Pneumologie
Cancer du poumon : quels outils pour expliquer le dépistage ?
Expliquer le dépistage du cancer du poumon par des vidéos, des livrets ou des brochures aide les sujets concernés à se décider à participer, quel que soit l’outil utilisé par les praticiens pour transmettre l’information. D’après un entretien avec Olivier LELEU.
Une étude, dont les résultats sont parus en février 2026 dans Lung Cancer, a cherché à comparer l’efficacité de trois outils d’information donnée aux patients sur le dépistage du cancer du poumon. Il s’agit d’un essai australien, contrôlé, randomisé qui a évalué la capacité de différents outils à favoriser un choix éclairé, ainsi que les attitudes et intentions vis-à-vis du dépistage du cancer du poumon. Il a également examiné leur acceptabilité, leur compréhension, leur clarté et l’équilibre des informations présentées. Une enquête en ligne a été menée auprès de personnes éligibles. Les participants ont été répartis de manière aléatoire afin de consulter l’un des outils, puis ont complété un questionnaire. Au total, 715 participants ont complété l’enquête : 221 ont consulté un livret, 252 une brochure et 242 une vidéo. Le critère principal était le choix éclairé, défini comme un niveau de connaissance suffisant associé à une cohérence entre attitudes et intentions de dépistage.
Peu importe le format, pourvu qu’on ait l’information
Le Docteur Olivier LELEU, chef du service de Pneumologie et Oncologie Thoracique du Centre Hospitalier d’Abbeville, rappelle qu’en Australie, il existe un système de dépistage organisé du cancer du poumon et que cet essai s’intéresse à la prise de décision informée des participants au dépistage par scanner lo-dose, après utilisation de l’un des trois outils suivants : un livret d’information de seize pages, une brochure de deux pages ou une vidéo explicative. Les résultats de ce travail ont montré qu’il n’y avait aucune différence en terme d’intention de dépistage entre les différents dispositifs. L’intention de dépistage était de 80% tous groupes confondus et l’acceptabilité du dépistage, qui était l’objectif secondaire, a été la même quel que soit le dispositif utilisé. Pour Olivier LELEU, la seule limite de ce travail était que les auteurs ont évalué l’intention de dépistage et non la participation mais les résultats ont montré, sans doute possible, que ces trois outils sont bénéfiques à la prise de décision, quel que soit le format, court ou long, dès lors que l’information est bien conçue.
Une optimisation en mixant les formats
Olivier LELEU précise qu’un programme nommé « IMPULSION » va être lancé en France et que les résultats de ce travail australien incitent à penser que plusieurs formats d’information pourraient co-exister, ce qui permettrait d’optimiser la participation. Il suggère un « mix » des formats, en utilisant les vidéos avec des supports comme les réseaux sociaux et les smartphones, en mettant à disposition les brochures courtes dans les salles d’attente et en utilisant le livret, plus long, par l’intermédiaire des professionnels de santé pour répondre aux questions des sujets éligibles. Olivier LELEU souligne que le partage d’informations est important dans la relation sujet /médecin et que toutes les clés doivent être données pour obtenir une prise de décision éclairée du sujet éligible.
En conclusion, cette étude montre qu’aucun dispositif d’information n’est supérieur aux autres et qu’ils sont tous efficaces en terme de de compréhension. Celle-ci pourrait être optimisée en mixant ces outils et certainement favoriser un meilleur taux de participation au dépistage du cancer du poumon par scanner low-dose…











