Pneumologie

Vapotage : dangereux pour les voies respiratoires, même sans nicotine.

L’utilisation de la cigarette électronique est devenue de plus en plus répandue ces dernières années, notamment chez les adolescents. Pourtant, les connaissances sur les effets du vapotage sur les poumons restent limitées, par manque de recul, en particulier en ce qui concerne les mécanismes de défense naturels des voies respiratoires. Il semblerait que le vapotage, même sans nicotine, altère les cils et la fonction barrière de l'épithélium respiratoire.

  • 02 Avril 2026
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    Une étude, dont les résultats sont parus en février 2026 dans Lung, a  cherché à mieux comprendre comment une exposition répétée au vapotage sans nicotine pouvait perturber les fonctions protectrices des voies respiratoires et à évaluer la capacité de récupération de ces mécanismes. Pour cela, les auteurs de ce travail ont prélevé des cellules primaires des voies respiratoires nasales provenant de cinq individus en bonne santé et les ont cultivées puis exposées de manière répétée à la cigarette électronique. Ils ont ensuite analysé la fonction des cils à l’aide d’une microscopie vidéo à grande vitesse, tandis que l’intégrité de la barrière épithéliale a été évaluée grâce à des mesures de résistance électrique transépithéliale et par immunofluorescence. En parallèle, la sécrétion de cytokines, impliquées dans les réponses inflammatoires, a été étudiée.

     

    Une altération significative des battements de cils et de la barrière épithéliale

    Les résultats ont montré qu’après au moins 24 expositions au vapotage, la fonction des cils et l’intégrité de la barrière épithéliale étaient significativement altérées. La fréquence de battement des cils avait diminué de 18,6 % après 24 séances et de 53 % après 60 séances. De plus, la résistance électrique transépithéliale a chuté de 45,6 % après 24 expositions et de 77,4 % après 60 expositions, indiquant un affaiblissement de la barrière cellulaire. Le vapotage sans nicotine a également perturbé l’expression de certaines protéines essentielles. Par ailleurs, une augmentation de la sécrétion de plusieurs cytokines inflammatoires a été observée après 36 séances de vapotage.

     

    Des anomalies réversibles à l’arrêt du vapotage

    Les résultats de ce travail ont toutefois montré que la fonction des cils pouvait revenir à la normale en environ 48 heures, tandis que la barrière épithéliale nécessitait jusqu’à 72 heures pour récupérer une fonction normale. Bien que certaines fonctions puissent se rétablir après un certain temps, in vitro,  il n’existe aucune certitude que ce délai de récupération ne puisse pas rendre les voies respiratoires plus vulnérables aux infections et à d’autres pathologies respiratoires, en vraie vie.

     

    En conclusion, cette étude montre que le vapotage, même sans nicotine, peut progressivement perturber les mécanismes de défense des voies respiratoires mais de façon réversible, avec un certain délai, à l’arrêt de l’exposition à la cigarette électronique

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