Pneumologie

Vaccination anti SARS-CoV2 : une réduction de la mortalité à long terme !

 Une colossale étude, rendue possible par l’exceptionnelle traçabilité de la vaccination anti-SARS-CoV2, a montré que cette vaccination, bien conduite,  réduit également la mortalité toutes causes confondues, sur 4 ans, chez les français de 18 à 59 ans ! D’après un entretien avec Elodie BLANCHARD.

  • 08 Janvier 2026
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    Une étude française, dont les résultats sont parus en décembre 2025 dans le JAMA Network Open, a comparé la mortalité toutes causes confondues sur 4 ans entre les adultes de 18 à 59 ans vaccinés par un vaccin contre la COVID-19 à ARNm et les non-vaccinés. Il s’agit d’une étude de cohorte réalisée à partir des données du Système national de données de santé. Les participants vivants au 1er novembre 2021 ont été suivis, avec une exposition définie par la réception d’une première dose entre mai et octobre 2021. Des modèles de Cox ajustés sur les caractéristiques sociodémographiques et les comorbidités ont été utilisés, avec un suivi débutant 6 mois après la date d’indice pour limiter les biais. Des analyses complémentaires ont examiné les causes de décès et la mortalité à court terme après vaccination à l’aide de méthodes spécifiques. Au total, 22 767 546 personnes vaccinées et 5 932 443 personnes non vaccinées ont été suivies.

     

    Des résultats liés à la traçabilité exemplaire de la vaccination anti-SARS-CoV2

    Le docteur Elodie BLANCHARD, pneumologue dans le service de Pneumologie du Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux, explique que ce travail est particulièrement intéressant car il constitue le premier du genre, qui s’intéresse à la mortalité à 4 ans de la vaccination anti SARS-CoV2. Elle souligne l’importante méthodologie liée au volume colossal de la cohorte, qui é été rendue possible grâce à l’exemplaire traçabilité de la vaccination anti SARS-CoV2, qui est loin d’être aussi bien menée pour les autres vaccinations. L’effet observé à l’issue de cette étude est une réduction de la mortalité chez les sujets vaccinés, toutes causes confondues. Elodie BLANCHARD relève qu’un biais peut exister par le fait que les patients correctement vaccinés sont des patients qui prennent soins d’eux, et qui ont des comportements favorables à leur santé. Toutefois, les auteurs de ce travail ont utilisé une méthodologie de pondération à cet effet « healthy vaccine ». Toutes les limites de ce travail ont été pondérées afin de réduire au maximum les biais possibles. Les auteurs ont utilisé beaucoup de données sur les facteurs de mortalité évitables, les cancers associés, les comorbidités respiratoires et cardiaques. Ils ont également inclus des données régionales, qui tenaient compte des différences socio-économiques.

     

    Et qui tordent les propos des milieux complotistes antivax…

    Elodie BLANCHARD précise que ces résultats vont à l’encontre des propos antivax  tenus dans les milieux complotistes, qui disent que la mortalité est plus importante dans la population vaccinée. Ce n’est absolument pas le cas puisqu’au contraire, ces sujets ont une mortalité plus faible. Cela présente un grand intérêt car cette étude a été réalisée en France, pays où l’hésitation vaccinale est importante. Ce travail était nécessaire et est très efficace, d’autant que les auteurs sont restés prudents en énonçant que la vaccination anti-SARS-CoV2 n’a montré aucune association avec une surmortalité à long terme.

     

    En conclusion, ce travail de très grande ampleur et d’excellente qualité ne peut que convaincre sur la réduction de la mortalité  à long terme des patients vaccinés contre le SARS-CoV2. Bonne réflexion aux antivax….

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