Onco-Thoracique
Cancer du poumon : un micro-environnement pro-inflammatoire semble favoriser le développement tumoral
Une approche moléculaire analysant les cellules épithéliales et immunitaires des lésions précancéreuses et des lésions tumorales du cancer du poumon permet de mettre en évidence l’importance d’un environnement pro-inflammatoire aux stades précancéreux, semblant favoriser le développement tumoral.
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Par des analyses de transcriptomique à cellule unique et de transcriptomique spatiale, Peng et al. montrent que les progéniteurs alvéolaires constituent les précurseurs les plus précoces de l’adénocarcinome pulmonaire (LUAD) et qu’ils résident dans des niches épithéliales pro-inflammatoires, enrichies en signalisation IL-1β–IL1R1 (cytokines et voies de signalisation pro-inflammatoires).
Les auteurs ont généré des cartes transcriptomique spatiale (séquençage ARN) à partir de 56 lésions précurseurs humaines et d’adénocarcinomes pulmonaires provenant de 25 patients, ainsi que d’une cohorte indépendante de 36 lésions issues de 19 patients, analysant au total 486 519 zones et 5,4 millions de cellules. Ces analyses ont permis d’identifier des programmes transcriptomiques spécifiques distinguant les lésions précurseurs des LUAD.
Sur le plan fonctionnel, le ciblage de l’IL-1β et de ces niches pro-inflammatoires chez la souris réduit la population de progéniteurs alvéolaires ainsi que le développement du LUAD. Ces résultats suggèrent que l’inflammation joue un rôle clé dans les premières étapes de la tumorigenèse pulmonaire et ouvrent des perspectives de recherche pour le développement de stratégies de prévention du cancer du poumon.
Un microenvironnement immunitaire pro-inflammatoire dans les lésions précancéreuses
Grâce à une analyse moléculaire des cellules épithéliales et immunitaires, les auteurs montrent, qu’il existe une hétérogénéité de l’infiltrat immunitaire entre les lésions précancéreuses et les lésions tumorales de l’adénocarcinome du poumon. Leurs résultats mettent en évidence qu’aux stades précancéreux, le microenvironnement est particulièrement pro-inflammatoire, notamment marqué par l’activité de l’IL-1β. Selon les auteurs, cet état inflammatoire pourrait favoriser la progression des lésions précancéreuses vers l’adénocarcinome pulmonaire (LUAD).
Effet renforcé du traitement combiné anti-IL-1β et anti-PD-1
Les auteurs ont ensuite évalué l’impact thérapeutique de l’inhibition de l’IL-1β. Leurs analyses comparatives montrent que le traitement anti-IL-1β est plus efficace que la monothérapie anti-PD-1 pour réduire le volume des adénomes et des adénocarcinomes pulmonaires, aussi bien à des stades précoces que tardifs. Ils observent également que la combinaison d’un blocage de l’IL-1β et de PD-1 entraîne une suppression tumorale significativement plus importante que les monothérapies.
Perspectives pour des stratégies de prévention au stade pré-cancéreux
Sur modèles murins, les auteurs rapportent que le ciblage de l’IL-1β pourrait être particulièrement pertinent aux phases précoces du développement tumoral, aux stades pré-cancéreux. Les auteurs soulignent ainsi l’intérêt potentiel de cette stratégie dans des approches de prévention.
Les lésions précurseurs du poumon, telles que l’hyperplasie adénomateuse atypique (AAH) et l’adénocarcinome in situ (AIS), constituent ainsi une fenêtre d’opportunité pour des stratégies de prévention.








