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Oncologie

Cancer de l'ovaire en récidive : faut-il réopérer les patientes ?

Pour les patientes en première rechute platine-sensible d'un cancer de l'ovaire, la réalisation d'une nouvelle chirurgie de cytoréduction associée à une chimiothérapie adjuvante montre un bénéfice en survie sans progression par rapport à la chimiothérapie seule.

  • Par le Dr Patrick Robelin
  • Haneefa Nizamudeen/istock
  • 27 Avr 2021
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    À ce jour, le bénéfice en termes de survie d'une 2ème chirurgie de cytoréduction chez les patientes en récidive sensible aux sels de platine est encore largement débattu. En effet, les études disponibles à ce jour montrent des résultats contradictoires concernant les résultats de survie.

    Dans cette étude de phase III publiée dans The Lancet Oncology, le Dr Shi et al ont montré une amélioration de la survie sans progression en associant chirurgie de cytoréduction et chimiothérapie adjuvante contre un traitement de chimiothérapie exclusif. Sur cette analyse, il n'existait pas de bénéfice en survie globale.

    Un bénéfice en survie sans progression et en réponse prolongée

    Dans cette étude, 357 femmes ont été randomisées, 182 dans le groupe chirurgie de cytoréduction suivie d'une chimiothérapie et 175 dans le groupe chimiothérapie seule. La chimiothérapie était une association de carboplatine AUC 5 et de paclitaxel 175 mg/m² ou de docétaxel 75 mg/m². Au total, 94% des patientes dans le groupe chirurgie et 90 % dans le groupe chimiothérapie ont reçu le traitement protocolaire. Dans le groupe chimiothérapie seule, 6% ont eu une chirurgie de cytoréduction pendant la seconde ligne de traitement et 37% ont eu une cytoréduction au cours d'une progression ultérieure.

    Avec un suivi médian de 36 mois au moment de l’analyse, la médiane de survie sans progression est de 17,4 mois avec 38% de survie sans progression à deux ans dans le groupe chirurgie et chimiothérapie contre 11,9 mois (HR = 0,58, IC 95% = 0,45–0,74, p < 0,0001) et 22% dans le groupe chimiothérapie seul. Parmi les patientes du groupe chirurgie ayant eu le geste, 77 % d'entre elles ont eu une résection complète.

    Données de survie globale non matures

    Sur cette analyse intermédiaire prévue dans le protocole, les données de survie globale n'étaient pas encore matures.

    Il existe toutefois une tendance non significative à une amélioration de la survie globale dans le groupe chirurgie et chimiothérapie avec 58,1 mois de médiane contre 53,9 mois (HR = 0,82, IC 95% = 0,57–1,19).

    Pas de signe péjoratif de tolérance

    Des effets secondaires de grade III en lien avec la chirurgie ont été retrouvés chez 5% des patientes à 30 jours dont 3 patientes avec un épanchement pleural. Il n'y a pas eu de surmortalité liée au traitement dans le groupe chirurgie et chimiothérapie.

    Il n'y a pas de différence significative d'effets secondaires de grade III ou IV pendant la chimiothérapie entre les deux groupes (25 % d'effets secondaires de grade III ou IV dans le groupe chirurgie et chimiothérapie contre 20 %).

    Attendons les résultats de survie globale

    Ces données sont plutôt en faveur d’une amélioration du pronostic de nos patientes avec cette seconde chirurgie de cytoréduction. Il convient toutefois d'attendre les données mises à jour de survie globale pour mieux statuer.

    De même, il faudra intégrer dans la prise en charge l'évolution des traitements de maintenance qui ont aujourd'hui une place majeure dans la prise en charge de ces patientes.

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    JDF