Neurologie

Les patients SEP ont-ils des troubles neurologiques fonctionnels ?

Les troubles neurologiques fonctionnels se surajoutent parfois à une pathologie organique connue. D'où l'importance à les repérer comme le suggère une étude australienne qui en a évalué la fréquence chez des patients suivis pour une sclérose en plaque.

  • wildpixel/iStock
  • 28 Janvier 2026
  • A A

    Les troubles neurologiques fonctionnels (TNF) constituent un défi majeur tant sur le plan diagnostique qu’en ce qui concerne leur approche thérapeutique. La prise en charge peut être d’autant plus complexe lorsqu’ils se surajoutent à une pathologie organique connue. Cela est notamment bien décrit dans le cadre de l’épilepsie où l’existence de crises non épileptiques d’origine psychogène peut se surajouter à une maladie épileptique authentique.

    400 patients ont été suivis dans le centre expert

    Dans une étude récente (1), une équipe australienne s’est intéressée à décrire la présence de troubles neurologiques fonctionnels chez des patients atteints de sclérose en plaques. Le recueil a concerné plus de 400 patients suivis dans le centre expert d’Adelaïde. Le diagnostic de TNF était porté par le neurologue selon les critères diagnostics usuels, devant la présence de symptômes atypiques non documentables de manière objective et non systématisés.

    Les principaux TNF retrouvés étaient des troubles moteurs non systématisés et sans atteinte objective, des tremblements dont les caractéristiques évoquaient une origine fonctionnelle (variabilité, distractibilité) ou des symptômes cognitifs non documentable par un bilan neuropsychologique.

    Des troubles anxio-dépressifs étaient souvent retrouvés

    Les patients SEP avec TNF étaient majoritairement de sexe féminin (96.8% versus 76% dans le groupe sans TNF, p<0.001). On retrouvait également de manière plus importante une symptomatologie anxio dépressive et la présence d’au moins un autre symptôme extra neurologique de la lignée fonctionnelle (fibromyalgie, syndrome de l’intestin irritable, céphalées chroniques tensives).

    Dans un contexte de traitement précoce et agressif des patients atteints de sclérose en plaques, cette étude est importante car elle met en lumière le risque de coexistence de symptômes neurologiques organiques et fonctionnels, ce qui peut dans certains cas mener àune escalade thérapeutique injustifiée, une polymédication et une iatrogénie induite.

     

    Référence :

    1. Collins L, Bagster M, Tamlin L, et al. Functional Neurologic Symptoms in Multiple Sclerosis.

    Estimated Prevalence and Associated Comorbidities. Neurol Clin Pract 2026;16:e200569.

    doi:10.1212/CPJ.0000000000200569

    Pour pouvoir accéder à cette page, vous devez vous connecter.