Pneumologie

Troubles alimentaires et grossesse: risque d’asthme chez l’enfant

La santé mentale maternelle joue un rôle déterminant dans le développement et la santé à long terme de l’enfant. Si les effets de la dépression et de l’anxiété maternelles sur la santé respiratoire infantile ont été largement documentés, l’impact spécifique des troubles alimentaires maternels demeure encore peu exploré.

  • 19 Février 2026
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    Une étude, dont les résultats sont parus en décembre 2025, dans Thorax a cherché à évaluer les associations entre les troubles alimentaires chez la mère et les résultats respiratoires chez l’enfant, tout en tenant compte des sous-types de troubles alimentaires, des périodes d’exposition et des comorbidités psychiatriques. L’analyse s’appuie sur les données de 131 495 paires mère-enfant issues de sept cohortes du Réseau européen de cohortes d’enfants. Les associations entre les troubles alimentaires maternels avant la grossesse et la survenue de respiration sifflante en âge préscolaire ainsi que de l’asthme en âge scolaire ont été évaluées à l’aide de modèle statistiques précis. Des analyses complémentaires ont examiné ces associations en l’absence de dépression ou d’anxiété maternelles, selon les sous-types de troubles alimentaires (anorexie mentale, boulimie), les périodes d’exposition (avant, pendant et après la grossesse), ainsi que la fonction pulmonaire à l’âge scolaire dans deux cohortes.

     

    Une association significative entre la santé mentale maternelle et la fonction respiratoire de l’enfant

    La prévalence des troubles alimentaires maternels avant la grossesse présentait une grande variabilité selon les sources de données, avec des estimations allant de 0,8 % à 17,0 %, ce qui reflète probablement des différences méthodologiques, de définition des troubles et de populations étudiées. Les résultats indiquent que la présence de troubles alimentaires chez la mère avant la grossesse était associée à une augmentation du risque de respiration sifflante chez l’enfant à l’âge de la maternelle, ainsi qu’à un risque accru de développer de l’asthme en âge scolaire, suggérant un impact potentiel de l’état de santé maternel avant la conception sur la santé respiratoire de l’enfant.

     

    Troubles alimentaires maternels : un facteur de risque indépendant pour l’enfant

    Après exclusion des mères présentant des troubles psychiatriques comorbides tels que la dépression ou l’anxiété, les associations observées étaient légèrement atténuées, mais restaient globalement cohérentes, ce qui indique que les troubles alimentaires pourraient exercer un effet indépendant. Les résultats étaient similaires quel que soit le sous-type de trouble alimentaire étudié et ne mettaient pas en évidence de schéma particulier selon le moment de l’exposition. Enfin, les analyses suggéraient une association positive, bien que faible, entre les troubles alimentaires maternels et la fonction pulmonaire de l’enfant, renforçant l’hypothèse d’un lien modeste mais potentiel entre ces troubles et le développement respiratoire.

     

    En conclusion, les troubles alimentaires maternels apparaissent comme un facteur de risque indépendant de sifflement respiratoire et d’asthme chez l’enfant. Ces résultats mettent en évidence l’importance de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents et les conséquences respiratoires à long terme des troubles alimentaires maternels, afin de guider le développement d’interventions ciblées visant à améliorer la santé respiratoire des enfants.

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