Hématologie
Myélome multiple en rechute : résultats prometteurs de l’association daratumumab et talquetamab – essai TRIMM-2
Dans l’étude TRIMM-2, l’association talquetamab–daratumumab montre une forte efficacité (71–82 % de réponses) chez des patients lourdement prétraités. La tolérance est globalement gérable, et le daratumumab pourrait potentialiser l’effet du talquetamab.
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Article : Talquetamab plus daratumumab for the treatment of relapsed or refractory multiplemyeloma in the TRIMM-2 study. Chari et al. Blood 2025.LIEN.
Le talquetamab est un anticorps bispécifique ciblant le CD3 et la molécule GPRC5D, indiqué en monothérapie dans le myélome multiple en rechute/réfractaire (MMR/R). Ce médicament a une AMM Européenne, mais n’est malheureusement pas disponible en France. Associé au daratumumab, il pourrait induire des réponses plus profondes et plus durables qu’en monothérapie.
Administration hebdomadaire ou bi-mensuelle
Cette étude de phase 1b TRIMM-2 a inclus des patients atteints de MMR/R, ayant reçu au moins trois lignes de traitement antérieures ou réfractaires à la fois à un inhibiteur du protéasome et à un agent immunomodulateur. Les patients recevaient du talquetamab par voie sous-cutanée à la dose de 0,4 mg/kg une fois par semaine (cohorte hebdomadaire, « QW », n=14) ou 0,8 mg/kg toutes les deux semaines (cohorte bimensuelle, « Q2W », n=51), en association avec du daratumumab selon la dose et le schéma approuvé.
Soixante-cinq patients ont été inclus : ils avaient reçu en médiane 5 lignes de traitement antérieures ; 61,5 % étaient réfractaires aux trois classes thérapeutiques principales ; 24,6 % étaient préalablement exposés à des anticorps bispécifiques. Le suivi médian était de 18,6 mois.
Un possible effet synergique
Des réponses ont été observées chez 71,4 % des patients dans la cohorte QW et 82,4 % dans la cohorte Q2W. La survie sans progression médiane était respectivement de 23,3 et21,2 mois dans chaque cohorte. Les résultats pharmacodynamiques suggèrent que l’effet immunomodulateur du daratumumab contribue à créer un environnement favorable à
l’activité du talquetamab en réduisant les cellules immunosuppressives.
Les événements indésirables les plus fréquents étaient la toxicité cutanéo-muqueuse (12% grade 3-4), le syndrome de relargage des cytokines (78%, grade 1-2 uniquement) et les infections (29% grade 3-4). Deux patients ont présenté des toxicités limitantes, tous deux dans la cohorte Q2W (stomatite/mucite orale de grade 3 et éruption maculo-papuleuse de
grade 3).
En conclusion l’association talquetamab + daratumumab a montré une efficacité prometteuse chez des patients lourdement prétraités, avec un profil de tolérance cohérent avec celui de chaque agent utilisé en monothérapie.








