Pharmacovigilance
Un bénéfice/risque des aGLP-1 favorable selon l'ANSM
Les pathologies gastro-intestinales sont les effets secondaires les plus souvent rencontrés lors de l'administration des a-GLP-1. Quant aux cas de mésusage, ils sont en augmentation. Enfin, un signal déjà identifié, les cancers thyroïdiens, nécessite une surveillance spécifique.
- zimmytws/iStock
Alors que Novo Nordisk vient de mettre sur le marché américain la forme orale du Wegovy au prix de 5$ le comprimé, soit 4,28 euros par jour, un tarif plutôt « soldes d’hiver », l’ANSM vient de publier un rapport de pharmacovigilance sur les agonistes du récepteur du glucagon-like-peptide-1 (a-GLP-1). Il est plutôt rassurant.
Ont été mis en observation Trulicity (dulaglutide), Victoza, Saxenda (liraglutide), Xultophy (liraglutide + insuline degludec), Ozempic, Wegovy (sémaglutide) et Mounjaro (tirzépatide)
0,7 cas graves pour 1000 personnes-années
Du 01/08/2023 au 31/01/2025, l’exposition à un a-GLP-1 inclus dans cette enquête est estimée à 532 768 personnes-années. « Sur cette période, rapporte l’ANSM, l’incidence des notifications était de 0,7 cas graves pour 1000 personnes-années. Depuis le début de commercialisation des a-GLP-1 inclus dans cette enquête, 1 607 cas graves ont été notifiés en France dont 65 décès. Parmi l’ensemble des cas graves, 376 cas dont 19 décès ont été rapportés sur la dernière période de l’enquête. Sur la période cumulée, les patients présentant un cas grave avaient une moyenne d’âge de 59,3 ans (écart-type 14,1 ans) et le sexe ratio H/F était de 1,1. »
34,1% des cas graves ont été imputés à Trulicity suivi par Ozempic 28,6%, Victoza 25,2%, Wegowy 5,9%, Xultophy 3,6% et Saxenda2,6%. Dans 8,7% des cas (n=140), le médicament était prescrit dans le cadre d’un régime.
Sans surprise, les pathologies gastro-intestinales ont constitué les effets secondaires les plus souvent comptabilisés avec plus de 48% des cas.
Si l’on se rapporte aux cas graves, 15 cas (0,9%) sont en lien avec une administration au cours de la grossesse (n=14) ou de l’allaitement (n=1). 1 trouble de la fertilité (0,1%), 12 gastroparésies (0,7%), 4 pneumopathies d’inhalation (0,2%), 46 interactions médicamenteuses (0,2%), 4 cancers thyroïdiens (0,2%), 10 neuropathies optiques ischémiques antérieures non artéritiques (NOIAN) (0,6%).
Par ailleurs les cas de mésusage sont en augmentation. Utilisés d’emblée à des fortes doses, sans progression recommandée, ils sont à l’origine d’effets secondaires.
Un autre signal déjà identifié, les cancers thyroïdiens, nécessite une surveillance spécifique. Les résultats seront partagés au niveau européen.
Quant au risque lié aux interactions médicamenteuses, il n’avait pas été reconnu auparavant. Pour les contraceptifs oraux. l’ANSM suggère le recours à une contraception non orale. Une surveillance accrue est nécessaire pour les anticoagulants et les hormones thyroïdiennes.
Mise en évidence de carences alimentaires
Les carences alimentaires ont également été récemment mise en évidence. Des carences graves en fer et vitamines ont été diagnostiqués avec la nécessité d’une supplémentation. D’autres événements à surveiller qui apparaissent dans ce rapport sont les urolithiases, les atteintes hépatiques médicamenteuses dont notamment les cytolyses hépatiques (néphrolithiases avec dulaglutide et sémaglutide), les affections hépatiques, attendues pour liraglutide.
Un signal spécifique concerne la sémaglutide, à savoir la perte de cheveux.
D’autres risques en revanche, évoqués dans un précédent rapport comme les panniculites mésentériques ; les pemphigoïdes bulleuses ; les comportements suicidaires ; les syndromes dépressifs sont déclarés « clôturés », selon la terminologie de l’ANSM.
Enfin, concernant le risque de pneumopathies d’inhalation et de gastroparésies, des recommandations claires autour de la gestion péri-opératoire des patients sous a-GLP-1 doivent être rédigées en lien avec les sociétés savantes.











