Diabétologie
DT2 & agoniste du GLP-1 : une reprise pondérale rapide après l'arrêt
L’arrêt des agonistes du GLP-1 entraîne une reprise pondérale importante et une perte des bénéfices cardiométaboliques, confirmant le caractère chronique de l’obésité, mais avec peu de recul pour le sémaglutide et tirzépatide.
- Eduardo Monroy Husillos/iStock
Les agonistes du récepteur du GLP-1 se sont imposés comme des traitements majeurs de l’obésité et du diabète de type 2, permettant des pertes pondérales moyennes de 10 à 20 % selon les molécules et les populations. Toutefois, leur utilisation soulève des questions pratiques : durée optimale du traitement, tolérance à long terme, coûts et adhésion des patients. Jusqu’à récemment, peu de données permettaient d’évaluer précisément les conséquences cliniques de l’arrêt de ces traitements, alors même que celui-ci est fréquent en pratique.
Régression des bénéfices liés au traitement lorsqu’il est arrêté
Cette analyse montre qu’après l’arrêt des agonistes du GLP-1, les patients reprennent en moyenne 60 à 70 % du poids initialement perdu en l’espace de 52 semaines. La prise de poids moyenne est estimée à 6 à 8 kg, avec une augmentation concomitante de l’indice de masse corporelle de 3,5 à 4,5 kg/m² et du tour de taille de 5 à 7 cm. Sur le plan métabolique, l’HbA1c augmente en moyenne de 0,5 à 0,7 %, la pression artérielle systolique de 4 à 6 mmHg, et le profil lipidique se dégrade, avec une hausse du LDL-cholestérol et des triglycérides. Ces évolutions sont observées de façon cohérente, indépendamment de la molécule utilisée ou de la durée préalable de traitement.
Méta-analyse d’études post-intervention
Les auteurs ont réalisé une méta-analyse à partir des données post-intervention de plusieurs essais contrôlés randomisés évaluant des agonistes du GLP-1 chez des adultes en situation d’obésité ou de diabète de type 2. Les données ont été collectées à la fin de la phase de traitement actif, puis lors d’un suivi prolongé après l’arrêt du médicament. Les variations de poids et des principaux paramètres cardiométaboliques ont été analysées selon une méthodologie homogène, permettant de comparer de manière fiable l’évolution clinique après l’arrêt du traitement. Une réserve majeure converne les études après sémaglutide et tirzepatide, qui ont très peu de recul après l'arrêt, avec extrapolation linéaire.
Quelles implications pour la pratique clinique ?
Ces résultats confirment que l’obésité doit être considérée comme une maladie chronique nécessitant une prise en charge au long cours. L’arrêt des agonistes du GLP-1 expose à une reprise pondérale rapide et à la perte des bénéfices métaboliques acquis. Cet effet reste associé Les perspectives incluent l’évaluation de stratégies de maintien, telles que des doses d’entretien, des schémas intermittents ou des associations renforcées avec des interventions nutritionnelles et comportementales. Ces données doivent également nourrir la réflexion sur l’accès durable à ces traitements.








