Pneumologie
Entretenir les acquis après une réadaptation respiratoire pour BPCO : efficace sur les hospitalisations et les coûts de santé !
L’inclusion de patients atteints de BPCO dans des programmes de maintien des acquis après un séjour en réhabilitation respiratoire fait la preuve de son efficacité et de son impact sur les coûts de santé. Une affaire à suivre. D’après un entretien avec le Pr Fares GOUZI.
Une étude, dont les résultats sont parus en décembre 2025 dans Respiratory Medicine Research, a cherché à évaluer, sur plus de 36 mois, l’effet d’un programme de maintien des acquis de la réadaptation respiratoire basé sur des associations de patients, comparé aux soins habituels. Il s’agit d’une analyse ancillaire de la cohorte LTAir+R comparant des patients BPCO bénéficiant du programme de maintien à un groupe apparié en soins usuels, et évaluant sur 60 mois l’impact du programme sur les hospitalisations, consultations, passages aux urgences et les coûts de santé associés. Les auteurs sont partis du constat que la BPCO entraîne une utilisation importante des ressources de santé et des coûts élevés et que la réadaptation respiratoire pouvait potentiellement les réduire.
L’entretien est la clé du maintien des bénéfices de la réadaptation !
Le Professeur Fares GOUZI, physiologiste et pneumologue dans le service de Physiologie Clinique, au Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier, et auteur de ce travail, explique que cette étude est une étude ancillaire d’un travail princeps paru en 2021, réalisé sous l’impulsion du Professeur Christian PREFAUT, qui a développé le programme de maintien des acquis après réadaptation respiratoire chez les malades respiratoires au sein d’un réseau de santé en Occitanie. Ce programme original est réalisé sous format d’associations de patients, actuellement vingt-huit au sein du réseau régional Occitan’Air. Les patients se réunissent une fois par semaine, dans un lieu proche de leur domicile. Ce programme d’entretien est en partie financé par l’ARS. L’élaboration de ce programme fait suite au constat que, douze mois après la réhabilitation respiratoire en centre, les bénéfices cliniques sont perdus, que ce soit au niveau de la capacité d’exercice, de la dyspnée ou encore de la qualité de vie. A la demande de l’ARS les auteurs ont colligé des données ont entre 2011 et 2018. Ce travail a alors démontré que les patients maintenaient leur bénéfice pendant 4 à 5 ans sur tous les critères. De plus, en appariant des patients bénéficiant du programme de maintien à des patients n’en bénéficiant pas, (sur l’âge, le sexe, le VEMS et de résultat du test de marche de 6 minutes), les auteurs ont observé une réduction de la mortalité de 13%, cinq ans après, chez les patients qui avaient bénéficié du programme de maintien. Cette étude étant la première du genre, l’ARS a ensuite voulu connaitre l’impact de ce programme sur la réduction des coûts de santé.
Des résultats médico-économiques encourageant à l’aune des négociations avec l’ARS
Fares GOUZI explique que l’étude, parue en décembre 2025, fait suite à cette demande de l’ARS. Elle a été réalisée au Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier, en lien avec deux internes de médecine générale et le Professeur François CARBONNEL, professeur de Médecine Générale, à l’Université de Montpellier. Tous ont réalisé une fastidieuse collecte de données pour évaluer auprès des médecins généralistes mais aussi auprès du CHU de Montpellier. Là encore, les effets positifs étaient significatifs, avec une réduction de la probabilité d’hospitalisations, mais aussi du cout de l’hospitalisation, des consultations et des passages aux urgences. Mais également, plus les patients demeuraient longtemps dans le programme de maintien, plus la diminution des couts était importante ! Fares GOUZI relève cependant que ce travail présente la limite d’être une étude rétrospective monocentrique et non large étude prospective multicentrique mais les indicateurs sont en accord avec les indices de la littérature. Le financement de ce programme en Occitanie par les tutelles apparait donc tout à fait justifié, et avec un cout patient programme de maintien des acquis coûte en partie compensée les 414 euros/an économisés par patient. Actuellement, près 1000 patients en bénéficient chaque année en Occitanie. Ces programmes pertinents pourraient donc être efficient, et mériteraient une évaluation par rapport aux données issues du système national des données.
En conclusion, les résultats de ce travail colossal vont être transmis à l’ARS Occitanie et l’objectif est que cette expérience puisse se généraliser, grâce aux arguments d’efficacité et d’efficience. Une très belle initiative pour la qualité de vie des patients atteints de BPCO!








