Onco-Dermato
Cancer cutané : l’activité physique également associée à une meilleure survie
Comme dans d’autres cancers, la pratique d’une activité physique est associée à une meilleure survie globale et spécifique chez les patients traités pour un cancer cutané. Elle pourrait être recommandée dans le cadre des soins de support.
- Izzet Esmece/iStock
L’activité physique est généralement associée à une meilleure survie des patients atteints de cancer, mais les données concernant son rôle pronostique dans les cancers cutanés restent limitées.
Un constat qui a conduit à réaliser une revue systématique de la littérature et une méta-analyse, dont les conclusions sont publiées dans une lettre à l’éditeur du JEADV .
Après analyse des bases PubMed et EMBASE, les auteurs ont sélectionné 7 études de bonne qualité rapportant l'association entre la pratique d’une activité physique (quel qu’en soit le type, récréationnel, professionnel ou dans le cadre du travail), avant et ou après le diagnostic et la survie chez les patients atteints de mélanome cutané ou de cancers cutanés non mélanocytaires.
Baisse de près de 30 % de la mortalité spécifique
Globalement, l’analyse met en évidence un risque de mortalité de toutes causes plus faible chez les personnes physiquement plus actives (odd ratio pour la survie globale de 0,69 (IC 95 % : 0,57–0,83). Et, en méta-régression, c’est l’activité physique après le diagnostic qui est associée au plus grand bénéfice (OR 0,57, IC 95 % : 0,48–0,68) comparativement à un OR de 0,78 (IC 95 % : 0,69–0,89) pour l’activité physique avant le diagnostic. Pour la mortalité spécifique, la réduction du risque est de 29 % (OR 0,71 ; IC 95 % 0,57–0,88).
Pour les seuls carcinomes cutanés (4 études), la baisse de la mortalité de toutes causes est de 22% (IC 95% 0.68–0.90).
Plusieurs mécanismes pourraient être impliqués
Les auteurs mettent en avant plusieurs mécanismes qui pourraient expliquer la réduction de la mortalité observée chez les patients physiquement actifs, notamment des effets anti-inflammatoires, métaboliques et immunitaires. L'activité physique exerce des effets anti-inflammatoires et métaboliques, en diminuant la signalisation de l'insuline et de l'IGF-1 et en réduisant les médiateurs de l'inflammation chronique, qui sont liés à la progression du cancer et à la mortalité, tous types de tumeurs confondus. L'activité physique peut également avoir un impact bénéfique sur la survie en réduisant les effets secondaires des traitements anticancéreux, en modulant les réponses immunitaires et en optimisant les voies métaboliques, potentiellement en synergie avec l'immunothérapie, notamment dans les cas de mélanome avancé.
Malgré les limites de cette analyse de la littérature, qui tient au nombre modéré d’études, au caractère majoritairement autodéclaré de l’activité physique et à l’absence d’essais randomisés, les auteurs estiment que la pratique d’une activité physique après le diagnostic devrait être intégrée aux soins de suivi des patients atteints d'un cancer cutané, en plus des traitements standards.








