Pneumologie
La pléthysmographie opto électronique, un nouvel outil pertinent pour évaluer la ventilation ?
La pléthysmographie opto-électronique (OEP) permet de diagnostiquer avec précision certaines pathologies, habituellement identifiées à l’aide de procédures complexes ou invasives. Il s’agit d’un outil encore trop peu utilisé usuellement, qui mérite une attention particulière. D’après un entretien avec Nicolas HOUEL, Laurent GAILLARD, Laurent STUBBE et Damien RIQUET.
Une revue systématique publiée en Février 2026 dans Respiratory Medicine and Research s’est intéressée à l’apport de l’OEP en physiologie et pathologie respiratoire. Une attention particulière a été portée sur la mesure de la symétrie respiratoire comme critère diagnostic. Cette étude met en évidence le fait que l’OEP permet de remplacer des méthodes d’investigation invasives pour le diagnostic et le suivi à court et moyen terme de certaines pathologies. Une méta-analyse a également été conduite pour estimer la norme de la symétrie respiratoire chez le sujet sain, pouvant servir de référence aux prochaines études.
Une visualisation de la symétrie respiratoire
Le professeur Nicolas HOUEL, de l’Université de Reims Champagne-Ardenne, présente les avancées réalisées dans le cadre d’un travail de thèse mené par Laurent GAILLARD, en collaboration avec Laurent STUBBE et Damien RIQUET. La pléthysmographie opto-électronique est un outil utilisé pour la mesure non invasive de la ventilation des patients. Cette technique mesure à la fois les volumes respiratoires et la cinématique respiratoire. En terme de volumétrie, l’OEP a été validée scientifiquement en comparaison à la spirométrie conventionnelle. La cinématique respiratoire, quant à elle, permet de quantifier le mouvement de la cage thoracique, de l’abdomen et du rachis. . Il est possible, en particulier, de quantifier les différents compartiments du tronc et d’en déduire le niveau de symétrie respiratoire. Cette mesure peut faciliter le diagnostic de certaines pathologies comme la paralysie diaphragmatique unilatérale. Une autre application de cette mesure concerne le cas des patients scoliotiques, dont la spirométrie reste normale jusqu’à 50° de déformation rachidienne, alors que l’on sait que les déformations osseuses modifient l’orientation des articulations et des muscles à l’origine d’une réorganisation de la stratégie ventilatoire.
Une technique innovante qui mérite d’être développée
Les auteurs de ce travail sont conscients que la pléthysmographie opto-électronique est un outil qui ne fait pas partie à ce jour des « standards » utilisés par les pneumologues. L’ambition est d’essayer d’amener cet outil dans l’attirail des cliniciens. En effet, cette technique est peu utilisée en France. Elle a été développée à Milan dans les années 90 et est beaucoup plus utilisée en Italie, notamment pour le suivi des patients atteints de myopathie de Duchenne et d’ostéogénèse imparfaite en permettant de mesurer de manière non invasive l’évolution de la dégradation musculaire. Pour les auteurs, cette technique innovante mérite d’être développée car elle apporte une vraie plus-value et par des mesures plus fines tout aussi précises que la spirométrie mais avec l’avantage de s’affranchir des principales sources d’erreur de la spirométrie conventionnelle (fuites, variations des conditions de pression et température dans les tubulures, dérives liées à l’intégration des débits). Ils ajoutent que le coût n’est pas excessif. Un système d’analyse du mouvement composé de quatre à huit caméras est suffisant et coûte entre 8000 et 20 000€. Mais surtout, il existe déjà une soixantaine d’unités d’analyse du mouvement (les plateformes d’analyse quantifiée de la marche au sein des centres hospitaliers et les laboratoires d’analyse du mouvement humain des CHU et des universités) réparties sur tout le territoire qui seraient en mesure d’implémenter très facilement ce type d’évaluation respiratoire.
En conclusion, la pléthysmographie opto-électronique est un outil de mesure respiratoire non invasif qui permet des mesures fines et précises des paramètres ventilatoires, notamment sur la symétrie des mouvements respiratoires. C’est un outil encore sous-exploité qui a toute sa place dans la panoplie des méthodes d’explorations respiratoires.








