Onco-Thoracique
Cancer du poumon : quels sont les déterminants de la qualité de vie ?
Une étude originale qui s’intéresse à la santé mentale des patients atteints de cancer du poumon. Les indicateurs de santé mentale étaient significativement et négativement corrélés à la qualité de vie dans l’ensemble des groupes, ce qui peut sembler intuitif mais nous encourage à mettre en place une prise en charge complète tôt chez nos patients.
- saifulasmee chede/iStock
Le cancer du poumon constitue l’une des principales causes de mortalité liée au cancer, le tabagisme représentant un facteur de risque majeur. Cette étude allemande originale vise à explorer les facteurs influençant la qualité de vie chez les patients atteints de cancer du poumon, en mettant l’accent sur le statut tabagique et la santé mentale.
Caractéristique de l’étude
Cette étude allemande a été menée à l’Hôpital universitaire d’Augsbourg entre décembre 2021 et décembre 2023. Au total, 56 patients atteints de cancer du poumon ont été classés en fumeurs actifs, ex-fumeurs ou non-fumeurs. Les participants ont complété des questionnaires validés évaluant la qualité de vie, la dépression, l’anxiété, le stress, les symptômes du trouble de la personnalité borderline ainsi que la douleur.
Les questionnaires utilisés comprenaient le Beck Depression Inventory-II (BDI-II) pour l’évaluation des symptômes dépressifs, les Depression Anxiety Stress Scales (DASS) pour les symptômes d’anxiété et de stress, le McGill Pain Questionnaire – Short Form (SF-MPQ) pour l’évaluation de la douleur, la Borderline Symptom List-23 (BSL-23) pour les traits de personnalité, le Test of Self-Conscious Affects (TOSCA) pour les sentiments de honte et de culpabilité, ainsi que le McGill Quality of Life Questionnaire – Revised (MQOL) pour l’évaluation de la qualité de vie. La dépression a été évaluée à la fois en tant que sous-domaine des Depression Anxiety Stress Scales (DASS-21) et à l’aide du Beck Depression Inventory-II (BDI-II), ce dernier étant spécifiquement centré sur la dépression.
Des analyses statistiques ont été utilisées pour examiner les différences entre groupes et les relations entre la qualité de vie et les facteurs de santé mentale.
Résultats
A noter, la moitié des patients étaient de stade IV, et l’autre moitié de stade I à III au moment de l’étude et de l’évaluation.
Les résultats ne montrent aucune différence significative de la qualité de vie globale entre les fumeurs actifs, ex-fumeurs ou non-fumeurs. Donc le statut tabagique n’influence pas la qualité de vie entre les patients.
Cependant, les indicateurs de santé mentale — notamment la dépression, l’anxiété, le stress et les symptômes du trouble de la personnalité borderline — étaient significativement et négativement corrélés à la qualité de vie dans l’ensemble des groupes, ce qui parait intuitif et peut être retrouvé chez les patients atteints de tout type de cancer.
La douleur constituait également un facteur déterminant influençant la qualité de vie. La prise en charge de la douleur joue un rôle plus déterminant dans la qualité de vie des patients.
Cette étude aux résultats semblant intuitifs rappelle qu’une prise en charge globale avec suivi psychologique et prise en charge avec une équipe de soins de support pour la douleur sont indispensables et indissociables de la prise en charge médicale thérapeutique des patients atteints de cancer du poumon, et de tout cancer.











