cardiologie

TyG, un nouveau biomarqueur dans le suivi des procédures de revascularisation coronaire

L'index tricgycérides-glucose se révèle performant dans le pronostic des complications post-revascularisation coronarienne selon les résultats d'une méta-analyse chinoise.  

 

  • PhonlamaiPhoto/iStock
  • 07 Janvier 2026
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    Faut-il dès à présent introduire l’index triglycérides-glucose (TyG), un biomarqueur peu coûteux et simple de dépistage d’insulinorésistance dans le suivi d’une procédure de revascularisation coronaire? C’est, en tout état de cause, une des conclusions qui s’impose à la lecture d’une méta-analyse  d'études de cohortes publiée dans Annals of medicine le 27 décembre dernier.

    Malgré les bénéfices démontrés de la revascularisation coronaire, qu’elle soit réalisée par angioplastie coronaire percutanée ou par pontage aorto-coronarien, une proportion significative de patients continue de présenter un risque élevé d’événements cardiovasculaires indésirables majeurs après l’intervention. L’identification précoce de marqueurs simples et fiables permettant une meilleure stratification du risque post-revascularisation constitue donc un enjeu clinique important.

    L’indice triglycérides-glucose (TyG), calculé à partir des triglycérides et de la glycémie à jeun, à savoir TyG = ln [Triglycérides à jeun (mg/dL) × Glycémie à jeun (mg/dL) / 2] est reconnu comme un marqueur indirect de la résistance à l’insuline. De nombreuses études ont suggéré une association entre un indice TyG élevé et un risque accru d’événements cardiovasculaires, bien que les résultats restent hétérogènes. Aucune synthèse n’avait toutefois évalué spécifiquement son rôle pronostique chez les patients ayant bénéficié d’une revascularisation coronaire. Cette méta-analyse visait à examiner l’association entre l’indice TyG et la survenue ultérieure d’événements cardiovasculaires indésirables majeurs dans cette population, ainsi qu’à analyser son impact selon la technique de revascularisation.

    La revue systématique a été conduite selon les recommandations PRISMA et enregistrée dans PROSPERO. Douze études de cohorte, incluant 9 973 patients ayant bénéficié d’une revascularisation coronaire, ont été retenues. Toutes les études provenaient de Chine et présentaient une qualité méthodologique globalement satisfaisante selon l’échelle de Newcastle-Ottawa. L’indice TyG était analysé comme variable catégorielle, en comparant les groupes aux valeurs les plus élevées et les plus basses. Le critère principal était la survenue d’événements cardiovasculaires indésirables majeurs, incluant la mortalité toutes causes, l’infarctus du myocarde non fatal, l’accident vasculaire cérébral non fatal, la revascularisation répétée et la réhospitalisation d’origine cardiaque.

    Un doublement du risque global

    Les résultats montrent qu’un indice TyG élevé est associé de manière significative et indépendante à une augmentation du risque d’événements cardiovasculaires indésirables majeurs après revascularisation coronaire, avec un doublement du risque global. Cette association est retrouvée aussi bien après pontage aorto-coronarien qu’après angioplastie coronaire percutanée. L’analyse de sous-groupes suggère une hétérogénéité plus marquée dans les études portant sur l’angioplastie, probablement liée à la diversité des profils cliniques, notamment la fréquence plus élevée des syndromes coronariens aigus.

    Les analyses secondaires confirment qu’un indice TyG élevé est également associé à une augmentation significative de la mortalité toutes causes confondues, du risque d’accident vasculaire cérébral non fatal, d’infarctus du myocarde non fatal et de revascularisation répétée. Ces résultats sont cohérents avec les données physiopathologiques liant la résistance à l’insuline à l’inflammation chronique, au dysfonctionnement endothélial, au stress oxydatif, à l’instabilité des plaques athéromateuses et aux troubles de la microcirculation, mécanismes impliqués dans la récidive d’événements cardiovasculaires après revascularisation.

    L’association entre indice TyG et risque cardiovasculaire persiste indépendamment de la présence d’un diabète ou d’un syndrome coronarien aigu, suggérant que cet indice pourrait capter un risque métabolique global non entièrement reflété par les facteurs de risque traditionnels. Comparé aux scores de risque existants, tels que SYNTAX par exemple qui évalue pour chaque lésion lors d’une coronarographie l’étendue du territoire à risque et la sévérité de la lésion anatomique, l’indice TyG présente l’avantage d’être simple, peu coûteux et facilement accessible en pratique clinique courante.

    Une prise en charge personnalisée optimisée

    Cette étude comporte néanmoins des limites, notamment le nombre restreint d’études disponibles, leur origine géographique unique chinoise, l’absence de valeurs seuils consensuelles et la mesure unique de l’indice TyG sans prise en compte de son évolution dans le temps. Des études prospectives multicentriques, incluant des populations occidentales, seront nécessaires pour confirmer ces résultats et définir des seuils cliniquement pertinents.

    En conclusion, cette méta-analyse suggère qu’un indice TyG élevé constitue un facteur prédictif indépendant d’événements cardiovasculaires indésirables majeurs après revascularisation coronaire. Facile à calculer et peu coûteux, il pourrait s’intégrer à la stratification du risque post-interventionnelle afin d’identifier les patients à haut risque et d’orienter une prise en charge personnalisée.

     

     

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