapport VEMS/CV. À l’inverse, les individus nés à terme ont conservé une fonction pulmonaire relativement stable au fil du temps.
Des facteurs de risque identifiés
Les résultats de cette étude montrent également que certains facteurs influencent fortement l’évolution de la fonction pulmonaire. Un âge gestationnel plus élevé ainsi qu’une meilleure fonction respiratoire durant la petite enfance semblaient protéger contre le déclin pulmonaire. En revanche, le diagnostic d’asthme, la réponse aux bronchodilatateurs et les anomalies observées au scanner thoracique augmentaient significativement le risque d’obstruction progressive des voies respiratoires. Ces éléments suggèrent que certains facteurs de risque pourraient être identifiés précocement afin de limiter l’aggravation des atteintes respiratoires.
En conclusion, cette étude met en évidence qu’une proportion importante des personnes nées très prématurément développe une obstruction progressive des voies respiratoires entre l’enfance et le début de l’âge adulte. La prématurité apparaît donc comme un facteur de risque majeur de maladie pulmonaire obstructive chronique précoce. Un suivi régulier de la fonction pulmonaire ainsi qu’une prise en charge précoce des facteurs de risque pourraient permettre d’améliorer la santé respiratoire de ces patients à long terme.








