Hématologie
La combinaison teclistamab + daratumumab est plus efficace que le traitement de rattrapage standard pour les patients atteints de myélome multiple en rechute ou réfractaire
La combinaison teclistamab–daratumumab, chez des patients avec un myélome en rechute après 1 à 3 lignes, permet d’obtenir de meilleurs taux de réponse, un gain de survie sans progression et de survie globale significatifs, en comparaison au traitement de rattrapage standard par DPd ou DVd.
- Md Saiful Islam Khan/iStock
Le teclistamab (anti-BCMA/anti-CD3), un anticorps bispécifique anti-BCMA, a montré des réponses durables en monothérapie chez des patients atteints de myélome multiple en rechute ou réfractaire (MMRR), en échec des autres classes thérapeutiques. Le daratumumab, un anticorps monoclonal anti-CD38, a montré un bénéfice de survie chez les patients atteints de myélome multiple dès la 1 ère ligne.
Dans cet essai de phase 3.(Teclistamab plus Daratumumab in Relapsed or Refractory Multiple Myeloma. Costa et al. publié dans The New England Journal of Medicine LIEN, des patients ayant reçu une à trois lignes de traitement antérieures ont été randomisés pour recevoir soit une association teclistamab–daratumumab, soit un traitement de rattrapage classique comportant daratumumab, dexaméthasone et, au choix de l’investigateur, pomalidomide (DPd) ou bortézomib (DVd).
Avantage en réponse, survie sans progression et survie globale
Au total, 291 patients ont reçu la combinaison teclistamab–daratumumab et 296 DPd ou DVd. Une proportion plus élevée de patients du groupe teclistamab–daratumumab a obtenu au moins une réponse complète (81,8 % contre 32,1 %), une réponse globale (89,0 % contre 75,3 %) et une maladie résiduelle (MRD) négative à 10⁻⁵ (58,4 % contre 17,1 %) (P < 0,001 pour toutes les comparaisons).
La survie sans progression estimée à 36 mois était de 83,4 % dans le groupe teclistamab–daratumumab et de 29,7 % dans le groupe DPd ou DVd (hazard ratio : 0,17, p <0,001).
La survie globale estimée à 36 mois était de 83.3% (95% CI, 78.3 - 87.2) dans le groupe teclistamab–daratumumab et de 65% (95%CI, 58.8 - 70.5) dans le groupe DPd ou DVd(p<0,0001).
Vigilance quant au risque infectieux
Des événements indésirables de grade 3-4 sont survenus chez 70,7 % des patients du groupe teclistamab–daratumumab et chez 62,4 % de ceux du groupe DPd ou DVd ; les plus fréquents étaient la toxicité hématologique (comparable dans les 2 groupes), l’hypogammaglobulinémie (36% vs 1,4%), les infections (54.1% vs 43.4%). Des décès liés à des événements indésirables ont été observés chez 7,1 % et 5,9 % des patients, respectivement, principalement liés à des infections. A noter que ces décès sont survenusdans les 6 premiers mois du traitement, avant la mise en place de supplémentation systématique en immunoglobulines.
En conclusion, la combinaison teclistamab–daratumumab en rechute après une à trois lignes de traitement antérieures, est plus efficace que le traitement de rattrapage standard (DPd ou DVd), avec des réponses plus profondes, une survie sans progression et une survie globale significativement plus longues. La toxicité infectieuse est à surveiller, mais reste limitée avec des mesures de prévention rigoureuses. La combinaison teclistamab + daratumumab est plus efficace que le traitement de rattrapage standard pour les patients atteints de myélome multiple en rechute ou réfractaire.











